Jeunesse et politique au Mali : Mamadou Sagou Ziguimé, un jeune ambitieux

Mécontente d’être si longtemps manipulée et oubliée par les ainés, la jeunesse malienne aspire à un changement  sans précédent et entend désormais prendre activement part à la vie politique du pays. C’est pourquoi depuis quelques années, nous assistons à l’émergence de nombreuses figures politiques, notamment des jeunes, sur la scène politique malienne aussi bien au niveau local que national.

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A cet effet, notre équipe de reportage a rencontré un jeune politique, M. Mamadou Sagou Ziguimé qui entend se présenter aux prochaines élections communales dans la commune rurale de Baye, cercle de Bankass dans la cinquième région.

Agé de 26 ans, marié et père de trois enfants, Mamadou Sagou Ziguimé est titulaire d’une maitrise en Anglais et en Informatique respectivement décrochées à la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines de Bamako FLASH et à l’Institut Supérieur de Technologie Appliquée Technolab-ISTA. Ces maitrises lui ont valut d’être enquêteur  à World Vision dans «Area Development Program» (ADP) de Koulessou (Koulogo, Lessagou et Soubala) puis professeur d’enseignement secondaire dans certains lycées privés de Bamako. Ce qu’il abandonna quelques années plus tard au profit du commerce.

En 2012, après le coup d’état perpétré contre le Président Amadou Toumani Touré, M. Ziguimé ressentit un sérieux besoin de s’engager dans la vie politique afin de participer pleinement au développement de son pays de façon générale et de sa localité, la Commune rurale de Baye de façon particulière. Car, selon Mamadou Ziguimé le développement d’un pays passe par le développement de ses localités.

Et, chacun doit comprendre qu’il est acteur du développement de sa localité : «Chacun de nous doit se mettre en tête que le développement de sa localité dépend de lui. Si nous tous, nous mettons cela en tête, nous allons atteindre les objectifs visés. C’est partant de là que je me suis lancé dans la politique d’abord à travers des campagnes de sensibilisation et ensuite des formations d’association dans le but de montrer et d’expliquer clairement aux populations rurales que pour développer notre communauté, nous ne devons pas toujours se lier au gouvernement qu’il faut s’y à donner personnellement. Et si ca marche le gouvernement viendra en appui». Aussi, pour M. Ziguimé, le rôle de la jeunesse dans le cadre de l’atteinte de cet objectif est essentiel.

A cet effet : «la jeunesse doit s’instruire et être présente sur tous les chantiers de développement de sa commune, être en contact permanant avec les populations, dégager avec elles les questions bruyantes de la communauté afin d’en trouver des réponses», a-t-il précisé.

Cependant, Mamadou Sagou regrette l’absence des jeunes dans les localités rurales du pays en général  et de sa commune en particulier : «au Mali, nous constatons toujours que les jeunes désertent les campagnes au profit des grandes villes. Dans certains villages, point de bras valides, on n’y voit que les vieilles personnes, les femmes et leurs enfants. Bien que ma Commune, par exemple, soit traversée par un fleuve, ses jeunes l’abandonnent pour aller travailler, voire s’installer à Mopti ou dans d’autres grandes villes. Pourquoi ? Pour la simple raison que le fleuve n’est pas mis en valeur et qu’ils ne savent pas comment le valoriser. Et les autorités locales ne font absolument rien pour retenir ces jeunes», a-t-il fait savoir.

De même, il déplore l’absence de la jeunesse sur la scène politique nationale et locale. Ce qui s’explique d’une part selon les dires du jeune politique, par l’achat des consciences des plus jeunes par les ainés et d’autre part, la peur de ceux-ci qui leurs menacent surtout de les tuer ou de les ensorceler. Mais M. Ziguimé invite ses camarades jeunes à surmonter ces obstacles et surtout de vaincre la peur afin de s’engager activement pour le développement de leurs localités et du Mali. Raison pour lesquelles, il sollicite le soutien de tout un chacun pour briguer le prochain mandat dans sa commune lors des prochaines échéances électorales.

Réalisé par Amadou KONATE

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