La grève des pompistes ou la crise dans la crise d’hydrocarbures

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La crise d’hydrocarbures continue de battre son plein et pourrait, selon toute vraisemblance, s’étendre de la pénurie de gasoil à celle de l’essence jusqu’ici épargnée. Il s’agit certes d’un phénomène à l’échelle mondiale, mais qui revêt également une dimension et la particularité malienne suivantes : au Mali, en effet, la pénurie se situe également au niveau de la difficulté d’arrimer les prix à la pompe avec le cours mondial des hydrocarbures. Longtemps résiliants, les importateurs interrogés disent ne plus supporter les sacrifices que leur imposent les autorités pour ne pas avoir à affronter la grogne que préfigure une éventuelle nouvelle hausse des prix avec son corollaire de répercussions sur les transports urbains et interurbains, les coûts de production, la desserte d’eau et d’électricité, etc. De cette hausse des prix pourrait pourtant dépendre une problématique ayant amplifié la crise par-delà les complications induites à l’embargo. Il s’agit notamment de la grève des pompistes. Sans être à l’origine de l’approvisionnement dès stocks nationaux d’hydrocarbures, la cessation de travail par ses acteurs essentiels de la chaîne aura pesé de tout son poids dans les désagréments récemment causés aux consommateurs ordinaires d’hydrocarbures. Les grévistes ont finalement repris du service après près d’une semaine d’absence dans les stations-services, mais un dénouement durable de leurs revendications passe inéluctablement par une reconsidération des prix à la pompe. Toutes choses que les autorités actuelles semblent avoir du mal à entendre.

Et si la levée de l’embargo dérange plus qu’elle n’arrange

Les pourparlers entre le Mali et la CEDEAO sont entrés dans une phase d’intrigant immobilisme. En dépit de la mobilisation de ressources extérieures de plus haut niveau comme la diplomatie togolaise, les lignes ne semblent guère bouger. En cause, une intransigeance de part et d’autre qui ne semble déranger outre mesure la partie demanderesse de la médiation de Faure Gnassimbé. Et pour cause, une levée de l’embargo est peut-être moins bienvenue que du temps où les Maliens n’avaient pas encore développé  une capacité de résilience et une habileté  de contournement des obstacles inhérents aux sanctions sous-régionales. Ça n’est pas tout. Il n’est pas exclu que l’embargo soit considéré aujourd’hui comme le paravent le plus efficace contre le front social dont la plupart des composantes s’étaient engagées pour un moratoire revendicatif, en guise de solidarité à la Transition dans le bras-de-fer que lui opposent les communautés internationale et sous-régionale. Il va sans dire qu’une levée des restrictions pourrait sonner une subite réouverture de la boîte de Pandore syndicaliste annoncée du reste par une récente sortie de l’UNTM aussi vicieuse que révélatrice d’un bellicisme syndical en gestation. Et dire que le ton a été déjà donné par les syndicats signataires du 16 octobre avec une cessation de travail motivée par des primes d’avancement en souffrance estimées à plusieurs milliards, alors que les acquis de l’article 36 n’attendent que la levée de l’embargo pour être réclamés.

Rassemblées par la Rédaction

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