Mali / Gouvernance IBK : Faut-il désespérer ?

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Rien ne semble réussir au pouvoir IBK, comme si par un curieux concours de circonstances, le locataire du palais de Koulouba a mécontenté les dieux de la gouvernance. Faut-il alors désespérer ?

 

maliweb.net – Ces dernières semaines ont encore exacerbé ce sentiment d’échecs récurrents qui colle à la gouvernance du pays. Aux 700 milliards F CFA de manque à gagner lié à la corruption, s’est ajoutée l’affaire des hélicoptères-épaves achetées à des milliards en passant par une sortie médiatique peu amène de l’ambassadeur d’Allemagne qui tacle notre pays de corrompu avec un système des plus corrompu devant dissuader tout investisseur… Comme si cela ne suffisait pas, on parle de soupçon de détournements pesant sur un des plus gros soutien du régime, le président de l’APCAM, Bakary Togola, écroué ou menacé de l’être.

Et tout cela se passe dans un contexte de crise sécuritaire aggravée avec des attaques et des morts dans le centre, au nord et ailleurs dans le pays, chaque semaine avec son bilan macabre, sans oublier de gros nuages planant sur le chantier des réformes politiques (révision de la Constitution), processus DDR, menaces de grèves de magistrats et d’autres horizons événementiels des plus sombres pour le pays. C’est au point que l’on se demande qu’a fait le Mali pour mériter un tel sort aussi décourageant. Et face à un tableau aussi  inquiétant de mal-vivre fait de crise alimentaire, de vie chère, de rareté de l’argent même s’il poursuit tranquillement ses voyages (CEDEAO, UEMOA, UA et à d’autres conférences internationales sans aucune retombées concrètes pour son peuple). C’est au point que certains leaders politiques, des plus courageux sortent la tête pour dire que le mal malien n’a qu’un seul nom : IBK. C’est ce que déclarait cette semaine à la une d’un journal de la place, le président de la Ligue démocratique pour le changement, le Général Moussa Sinko Coulibaly, qui préconise une mobilisation des Maliens en vue de parvenir à mettre fin au régime IBK. Comme peut-il y parvenir sans commettre un crime imprescriptible aux conséquences incalculables pour le peuple malien déjà meurtri par la crise qu’il traverse depuis 2012 ?

Dans une réflexion publiée cette semaine et intitulée « Quelques suggestions à mon cadet, mon ami, mon camarade » adressée par Pr Ali Nouhoum Diallo au président IBK, l’ancien président de l’Assemblée Nationale estime, d’entrée, qu’il est dommage que le locataire du palais de Koulouba oblige ses proches, petits-frères, grands-frères ensuite à lui parler aussi par voie de presse ! … « Ecoute tes amis, tes camarades, tes frères. Ecoute ton peuple, et, encore une fois, aie plus peur de lui que de tes partenaires étrangers, lesquels représentent des Etats, qui comme l’ont affirmé plusieurs hommes politiques, n’ont pas d’amis et n’ont que des intérêts. Historien de formation, tu le sais mieux que beaucoup d’entre ceux qui se soucient de la fin heureuse de ton deuxième et dernier mandat au déroulement si sinueux et si cahoteux ! … »,écrit Pr Ali Nouhoum Diallo. Avant d’exhorter le chef de l’Etat à aider ses amis, les vrais afin que ceux-ci l’aident à« sortir par la grande porte de la scène où tu ne te trouves que pour un moment ! Ne l’oublie pas … »

Et l’ancien président du parlement de la CEDEAO d’appeler IBK à payer ses ennemis au besoin pour qu’ils lui disent la vérité, si ses amis ne la lui disent pas. Cela conformément à la vieille sagesse africaine. « Ainsi, tu éviteras de procéder à des raisonnements et/ou jugements trop courts et plutôt réducteurs du genre : Le Mali est en guerre, nul doute, c’est la bouderie d’un homme qui a déclenché cette guerre ! »

A en croire Pr Ali Nouhoum Diallo, les députés élus dans l’Adrar des Iforas perçoivent leurs indemnités parlementaires et certains d’entre eux une fois dans la huitième région administrative du Mali, arborent comme écusson le drapeau de « l’Azawad » ! « A juste titre, tu te révoltes contre cette attitude des représentants de la Nation malienne. C’est sûrement l’inconsolable Soumi, ton brillant ancien ministre des Finances, qui refuse aujourd’hui de t’obéir et continue à payer aux députés leurs indemnités parlementaires indues », relève-t-il.

