Musique/Rap : Entre morale et contre-valeurs

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Originellement, le rap vient des USA. C’est une forme d’expression des afro américains pour manifester leur ras-le-bol contre leur traitement dans la société américaine. De nos jours, la jeunesse malienne est submergée de Rap qui se joue sous toutes les formes musicales. Excitants, injures et comportements malsains sont aussi de la partie.

Plus en valeur dans les dix dernières années, le Rap malien est aujourd’hui devenu source de pratique ignoble. Incitant la jeunesse à des irresponsabilités. Parlant seulement de drogue, d’alcool et surtout de la perversion. Inspiré des gens courageux, le Rap était un moyen et une opportunité pour les peaux noires d’enseigner le bon comportement dans la société. Grâce à lui, les autorités avaient peur de poser des mauvais actes sans en subir la conséquence. Les rappeurs étaient considérés comme la bouche des  plus démunies ou une sorte de conscience populaire. Ils revendiquent leurs droits et obligent les autorités à leur devoir. Mais, de nos jours, la troisième génération a tendance à perdre cette valeur qu’avait le Rap.

Moussa Kéita, jeune de 32 ans : « le Rap d’aujourd’hui et d’hier sont diamétralement opposés. Avant c’était pour les conseils, le courage d’être des hommes meilleurs, de ne plus être enchaîné comme nos grands-parents. Nous avons vu le groupe Tata Pound, Djatacia, Mylmo, Master Soumis, Van Baxy et consorts. Eux ? Ce sont des rappeurs qui luttent jusqu’à présent pour le comportement et l’honneur dans la société malienne. Mais on remarque que la jeunesse même est attirée par ce qu’ils disent et ce qu’ils font ».

Pour une autre catégorie de rappeurs, pour être écouté et avoir beaucoup de fans, il faut être impoli en quelque sorte. Affirme Barou Ouane, un jeune rappeur de Bamako. « Il faut parler des drogues, des grandes bouteilles et des armes, dire un peu ce qui se passe entre une fille et un garçon dans la chambre ». A ses dires, « la jeunesse de nos jours est plus éveillée que celle d’avant. De nos jours, il faut toucher à tout. C’est pourquoi à chaque concert nos salles sont pleines à craquer».

Alassane Diawara,  étudiant de 24 ans, a quant à lui sa propre idée qui s’apparente à celle de la troisième génération de rappeurs. « La troisième génération est venue avec de la bonne musique. Très douce à écouter. Celui qui l’écoute se voit dedans. Très diffèrent de celle des années passées. Quand le monde évolue, il faut évoluer avec. Grâce à la troisième génération, le Rap malien est écouté partout dans le monde maintenant surtout sur Trace TV et beaucoup d’autres chaînes internationales. Avant, ce n’était pas le cas », conclut-il

Le Rap malien a connu son apogée dans les dix dernières années. Mais hélas, il n’est pas resté sans séquelle. La jeunesse malienne succombe chaque jour aux mauvais actes et propos posés par des rappeurs. Car leur Rap n’est pas instructif.

Cette génération ternit l’image et le but du Rap. Comment serait la quatrième génération ?

Nos frères et sœurs ayant l’esprit très fragiles sont tentés par des propos tenus par ces rappeurs. C’est pourquoi le taux du flux de la toxicomanie au Mali ne fait qu’augmenter. Le procureur de la République près la Commune IV, Idrissa Hamidou Touré a interpellé quelques rappeurs face à des propos et comportements déplacés. Pourvu que cette lutte continue pour le bien-être de nos sociétés.

 

Aboubacar Sidiki Diarra

(stagiaire)

 

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