Transition et lutte contre la corruption : Encore de fausses promesses pour divertir ?

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Au jour d’aujourd’hui, quels signaux peut-on doigter comme simple volonté actée de lutter efficacement contre la corruption, de nettoyer les écuries d’Augias de la gouvernance antérieure ? Absolument rien, après 5 mois de gestion de la Transition.

maliweb.net Les autorités de la Transition ont-elles la volonté politique clairement affichée de poser les bases d’une gouvernance vertueuse ? Peut-être. Sauf qu’aucun signe palpable ne permet de le démontrer. Sinon, pourquoi le président Bah N’Daw n’a-t-il pas, par exemple, ordonné un audit de l’Etat dès sa prise de fonction? Que vaut sa réputation d’homme intègre s’il ne prend pas une telle mesure de salubrité publique ? Ou tout au moins, pourquoi pas un audit de certains départements stratégiques ? Pourquoi le président de la Transition, l’ancien officier supérieur de l’Armée à la retraite n’a pas ordonné un audit, ne serait-ce que, du département de la Défense, où plusieurs dossiers présumés de corruption ou d’enrichissement illicites de fonctionnaires foisonnent ? Pourquoi le Premier ministre n’a jamais cru devoir ordonner des enquêtes sur de sulfureux dossiers éventrés par le Bureau du Vérificateur général dans ses rapports ou par la Direction du Contrôle général d’Etat ? Nul n’arrive à apporter des réponses satisfaisantes à ses questions. Ce qui met en doute l’engagement sincère à poser les bases d’une nouvelle gouvernance plus respectueuse du bien public.

Or, l’arbre qui portera de bons fruits se reconnaît à travers l’éclat et l’exubérance de ses fleurs. Appliquée à la Transition malienne, cette sagesse populaire conduit à une déception. L’on ne voit aucune fleur sur… l’arbuste de la Transition, surtout par rapport au chantier de la lutte contre la corruption. « Rien n’a changé », fulminent les uns et les autres.

En effet, après cinq mois de gestion de l’Etat, nos autorités de la Transition n’ont rien prouvé comme « effort » pour traquer l’hydre de la corruption ou des surfacturations. Même s’il n’y a aucune preuve établie que les nouveaux ministres et dirigeants du pays sont « dans les affaires », l’on note qu’ils sont « aux affaires », mais ont beaucoup  à faire, surtout au point de vue de la lutte contre la corruption. Ont-elles la vision claire des attentes du peuple dans ce domaine ? Rien n’est moins sûr. Pourquoi les Maliens ont-ils même l’impression que la Transition a fait freiner les ardeurs de lutte contre l’enrichissement illicite ? Plomber le zèle et le rythme de travail de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite ? Le Premier ministre n’a-t-il pas dû hausser le ton avant que certains ministres ne fassent leurs déclarations de biens ? Quid des chefs de plusieurs institutions ?

Pourtant, le président Bah N’Daw, dans son discours d’investiture, annonçait sa détermination à assurer la tolérance zéro contre la mauvaise gestion des deniers publics. N’a-t-il pas insisté sur le respect vis-à-vis du bien public, de l’orthodoxie dans la gestion des finances publiques ? Bah N’Daw ne s’était pas présenté comme le champion de la lutte contre l’impunité à l’égard des cadres et agents publics souvent soupçonnés d’indélicatesses multiples ? Bah N’Dawa-t-il oublié toutes ses belles promesses ?

En tout cas, rien ne permet aujourd’hui de dire que les autorités de la Transition sont animées d’une volonté de combattre la corruption et la mauvaise gouvernance. L’on est tenté même de les soupçonner de s’en accommoder, dans la mesure où il se murmure des cas de marchés similaires à ceux de l’avion présidentiel, des équipements militaires, etc.

Il est temps que le président Bah N’Daw, le Vice-président, Colonel Assimi Goïta et le Premier ministre Moctar Ouane travaillent à donner des signaux forts pour inverser la tendance. Une Transition est courte. Ils doivent agir et le plus vite possible ! Cela donnera de l’espoir au peuple malien, qui est persuadé que son pays est loin d’être pauvre, mais simplement mal géré. Ce qui permettra aussi et surtout de se dire que les promesses de Bah N’Daw ne sont pas de vaines paroles pour divertir, mais pour agir.

Boubou SIDIBE/maliweb.net

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2 COMMENTAIRES

  1. If what was written in article is in proper context it easily leader a reader to consider if citizens would be better off led by terrorists? That is scary.
    Henry Author Price Jr aka Kankan

  2. Je me pose aussi le même question. On tourne en rond et le peuple continue de souffrir. Les biens mal acquis sont de plus en plus brandis par des corrompus. On paie pour se faire recruter dans plusieurs corps. La corruption prend de l’ampleur, au su et au vu des plus hautes autorités. A quand la fin de cette spirale d’injustice d’Etat?

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