« Azawad » comme caillou dans nos chaussures

Et de rappeler que chaque 06 Avril, le patron de la CMA, Bilal Ag Chérif commémore avec faste par un défilé militaire grandiose, toutes proportions gardées, … au nez et à la barbe de la MINUSMA et de l’opération Barkhane qui ont pour mission de restaurer l’intégrité du Territoire du Mali. Et  d’ironiser ; « Ne vous posez pas de question, voyons ! C’est l’éternel «boudeur » qui, en connivence avec Bilal Ag Chérif et ses alliés extérieurs, encourage ces commémorations. Le « boudeur » qui pourtant, préconise un réexamen de l’Accord de Bamako, issu du processus de Ouagadougou et concocté à Alger »Pr Ali Nouhoum Diallo enfonce le clou sur la situation sécuritaire.

« Dites-moi pourquoi Bamanans, Bozos, Dogons, Peulhs, oubliant les pactes séculaires qui les lient, s’entretuent au su et au vu de toutes les forces nationales et internationales chargées de sécuriser les populations maliennes et leurs biens ? Osera-t-on nous dire, c’est encore Soumaïla Cissé qui incite, à se massacrer, ces citoyens maliens du delta intérieur et des zones exondées des 4è et 5è régions administratives du Mali ?! … »

Crise électorale

A propos de la crise post-électorale, Ali Nouhoum Diallo analyse qu’il y en a eu incontestablement comme le redoutait l’association, dont IBK est membre, l’Alliance pour la Démocratie au Mali (ADEMA), une des composantes du Mouvement Démocratique malien; celui-là qui, avec l’aide de l’aile républicaine et démocratique des forces armées et de sécurité, a mis hors d’état de nuire, la dictature du CMLN-UDPM. « Et tu en es fier, j’en suis sûr ! De la crise post-électorale il y en a eu incontestablement ! Tout le monde s’y est mis pour l’endiguer. Surtout ceux qui ne veulent plus jamais que survienne un coup d’Etat au Mali. Les efforts de toutes et de tous y compris de nos partenaires extérieurs, ont abouti à la signature de l’accord politique de gouvernance, cause de la baisse temporaire de la tension, sans résolution définitive de la crise. Il faut en être conscient et s’attacher ardemment à l’organisation du Dialogue politique inclusif sans sujet tabou »….

« Soumaïla Cissé s’est défoncé » pour le pays

Pour l’ancien président de l’Assemblée Nationale, Soumaïla Cissé s’est défoncé, au vu et au su de tout le monde, dans l’incompréhension de beaucoup. « Tu l’as probablement aidé à surmonter ses préventions contre celui que tu as décrété républicain, et à rencontrer ce dernier. En homme d’Etat résolu, il a voulu ainsi contribuer à sauver le Mali. Cher ami, retenons-le : Soumaïla Boubacar Cissé est un Homme d’Etat ! ».

Tous ces conseils et analyses pourraient-ils réveiller IBK de son sommeil ? Peut-être ! Il est vivement souhaitable que par un sursaut national patriotique, les plus hautes autorités du pays entendent les cris de détresse des populations et agissent pour les soulager. Le plus tôt sera le mieux !

