Plateforme pour le changement face à la presse : « Des opposants, Journalistes et manifestants, molestés et frappés à coup de matraques et de gourdins »dixit, l’opposition

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C’était du jamais vu à la Maison de la Presse de Bamako. Une Maison de la Presse débordée par du monde, de l’intérieur comme de l’extérieur. La plateforme pour le changement  composée de plusieurs partis politiques de l’opposition et des mouvements et organisations de la société civile  a encore appelé les journalistes et hommes de média en Conférence de Presse ce 03 juin 2018 pour informer l’opinion nationale et internationale des dérives et abus du pouvoir en place, face à la marche du 02 juin 2018 réprimée à sang.

La Conférence de Presse a mobilisé presque toutes les grandes figures de l’opposition et candidats aux élections présidentielles du 29 juillet 2018, entre autres  Mamadou Igor DIARRA, Soumaïla CISSE, Mohamed Ali BATHILY, Aliou DIALLO, Harouna SANGARE, Tièblé DRAME, Ras-Bath. Les militants et sympathisants des partis politiques de la plateforme ainsi que les adhérents aux mouvements et organisations de la société civile étaient venus en nombre.

 L’occasion était propice pour qualifier les comportements des forces de l’ordre de « réaction disproportionnée du pouvoir en place contre les organisateurs et les manifestants du 02 juin 2018 a surpris plus d’un.

Non seulement la marche a été empêchée, mais elle a été aussi réprimée à sang par les forces de l’ordre et de sécurité déployées pour le maintien d’ordre, ont rappelé les animateurs de la conférence de presse.

D’après Ras-Bath : « Des consignes fermes ont été données aux forces de l’ordre depuis le haut sommet de l’Etat pour que la violence extrême soit utilisée comme mode opératoire contre les manifestants », a-t-il dit.

Selon eux, le siège du parti ADP-MALIBA a fait les frais de ce qu’ils qualifient de « barbarie à la Mussolini », puisque c’est ce lieu qui avait été choisi comme centre névralgique de la marche, où tous les organisateurs-cerveau de la manifestation ont été réunis.

Des gaz lacrymogène ont été lancés sur les manifestants ainsi que les journalistes regroupés au siège du parti ADP-MALIBA par les forces de l’ordre. Certains manifestants ont été frappés et molestés à coup de gourdin et de matraque.

On dénombre une trentaine de blessés dont Mamadou Igor DIARRA et Etienne Fakaba CISSOKO d’après les membres de la plateforme pour le changement.

Condamnation ferme

Du présidium composé de : Mohamed Ali BATHILY, Tièblé DRAME, Directeur de campagne de Soumaïla Cissé, Ras-Bath, Honorable THIAM et le représentant du guide spirituel Mohamed Chérif Haïdara qui est lui-même, Président de Badenya Ton, et des opposants présents dans la salle à savoir : Mamadou Igor DIARRA, Harouna SANGARE, Soumaïla CISSE, Aliou DIALLO, tous ont condamné avec rigueur, fermeté et la dernière énergie, l’acte des forces de l’ordre, dicté selon eux, par le Président IBK, le Premier Ministre Soumeylou  Boubèye MAIGA et le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, le Général Salif.

Cette « barbarie à la Mussolini » a été comparée à celle de l’ère précambrienne.

Ras-bath

« La stratégie du pouvoir en place était de faire de nombreux blessés dans les rangs de l’opposition ainsi que les leaders candidats aux élections afin de les empêcher de  battre campagne.

J’invite le gouvernement à permettre les manifestations même en état d’urgence.

L’article 16 de la constitution dit clairement que les partis politiques organisent librement leur activité. A charge tout simplement de faire une déclaration préalable aux autorités.

L’article 17 vient tout clarifier. Toutes les manifestations ou meeting, de partis politiques ne sont pas soumis à une autorisation préalable. Cependant, les partis ont obligation d’informer les autorités 48 heures avant.

L’article 19 dit : Les responsables des partis politiques ne peuvent être poursuivis pour les actes et faits tenus pendant leur manifestation.

IBK a bien joui de cette loi étant député et Président du parti RPM. Mais maintenant qu’il se retrouve de l’autre côté, c’est lui-même qui enfreins ces lois.

J’invite le Général Salif et les jeunes policiers qui ont tiré sur les manifestants d’aller s’informer sur les charges qui pèsent sur Blé Goudé et Laurent Gbagbo à la CPI. Ils verront que les gaz tiré à moins de 2 m lors des manifestations est condamnable par la loi.

