Blocage dans la mise en œuvre de l’accord de paix : Les protagonistes de retour à Alger

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Une photo à titre illustratif

La capitale algérienne est le théâtre, depuis le week-end, de tout un ballet d’acteurs et de protagonistes de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali. Un double événement, selon des sources concordantes, est à l’origine de cette affluence massive d’officiels maliens à Alger. Il s’agit d’abord d’une rencontre bilatérale Mali-Alger dans le cadre de laquelle ont effectué le déplacement plusieurs ministres maliens dont Mohamed Ould Zahabi de la Réconciliation nationale, puis Mohamed ag Erlaf de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat, entre autres.

Alger accueillerait en même temps la réunion du Comité de Suivi de l’Accord qui siège normalement à Bamako où se tiennent également ses rencontres depuis son avènement. Il serait question, selon d’autres sources, d’une rencontre bilatérale élargie aux représentants de la communauté internationale et aux mouvements signataires de l’Accord aux fins d’une évaluation d’étape de sa mise en œuvre.

Quoiqu’il en soit, ce retour spectaculaire aux origines traduit une reconnaissance unanime des difficultés que rencontre l’application de son contenu ainsi que la nécessité de recourir à l’arbitrage des garants internationaux du processus d’Alger  pour la levée de certaines équivoques. Au nombre desquelles figurent, selon tout évidence, des questions problématiques comme le cantonnement des groupes armés et l’installation des administrations provisoires.

Les observateurs s’accordent à reconnaître, pour chacun de ces domaines,  un retard attribuable aux calculs d’intérêt dans la hiérarchisation des priorités. Pendant que l’intérêt des autorités porte sur le désarmement des combattants et le redéploiement de l’armée et de l’administration, les groupes armés de la CMA – et probablement ceux dits loyalistes aussi – posent comme préalable l’avènement des administrations provisoires qui se heurtent encore à une divergence d’approches en dépit des concessions faites par la partie étatiques.

Par exemple, ce qui est explicitement défini dans l’Accord comme administration des collectivités territoriales du Nord est pris par les représentants de la CMA pour l’administration dans sa conception la plus large possible. Ces équivoques, apparemment entretenues au gré de visées inavouables, traduisent en réalité  l’ampleur de la méfiance entre protagonistes qui consacrent plus de temps à éviter des pièges qu’à l’application de l’Accord.

Il revient dès lors au garant d’éclairer les zones d’ombre, même s’il faudra revenir à la case de départ car il est manifestement préférable de disposer d’un Accord respecté par ses signataires que de baigner dans le fantasme d’une paix virtuelle.

La Rédaction

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