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

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4 COMMENTAIRES

  1. Il fallait sûrement un IBK dans le processus de démocratisation de notre pays entamé à partir de MARS 1991 pour que la démocratie malienne se renforce en s’inspirant de l’erreur sur le choix de cet HOMME qui a pu manipuler une grande majorité, pas seulement de la majorité écrasante d’ analphabètes, mais des intellectuels, des hommes très influents de ce pays qui ont affronté celui qui l’a révélé aux maliens.
    L’histoire de l’ère démocratique retiendra qu’il faut plus faire très attentions aux comportements des hommes politiques dans les différentes structures occupées que de s’en tenir aux voeux pieux d’un homme politique ou de sa capacité à salir ses adversaires.
    PERSONNE N’A EXIGÉ À IBK UN BILAN DE SON PASSAGE AU SOMMET DU PARTI AU POUVOIR,NI SON PASSAGE À LA PRIMATURE.
    Il a pu manipuler pour éviter qu’on mette le nez dans sa gestion en accusant permanemment son bienfaiteur ALPHA OUMAR KONARE.
    Se faire victime pour attirer la sympathie des maliens.
    Il a dupliqué la même méthode contre ATT alors qu’il fait partie de ceux qui ont accompagné le soldat de la démocratie, a pu faire même oublier que c’est lui qui l’a fait élire au deuxième tour en 2002 contre SOUMAILA CISSE.
    Il faut espérer que le passage d’IBK à la tête de la république du Mali permettra aux maliens d’être moins naifs dans le choix des dirigeants.
    Il reste maintenant à sauver ce pays.
    IL FAUT POUSSER IBK À ORGANISER UN DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF,NON UN DIALOGUE POLITIQUE.
    Nous avons besoin de donner à notre pays une gouvernance plus vertueuse s’approchant de celle des pays scandinaves
    La guérison au passage d’IBK au sommet de l’État doit passer par un toilettage de notre constitution prenant, cette fois ci,en compte l’exigence de ceux qui se sont mobilisés contre la dictature c’est à dire le KOKADJE.
    Le MIMÉTISME de la constitution française est le malheur du début de cette ère démocratique.
    Cette constitution a favorisé l’amplification de la corruption,du népotisme, du clientélisme…hérités de l’ère de la dictature faisant dire AUX AIGRIS MOUSSAISTES que l’ère de la dictature est mieux que celle de l’ère démocratique comme si cette dernière a une fin.
    Cette constitution n’a pas permis à notre jeune démocratie de partir sur de bons pieds.
    CE N’EST PAS LE SYSTÈME DÉMOCRATIQUE QUI EST EN CAUSE, COMME LE DIT FREQUEMMENT CERTAINS HOMMES POLITIQUES, MAIS LA GOUVERNANCE CHOISIE PAR DEGAUL EN 1958 DIFFERENTE DE CELLE DE TOUTES LES GRANDES DÉMOCRATIES.
    En France une bataille est menée constamment pour mettre en cause la gouvernance CHOISIE par DEGAUL.
    On constate, depuis le départ de DEGAUL, une multiplication des affaires louches des hommes politiques sans que la justice puisse enquêter librement.
    Tout le monde est conscient que la justice n’est pas indépendante en France, mais la population ayant une conscience élevée de la protection de l’intérêt général oblige les hommes politiques à faire attention car la maturité démocratique de ce pays fait que la presse est difficilement contrôlable.
    Cette constitution de 1958 est le malheur de tous les pays francophones rendant les hommes politiques intouchables.
    La bataille doit se centrer au niveau de la révision constitutionnelle.
    Qu’elle soit adaptée aux souhaits des révolutionnaires de MARS 1991 qui ont exigé le KOKADJE sans qu’il soit reflété dans la constitution car les trois pouvoirs ne sont pas réellement indépendants.
    Il doit y être introduit aussi l’instauration du mouvement des pionniers dans les écoles maliennes pour CORRIGER rapidement l’esprit hérité de la dictature :CELUI QUI NE PROFITE PAS DES DENIERS PUBLICS PENDANT QU’IL EN A L’OCCASION EST UN MAUDIT.
    Il faut une conscience citoyenne depuis le premier cycle pour aider la démocratie à s’incruster.
    OSER LUTTER, C’EST OSER VAINCRE !
    La lutte continue

  2. Mes chers amis, IBK est le mal principal du Mali. Je trouve que les conseils ne serviront rien dans le comportement de cet homme qui rêvait avant d’etre au pouvoir à un paradis terrestre . De 2013 à nos jours les bonnes volontés n’ont pas manqué , mais IBK reste tout de même inflexible . Sa gestion familiale du pouvoir fait que notre pays est aujourd’hui à terre . Tous les patriotes volontaires qui sont venus au secours du Mali ont quitté sur la pointe des pieds . Si en 2013, IBK a été élu par les maliens , il en est été autrement en 2018, où il a eu tout sauf une élection présidentielle au Mali. Pourtant nous étions tous là où nous avons suivi les magouilles de toutes sortes entre IBK et ses alliés du moment : la France , la CMA , la MINUSMA etc…. IBK dit qu’il n’y a pas eu crise post électorale au Mali en 2018, ce qui est ridicule de sa part. Laissons tout ça , mais il est aux affaires , il ne parvient pas à diriger le pays qui de jour en jour sombre dans la misère . Il n’a aucune solution, le peuple le constate , ses alliés aussi et notre pays se dirige allègrement vers son effondrement . Ceux qui doivent être les acteurs : le peuple, les partenaires du Mali et la fameuse communauté internationale , sont devenus des simples spectateurs . Dans cette confusion généralisée , les Nations Unies pressent IBK, affaibli sans autorité ni soutien à l’interieur comme à l’exterieur , l’obligeant à opérer des réformes institutionnelles , tout en sachant qu’il ne peut le faire au motif que l’homme est un Président de la République sans peuple , ni territoire . L’election de JBK à tête du Mali a été une sanction divine . Cet homme n’a ni la vision , encore moins la compétence pour diriger un pays de surcroît en crise . Qu’Allah protège le Mali.

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