Tôt ou tard un démocrate peut accéder au pouvoir et peut vouloir reconstituer les faits afin de déposer plainte à la CPI »

Aliou DIALLO

« J’ai été désagréablement surpris par ce qui s’est passé au siège d’ADP-MALIBA. Les forces de l’ordre ont jeté  des gaz lacrymogènes dans la cour et les bureaux. Ces gaz ont atteint certains  manifestants à la poitrine. Le Secrétaire Général du parti ADP-MALIBA  a été molesté. Moi-même, j’ai eu des blessures pas trop graves. C’est très grave ce qu’elles ont fait. Mais c’est vous et moi qui allons mettre de l’ordre ; nous battrons IBK au premier tour. ORTM est pris en otage par le pouvoir en place. Nous demandons la pluralité »

Mohamed Ali BATHIL

« Je dis que la majorité présidentielle est devenue les croque-morts de la démocratie. Car ils sont entrain de vouloir enterrer la démocratie. Le 02 juin 2018, ils ont commencé à vouloir enterrer les démocrates en leur tirant dessus.  La manifestation du 02 juin 2018 avait deux objectifs : l’accès aux médias d’Etat et la transparence des élections.  ORTM qui se dit service public, a été toujours au service privé des hommes au pouvoir. Il faut que cette presse soit digne. Le journaliste est indépendant. Même s’il est au service de l’Etat, l’Etat doit respecter son indépendance. Les Journalistes de l’ORTM perçoivent leur salaire au trésor public et non dans la poche de ceux qui sont au pouvoir.

Sur la transparence des élections. La nouvelle loi électorale, dit tout simplement que le Ministre de l’Administration Territoriale peut, pour une raison de force majeure, déclaré qu’il n’y a pas d’élection dans certains bureaux de vote.

Donc, Il suffit que le Ministre, en regardant la carte électorale et voit là où IBK peut perdre pour déclarer ces bureaux inéligibles.

Les députés ont laissé passer une telle loi, c’est une honte pour la démocratie malienne. M. IBK écoutez ceci : la fraude ne passera pas. En 2007, face à ATTA, tu n’as recueilli que 20%. Ton parti n’a jamais dépassé 15%. Tout le monde le sait »

Soumaïla Cissé

« Nous les plus anciens, nous avons connu mars 91. Cela a commencé comme cela. Et on sait comment cela a fini. Et s’ils continuent, cela va finir comme cela. Il faut les mettre en garde parce que certains ont été des acteurs. Donc ils savent quel est le chemin de l’histoire. Il faut faire très attention. Depuis mars 91, on n’a pas connu une répression comme ceci. C’est inadmissible. En fait le Candidat Président est tout simplement paniqué. Depuis novembre 2015, il y a l’état d’urgence. On été à Ségou, à Sikasso, et dernièrement à Kangaba, il n’y avait toujours pas d’état d’urgence. Anté a bana était là, il n’y avait toujours pas d’état d’urgence. Brusquement, il y a état d’urgence. Il ne faut pas prendre les Maliens pour des canards sauvages ».

 

Honorable THIAM 

« Je n’ai jamais vu cette salle de la Maison de la Presse aussi comblée. Cela prouve à suffisance la gravité du coup que, IBK a porté à la démocratie malienne le 02 juin 2018. Il est important de prendre date avec l’histoire. Ce qui s’est passé le 02 juin 2018 est inacceptable. Notre démocratie a pris un coup fatal ».

Igor Mamadou DIARRA

« C’est la jeunesse qui est concernée par cette affaire. Le procès de crime de sang a déjà eu lieu dans ce pays. Il ne faut pas que les gens oublient ça. Le 02 juin 2018 qui a donné l’ordre de tirer ? La foule a répondu : « Boua ».

Les victimes ont été recensées. Nous allons créer une association pour porter plainte contre ceux qui nous ont fait du mal. Même-ci, c’est une simple égratignure, on ne va pas laisser.  Je voudrais dire pour l’avenir, restons debout. Le débat doit avoir lieu dans ce pays.

Je salue le courage des dirigeants politiques. Le Président Aliou Diallo et moi étions côte-à-côte à l’hôpital Gabriel Touré parmi les victimes ».

Pépin Narcisse Loti, stagiaire

 

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