Crise sécuritaire au Mali : Quel impact sur l’accès des populations aux services sociaux de base ?

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Le  rapport 2020 de l’Observatoire du développement humain durable et de la lutte contre la pauvreté (ODHD/LCP  sur : l’impact de la crise sécuritaire au Mali sur l’accès des populations aux services sociaux de base, vient de paraître, avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). L’étude avait pour objectif d’analyser l’impact de la crise sécuritaire sur l’accès des populations aux services sociaux de base, d’analyser l’évolution de l’accès aux principaux services sociaux de base sur la période 2011-2018, en faisant le lien entre la crise sécuritaire, le développement humain durable et la lutte contre la pauvreté ; décrire l’état de fonctionnalité des infrastructures sociales de base en rapport avec la présence/absence de l’administration dans les zones ; identifier les difficultés et les mesures prises et celles en cours, pour améliorer la situation de l’accessibilité des populations aux services sociaux de base et formuler des recommandations en vue de l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base. Au terme de l’étude qui a été axée sur neuf chapitres, il ressort du résumé que la crise sécuritaire du Mali a révélé les limites de l’Etat dans sa capacité de protection des personnes et de leurs biens. Pour mieux gérer cette situation, indique le rapport, l’Etat a adopté des dispositions législatives et règlementaires, lesquelles ne parviennent pas à assurer une accalmie acceptable, malgré l’assistance massive de nombreux partenaires. Parmi ces dispositions, l’on note : la loi n°08-025  du 23 juillet 2008 portant répression du terrorisme au Mali ; la loi n°008 du 17 mars 2016 portant loi uniforme relative à la lutte contre le blanchissement des capitaux et le financement du terrorisme ; la création, le 19 janvier 2017 d’un pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée ; l’élaboration au Mali, dans une perspective endogène, en juillet 2018, du document de « politique nationale de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme ». Le rapport étale aussi que l’Etat ne se limite pas essentiellement aux chefs lieux de cercle qui sont relativement sécurisés. Dans ce contexte, souligne le rapport, toute offre relative aux services sociaux de base que sont l’éducation, la santé, l’eau potable, l’hygiène, l’assainissement, l’électrification et la sécurité alimentaire, est perturbée, voire fortement réduite. Bref, indique l’étude, l’impact de la crise sur les services sociaux de base est très variable selon le domaine considéré. Et comme conséquence directe  de cette situation d’insécurité ou  de conflits, poursuit le rapport, il faut noter la dimension « violences basées sur le genre (VBG) ». Pour sortir de cette situation, le rapport a formulé plusieurs recommandations. D’abord il faudra accélérer la modernisation et le renforcement des capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité avec l’appui ciblé des Partenaires techniques et financiers (PTF) ; créer les conditions d’un retour rapide de l’administration (sous préfets) et des services techniques dans les zones pour réinstaurer la confiance avec la population ; renforcer les capacités de la justice pour une lutte efficace contre l’impunité ambiante. Ensuite, comme recommandations, il faut créer les conditions d’un meilleur déploiement sur le terrain des partenaires humanitaires et de développement ; amener le système statistique national à approfondir l’analyse de la problématique sécuritaire dans la production statistique ; accélérer la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger et procéder à son appropriation par l’ensemble des acteurs nationaux. Le rapport demande enfin d’assurer une mobilisation accrue du financement pour une mise en œuvre adéquate des politiques et stratégies disponibles dans les domaines sociaux, de la gouvernance et du développement ; poursuivre et renforcer le dialogue et le vivre ensemble ; procéder à une sécurisation communautaire des infrastructures scolaires, sanitaires et hydrauliques et mettre en place des stratégies adaptées pour un meilleur accès des populations aux services sociaux de base ; poursuivre les appuis humanitaires en cours et procéder à des actions de reconstitution des moyens d’existence à l’endroit des populations déplacées et des réfugiés de retour.

Hadama B. Fofana

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