Dans la perspective du prochain remaniement ministériel : Les partis politiques en quête de ministres qui ne les lâcheront pas pour le PDES

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Les rumeurs d’un éventuel remaniement ministériel se font de plus en plus persistantes. Beaucoup d’observateurs croient même savoir qu’il interviendra avant la fin du mois de décembre 2010 ou en janvier 2011, tout juste après les festivités marquant les 50 ans de notre Armée nationale. Pour cette fois-ci, la plupart des chefs de partis de la majorité présidentielle espèrent proposer pour le nouvel attelage gouvernemental des ministres qui ne les trahiront pas au profit du président de la République ou du Chef du gouvernement.

Avec la présidentielle de 2012, c’est l’heure des suspicions qui s’annonce. En effet, comme on le voit, la plupart des chefs de partis seront partants dans la course pour la conquête de Koulouba. Déjà, c’est une lapalissade de dire que Soumaïla Cissé de l’URD et Dioncounda Traoré de l’Adema sont presque déjà dans le starting-block. Mais la course à la présidentielle étant une course de fond et d’obstacles plutôt que de vitesse, les potentiels candidats savent mieux que quiconque que l’accompagnement des ministres du parti, dans cette âpre compétition est plus que nécessaire.

Aujourd’hui, avec ce gouvernement en place depuis octobre 2009, rares sont les partis politiques qui se reconnaissent en leurs ministres tant la plupart roulerait plutôt pour le président de la République, au cas où ce dernier serait dans la logique d’un troisième mandat, ou du Premier ministre, avec l’espoir que ce dernier sera candidat à la présidentielle de 2012. Que ce soit dans les rangs de   l’Adema ou de l’URD, beaucoup de choses se disent sur les membres de ses partis " envoyés au gouvernement au nom de leur parti respectif. " Ne parlons pas du CNID de Maître Mountaga Tall, représenté à l’Exécutif par les ministres Ndiaye Ba, de l’Artisanat et du Tourisme, et Maïga Sina Damba, de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.

Le premier est parti sans permission, au PDES laissant le parti du Soleil levant éploré et incapable de le faire sortir du gouvernement. Dans des exemples de ce genre, le parti qui en envoyé le ministre en mission n’a aucune emprise sur lui. Et pire, dans la plupart des cas, c’est " l’envoyé en mission du parti " qui en dic»te aux responsables de sa formation politique. Cela est une tradition dans notre landerneau politique : le ministre est plus prêt à trahir son parti, si ce dernier ne parle pas le même langage que le chef de l’Etat ou le chef du gouvernement, qu’à se sacrifier pour son parti qui l’a envoyé en mission au sein du gouvernement.

Maintenant, à la veille des échéances électorales de 2012, il s’agit pour les grands partis de la majorité présidentielle, tels l’Adema et l’URD, de savoir si ATT tiendra compte des choix de ministrables qui lui seront proposés pour figurer dans la future équipe gouvernementale ? Ou bien si le président va choisir seulement des cadres qui sont plutôt proches de lui que leur propre parti ? C’est devant cette problématique que les grandes formations politiques sont sceptiques quant à la prise en compte de leur souhait dans la composition du futur gouvernement. Sinon pour nombre de partis, dont des ministres sont présents au gouvernement de Modibo Sidibé, le changement ne vaudra que s’il va dans ce sens. A défaut, selon eux, le nouveau gouvernement sera la seule affaire du président de la République dont personne ne connaît qui sera son dauphin ni quel parti il soutiendra plus ou moins.  

                          Mamadou FOFANA       

 

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