Lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance : Le RPL muscle les organisations de la société civile

En initiant des échanges autour du rôle du Vérificateur général dans la lutte contre la corruption et la mal-gouvernance, le Réseau plaidoyer et lobbying (RPL) entend ainsi renforcer les capacités de ses membres afin qu’ils jouent pleinement leur rôle de veille et de dénonciation.

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Ce samedi 21 novembre 2015, le RPL, en partenariat avec l’ONG Diakonia, a organisé, au Centre Aoua Keïta, une journée d’échanges sur le rapport 2014 du Bureau du vérificateur général. Cette rencontre, à laquelle ont pris part plusieurs ONG partenaires de Diakonia et organisations membres du Réseau, visait à mieux outiller celles-ci, afin de les amener à jouer efficacement leur rôle dans la lutte contre la corruption. Laquelle a atteint un niveau presque intenable dans notre pays, si l’on en croit le Coordinateur du RPL, Hamidou Traoré.  «Près de 45% des Maliens pensent que la plupart ou l’ensemble des institutions  sont impliquées dans des affaires de corruption. Ces constats peuvent être justifiés ou non, mais ils montrent avant tout d’un côté le malaise profond entre la société, les citoyens et citoyennes et de l’autre côté les démembrements de l’Etat», déplore-t-il, se référant aux résultats des enquêtes de l’Afro-baromètre au titre de 2013. S’il était cité comme un exemple démocratique, le Mali est décrit depuis 2012, rappelle le Coordinateur, comme une démocratie de façade, où «l’impunité règne et où la corruption de la classe politique, le népotisme, la collusion avec les trafiquants de drogue ont entrainé la déliquescence des institutions».

L’orateur a par ailleurs estimé qu’avec le Vérificateur général, il y a eu un essor considérable dans la gestion publique qui cachait, dit-il, des formes nouvelles de fraudes, notamment la mauvaise gestion des dépenses effectuées au niveau des régies, la multiplication injustifiée des constats simplifiés. Tout en rappelant que la lutte contre la corruption est à la fois individuelle et collective, M. Traoré s’est dit convaincu que les organisations de la société civile sauront relever le défi.

Pour sa part, la représentante de Diakonia, Cissé Safiatou Diarra, a estimé que le travail avec les OSC est fondamental afin que celles-ci deviennent de véritables partenaires dans la lutte contre la pauvreté. Après avoir rappelé que la corruption est en constante progression au Mali, elle a appelé les OSC œuvrant dans cette thématique à jouer sur le levier de la concertation et de la coordination pour l’atteinte des objectifs. Aussi, a-t-elle souligné la confiance entre l’ONG Diakonia et le RPL à travers la mise en œuvre du projet «d’appui à l’amélioration de la gouvernance et la lutte contre la corruption au Mali».

Bakary SOGODOGO

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