Représentativité des Maliens de l’Extérieur à l’A.N : Combat de mort entre HCME et CSDM

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Quand Habib Sylla et Mohamed Chérif Haidara monnayent les Maliens de la diaspora !

Le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieurs, présidé par Habib Sylla, et le Conseil Supérieur de la Diaspora Malienne (CSDM), présidé par Mohamed Chérif Haïdara, se livrent depuis un certain temps à une guerre qui se fait à coup sûr sur la tête des Maliens de l’extérieur ! Autrement, il doit y avoir certainement à boire et à manger à gogo dans cette histoire de défense de nos compatriotes basés à l’Extérieur, surtout quand ceux qui sont censés les représenter se livrent à une guerre de clocher !

En effet, pour l’élaboration de son rapport d’avis sur le vote du budget, la Commission des Affaires Etrangères, des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine a estimé utile de requérir l’avis du HCME et du CSDM sur les préoccupations de la diaspora malienne. Il n’en fallait pas plus pour que les responsables du HCME tombent en conjectures. Ainsi, sous la plume de son secrétaire permanent, le HCME a adressé une lettre au secrétaire général de l’Assemblée Nationale du Mali, avec ampliations aux Ministères des Affaires Etrangères et des Maliens de l’Extérieur, pour dénoncer l’invitation faite au CSDM. « Le HCME est la faîtière et l’interlocuteur officiel des pouvoirs publics pour toutes les questions relevant de la gestion des Maliens établis à l’extérieur. Cela découle d’une recommandation de la Conférence Nationale de 1991 qui entendait assurer l’unité de la diaspora par ce moyen, afin de promouvoir son implication dans le développement du pays. Le HCME compte en son sein des milliers d’associations déclarées à travers le monde et il est reconnu d’utilité publique par le Décret N°594/PRM du 3 Novembre 2009, ce qui juridiquement lui confère un statut particulier et un «label » de qualité et de confiance de l’Etat.

Le CSDM a été créé, il y a seulement trois ans, et il n’est pas concerné par le budget de l’Etat (1ère et 5eme questions). En outre, ses activités sont loin de couvrir l’ensemble des zones d’implantation des Maliens établis à l’extérieur. Comment peut-il alors répondre aux autres questions, sauf à verser dans la surenchère ? On ne lui connaît aucune action d’envergure au profit de la diaspora ni à l’extérieur, ni au Mali, contrairement au HCME qui a organisé pendant la Transition de 2012-2013 une quête qui a rapporté plus d’un milliard de F CFA pour aider les forces de défense ainsi que les populations du nord frappées par la crise. Plus près de nous, qui, en dehors du HCME, a géré la crise en Angola et celle des Maliens évacués du Foyer Bara à Montreuil ? Le Ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine pourrait vous édifier sur la question », peut-on lire dans cette lettre. Le CSDM dérangerait-il à ce point le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur pour que Habib Sylla et ses hommes ressentent une telle allergie à son encontre ? Et qui peut bien expliquer une telle animosité entre deux associations qui prétendent pourtant défendre les maliens de la diaspora ?

Si certains observateurs trouvent que le CSDM est devenu aujourd’hui un caillou dans les chaussures du président du HCME et de son second couteau, rien ne justifie le fait que cette association ne fait rien non plus pour apaiser la situation. Il est vrai que depuis sa création, le CSDM séduit nos compatriotes établis à l’extérieur à cause de sa proximité et son soutien constant à leur endroit. Il est aussi vrai que l’organisation de Mohamed Chérif Haïdara est en train de gagner du terrain sur le HCME, comme en témoignent les nombreuses adhésions des Maliens de l’extérieur en son sein. Il est clair aussi que le CSDM est devenu un interlocuteur crédible aujourd’hui aux yeux des autorités du Mali qui l’associent et qui le consultent sur les questions en rapport avec les maliens de la diaspora et les grands sujets de la vie de la nation. Ce qui est juste et normal puisque le CSDM est une faitière des maliens de la diaspora. Et nous l’avons souvent souligné, le HCME est certes l’émanation de la conférence nationale, il siège au niveau du Conseil Economique, Social et Culturel et au niveau du Haut Conseil des Collectivités, mais pourquoi a-t-il eu des difficultés à faire siéger les maliens de la diaspora à l’Assemblée Nationale, et cela depuis 27 ans ? On a aussi souvent entendu le président du HCME dire que même une loi organique pouvait permettre de trouver une solution à la représentation des maliens de la diaspora à l’Hémicycle. Si cela est vrai, autant en déduire que la question n’a jamais été au cœur des préoccupations du Haut conseil, surtout que les responsables de cette structure l’ont érigée en officine de campagne au profit des princes du jour…

En réalité, la vérité dans cette histoire se trouve ailleurs : le Président du HCME, Habib Sylla, qui a toujours fait croire aux gens que sa structure est une institution émanant de la constitution, n’a apparemment jamais eu à cœur la représentativité des maliens de l’extérieur à l’Assemblée Nationale, sa conviction ayant toujours été que cela aurait un impact sur sa propre visibilité et sur son influence auprès des acteurs politiques et au sein de la diaspora malienne.

En conclusion, si le CSDM, a gagné un combat, ce n’est pas seulement celui du report des élections pour la prise en compte de la représentation de nos compatriotes basés à l’extérieur à l’Assemblée Nationale, mais aussi celui d’avoir réussi à montrer à l’opinion nationale et internationale que le HCME n’est ni institutionnel, ni constitutionnel, mais une simple association dédiée à la défense des maliens de l’extérieur ! En effet, organisme consultatif à caractère associatif, apolitique (même si cela reste aujourd’hui sujet à caution), laïc, non discriminatoire et à but non lucratif, créé à la suite de la Conférence nationale de 1991, le HCME a été reconnu d’utilité publique par un décret adopté en Conseil des ministres le 14 octobre 2009. Mais rien de tout cela ne fait de lui une institution. Mais puisque les deux faitières revendiquent la défense de nos compatriotes de l’extérieur, pourquoi ne joignent-elles pas leurs forces pour ce faire, au lieu de se livrer en spectacle ?

Salif Diallo

 

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