Vente de l’INA : Un crime contre le patrimoine culturel du Mali

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Faisant partie du patrimoine architectural classé du Mali, l’Institut National des Arts (INA) est l’un des plus précieux témoignages de l’architecture coloniale soudanaise (le style néo soudanais).

Créé en 1933 sous le nom de l’École des artisans soudanais, l’INA assurait à l’origine la formation des artisans soudanais aux métiers manuels. En 1948, l’École des artisans soudanais prend le nom de la Maison des artisans du Soudan.

Après l’indépendance, en 1963 sous la Première République, l’établissement prend son nom actuel avec La loi n° 63-98/ANRM du 30 décembre 1963 portant création de l’Institut national des Arts, INA. Un décret a été promulgué sous le n°04 PG-RM le 15 janvier 1964.

A travers une spéculation foncière outrancière, l’Institut National des Arts a été exposé à de nombreuses tentatives de délocalisation afin de vendre l’établissement aux commerçants ou aux hommes d’affaires. L’édifice architectural que constitue l’INA est dans une zone commerciale et, vu son emplacement attractif, des hommes d’affaires en complicité avec des agents de l’Etat ont finalement reçu à mettre la main sur ce joyau architectural qui aurait dû être classé comme patrimoine inaliénable, cf révélation récente de la ministre de la Culture.

En 2016, devant la crainte de voir un jour brader ce patrimoine emblématique, j’ai orienté un de mes étudiants en Master II d’architecture à choisir cet établissement comme sujet de mémoire de fin d’études avec le thème suivant : ‘’Projet de réhabilitation de l’Institut National des Arts, INA, à Bamako.’’

L’étudiant du nom de Moussa I. Traoré a soutenu son mémoire avec mention très bien pour obtenir le diplôme d’Architecte en 2017.

En mars 2018, nous avons adressé une notice d’avant-projet sommaire au ministère de la Culture pour la réhabilitation de l’INA à la demande des usagers de l’établissement.

*Le projet consiste en une réhabilitation de l’édifice maintenu sur place* en respectant les conditions requises pour l’amélioration de l’enseignement des arts et des animations événementielles.

L’INA est structuré en cinq (5) sections : Arts dramatique, art plastique, musique, métier d’art (bijouterie, sculpture, forge, menuiserie, maroquinerie) et une section socioculturelle.

L’Institut National des arts (INA) se situe dans le quartier de Bozola en face de la Maison des Artisans de Bamako. Faisant partie de la commune II du district de Bamako, Bozola se situe en plein cœur de la capitale. De ce fait, l’INA est inséré dans un tissu urbain dont la mobilité et la densité commerciale sont élevées.

*Notre avis sur la vente de l’INA* 

Cette vente nous parait illégale et entachée d’irrégularités manifestes.

– L’État doit annuler toutes les ventes  de bradage du bien patrimonial national y comprise celle de l’INA et procéder au classement comme patrimoine culturel inaliénable tous les bâtiments du même style architectural ou historique au Mali.

– Faire un inventaire et récupérer tous les bâtiments vendus de l’état présentant un caractère de patrimoine culturel ou historique.

– Faire un audit sur tous les bâtiments de l’État vendu de 1960 à nos jours.

– Faire la réhabilitation des bâtiments du patrimoine culturel et historique de l’État.

Oumar MC Koné

Architecte DPLG, Professeur principal à ESIAU

Ingénieur, Professeur et MDC  à l’ENI.

NB : les documents de la réhabilitation de l’INA sont disponibles pour toute investigation par les pouvoirs publics.

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1 commentaire

  1. Ceux qui sont impliqués dans ce bradage sont autant coupables que les jihadistes qui ont détruit en 2012 les mausolees de Tombouctou Ils doivent répondre devant la CPI et être condamnés comme Al Faqi en 2016.
    Cette cécité culturelle est inadmissible. Malheureusement les juges maliens sont aveuglés par l’argent et toujours prêts à monnayer leur serment. Quelle honte

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