Kalabancoro: Le bon samaritain se tire avec sa moto…

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    C’est officiel. Dans la ville des trois caïmans, il existe des personnes de tout acabit. Des gens, en apparence normaux, peuvent devenir de redoutables bourreaux et font de vous ‘’un gaou’’. C’est ce que le jeune Dembélé (nom d’emprunt) a appris à ses dépens. Après s’être fait subtiliser sa moto djakarta. Furieux, il porte plainte contre les témoins. Des complices, selon lui.

    «Méfiance est mère de sûreté », dit-on. De cet adage, le jeune Dembélé se souviendra jusqu’à la fin de sa vie. Lui qui a porté plainte, vendredi dernier, à la Gendarmerie de Kalabancoro contre deux présumés complices pour vol de sa moto. Les accusés, les frères Mariko, crient à l’injustice et affirment ne se retrouver ni d’Adam ni d’Eve avec le voleur. Assis, ce jour-là, à leur emplacement habituel de collage de pneus, les frères Mariko font leur travail continuel: coller les pneus de moto. Quand soudain, un infortuné, le pneu crevé, se présenta à eux. Il lui est montré un endroit pour patienter en attendant qu’il soit en état de reprendre la route. C’est en ce moment précis, poussant sa moto tant bien que mal, qu’un second infortuné, Dembélé s’immobilisa près des jeunes Mariko. Pas pour crevaison, mais des ennuis mécaniques, fera-t-il remarquer à ceux  qu’il avait pris pour des mécaniciens. « Le mécanicien est un peu devant », lui répond un des jeunes, indiquant du doigt l’emplacement du mécanicien.

    Avant que le jeune Dembélé ne s’exécute, le propriétaire de la moto à pneu crevé, le bon samaritain, lui demande s’il n’est pas victime d’une panne sèche. « Non! » répliqua Dembélé, il y a du carburant dans le réservoir. Joignant l’acte à la parole, notre secouriste demande à voir l’engin de près. A sa demande, Dembélé lui file la clé, il enfourche l’engin et demande à un des jeunes Mariko de pousser un peu la moto. Celui-ci s’exécute, serviable qu’il est. Contre toute attente la moto démarre. A l’horizon, le bonhomme disparait. Il ne reviendra jamais. Abandonnant derrière lui sa vieille moto.  S’apercevant, quelques instants, du tour qu’on venait de lui jouer, Dembélé, rentre dans une colère noire. Il accuse les jeunes Mariko d’avoir aidé leur complice à lui voler sa moto. «Nous ne le connaissons pas. C’est toi-même qui lui as remis la clé de ta moto, il m’a demandé de le pousser pour démarrer la moto. C’est tout ce que j’ai fait », dit l’accusé, pour sa défense.   Ne pouvant se résoudre à perdre sa moto ainsi, Dembélé convoque les deux jeunes Mariko pour complicité de vol de moto. Les jeunes Mariko sont-ils victimes d’un concours de mauvaises circonstances ou d’un coup savamment planifié et orchestré par des professionnels ? Nous n’en savons rien. En tout cas, au moment où nous prenions connaissance de l’affaire, soit dimanche dernier, les jeunes Mariko étaient détenus à la Gendarmerie de Kalabancoro, depuis 72 heures.

    Mamadou TOGOLA

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