Journée africaine de lutte contre la corruption : Focus sur les manquements dans la gestion des fonds covid-19

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«Stratégies et mécanismes pour la gestion transparente des fonds de lutte contre la Covid-19 » était le thème d’une conférence organisée hier, dans un hôtel de la place par l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei).

Présidée par le président de la structure, Dr Moumouni Guindo, en présence de plusieurs invités, cette rencontre fait partie d’une série d’activités initiées dans le cadre de la Journée africaine de lutte contre la corruption, célébrée le 11 juillet de chaque année. Le thème retenu par les chefs d’état de l’Union africaine pour cette 6ème édition est : « Mécanismes et stratégies de gestion des fonds Covid-19».

La Journée africaine de lutte contre la corruption a été instituée par l’Union africaine en janvier 2017 pour célébrer la signature de la Convention africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, intervenue le 11 juillet 2003 à Maputo au Mozambique.

Selon le président de l’Oclei, cette journée offre aux Africains l’occasion de poser un regard rétrospectif et prospectif sur la lutte contre la corruption dans leurs pays ou dans leurs communautés afin d’analyser les réussites et de scruter le chemin à parcourir vers plus de succès dans cette mission de sauvegarde de l’intérêt général.

Dr Moumouni Guindo a rappelé que la maladie à Covid-19 est un mal planétaire et qu’à la date du 19 juillet dernier, plus de 500 millions de personnes avaient été déclarées affectées par ce virus à travers le monde, plus de 6 millions de personnes en sont décédées. Le Mali est classé 153ème des pays touchés par la pandémie, avec 31.203 cas confirmés, dont 13.962 guéris et 737 décès.

Selon lui, les conséquences de cette pandémie sur nos économies sont catastrophiques. « En 2020 au Mali, la Banque mondiale concluait que les effets combinés de la pandémie de la Covid-19 et de la crise sociopolitique ont entraîné une récession de l’économie nationale et une augmentation de la dette publique », a-t-il souligné.

Selon la Banque mondiale, a-t-il argumenté, ce ralentissement économique a engendré une hausse de la population pauvre de près de 900.000 personnes, portant un coup d’arrêt aux progrès réalisés pendant la dernière décennie en matière de réduction de la pauvreté au Mali. De même, poursuivra-t-il, le financement du plan d’urgence de riposte contre la Covid-19 (2,3 % du PIB) a creusé le déficit budgétaire qui s’est établi à 5,5 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2020 au moment où la dette publique atteignait 44,1 % du PIB.

« Pour faire face à la pandémie, l’état du Mali a créé le Comité de gestion du fonds de concours pour la lutte contre la Covid-19 en mai 2020. Sur la gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie, le Bureau du Vérificateur général a décelé de nombreuses irrégularités administratives mais surtout des irrégularités estimées à 50,73 milliards de Fcfa», a révélé le président de l’Oclei. En outre, Moumouni Guindo a indiqué que les politiques traditionnelles de lutte contre la corruption sont insuffisantes dans le cadre des réponses apportées aux urgences et crises sanitaires de grande ampleur, comme l’a démontré la présente pandémie.

Il est donc indispensable d’adopter des approches anti-corruption spécifiques et innovantes, mieux adaptées aux périodes d’urgence sanitaire et humanitaire, a-t-il préconisé, avant d’ajouter que le thème de cette année a tout son sens, car dira-t-il, plusieurs pays ont été concernés par des manquements à l’éthique dans le cadre de la gestion des fonds destinés à la riposte contre la pandémie.

Dans la mise en œuvre de sa mission, soulignera-t-il, l’Oclei accorde une grande place à la prévention, à travers les échanges, la sensibilisation et le partage d’initiatives. La présente activité participe à cette approche.

Amadou GUÉGUÉRÉ

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