Modibo Kéïta III : «Qui veut aller loin ménage sa monture»

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Autant tout départ suscite des interrogations, autant il est indispensable de l’analyser objectivement. Cet exercice n’est pas forcément aisé en raison des passions qu’il est susceptible de déchaîner. Mais il y a bien au moins une raison à tout départ : partir. Donc, aller de l’avant !

Depuis plusieurs mois, le déclin du gouvernement Modibo Kéïta II était annoncé. En ces circonstances, l’imaginaire populaire s’irriguait de réflexions et commentaires tous azimuts. La peur avait gagné certains quand d’autres étaient étreints par l’incertitude. Normal : un changement n’apporte pas toujours de bonnes fortunes pour chacun.

Chez les premiers concernés, notamment les ministres et les membres de leur cabinet, un climat de panique s’instaure, annonçant la fin d’un prestige. Peu nombreux sont ceux qui se résignent au sort. Alors commencent toutes sortes de manœuvres et d’intrigues dans le but exclusif de conserver son poste et le prestige y afférent.

En politique, ou dans la sphère du pouvoir, ces temps-là sont propices aux coups bas, aux dénonciations et autres délations. Qu’est-ce qui n’a pas été dit sur les uns comme sur les autres ? À l’analyse, tout cela est plausible, mais dénote d’un défaut, d’une défaillance, pour faire court, d’un dysfonctionnement de l’attelage : l’assemblage n’est pas harmonieux. Pour aller loin, que faut-il alors faire ? Ménager la monture.

Comme le dit le proverbe, «Qui veut aller (voyager) loin ménage sa monture». C’est ce que nous inspire la lecture du gouvernement actuel. Le changement peut paraître superficiel mais significatif, surtout quand il s’agit d’amener l’harmonie et la cohésion dans l’équipe gouvernementale. En d’autres termes, lorsque l’on veut atteindre ses objectifs, voire exceller dans ce que l’on fait, il est nécessaire de s’en donner les moyens en ménageant ses forces. C’est tout le sens de ce proverbe, et donc de notre propos.

Cette façon d’appréhender le nouveau gouvernement est d’autant pertinente que ces derniers jours, le président de la République s’était plaint du comportement de certains ministres, lesquels s’opposaient ostensiblement à l’autorité du Premier ministre. Alors que celui-ci jouissait encore de la confiance du chef de l’Etat.

Désormais, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, voudrait que cela appartienne au passé. Seul devra être maître à bord, le Premier ministre Modibo Kéïta, celui qu’il qualifie «d’aîné estimé».

Dioncounda Samaké

 

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