Éveil de la jeunesse malienne : Les leaders d’YFCM sur tous les fronts de la citoyenneté

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Sur ce plan, une association commence à s’illustrer par son dynamisme. Il s’agit de Youth for Change Mali (YFCM) ou «Jeunesse pour le changement au Mali» fondée par des jeunes étudiants Maliens de la diaspora américaine. «La vraie valeur de l’Afrique, les Africains ne l’apprennent que quand ils sortent de l’Afrique… L’impossible n’est que ce qui n’a pas encore été fait. Inventons donc le futur» ! Telle est l’ambition de Cheick Oumar Doumbia. Une conviction concrétisée par la création de l’association «Youth For Change Mali» (YFCM) ou «Jeunesse Pour le Changement au Mali» par ce jeune étudiant en sciences politiques et en relations internationales de l’Université Metropolitan de Denver, aux Etats-Unis.

«C’est la volonté d’offrir à la patrie un avenir radieux qui est la motivation première de Youth For Change-Mali», précise le jeune intellectuel actuellement au Mali pour le lancement de certains projets de l’association. Il ajoute que «notre objectif premier est de faciliter la formation socio-intellectuelle, politico-administrative et idéologique de la jeunesse malienne afin de faire de chaque jeune Malien, de l’intérieur et de l’extérieur, un acteur majeur de son propre épanouissement et du développement du pays». Ce jeune leader est convaincu que, «en combinant nos talents, nos efforts et nos capacités, nous pouvons espérer produire un avenir meilleur pour notre pays. Unissons donc nos forces».

À travers cette initiative dotée d’une stratégie de «changement organisationnel» axé sur «la diversité et l’inclusion», Cheick et son équipe comptent «impacter tous les secteurs nécessaires au développement de la patrie». Un engagement qui se traduit déjà par des actes concrets comme cette volonté de mobiliser la jeunesse malienne contre le cancer du sein. Son pari ? Apporter une contribution efficace et fiable des jeunes du pays à la lutte contre ce fléau qui ne cesse de gagner du temps et de faire des victimes à cause surtout du diagnostic tardif ! «Nous sommes désormais engagés auprès des populations et des autorités pour mener une lutte sans relâche pour l’éradication du cancer du sein», souligne la basketteuse internationale évoluant dans le championnat universitaire américain de basket, Aïssata Boubacar Maïga. Elle assume les fonctions de Coordinatrice générale d’YFCM. La jeune association a déjà mis en place un Département de la Santé dirigé par de jeunes médecins et spécialistes du domaine sanitaire. «L’une de nos préoccupations est de créer pour la jeunesse malienne les conditions d’un épanouissement saint dans un cadre leur assurant la santé et l’égalité sociale», rappelle «Ma Chérie», surnom affectueux donné en famille à Aïssata Boubacar Maïga.

Cette initiative est d’autant à saluer que le cancer est un véritable problème de santé publique au Mali et qui touche «les Maliens sans distinction d’âge ou de classe sociale». Le taux d’incidence standardisée, toutes localisations confondues, est de 102,2 pour l’homme et 133,7 pour la femme sur 100 000 habitants. L’intégration des enfants et jeunes handicapés, notamment déficients mentaux, est aussi l’un des combats que YFCM vient d’engager dans notre pays. Et cela à travers une initiative dénommée «Sueur Joviale» dont la première édition a eu lieu dans l’après-midi du 31 octobre 2015 au Palais des sports de l’ACI 2000. C’est une activité initiée dans le cadre du Mois de la Solidarité et de lutte contre l’exclusion ainsi que pour mieux célébrer la Journée africaine de la Jeunesse (JAJ 2015). Elle a consisté à l’organisation d’un camp de basket-ball des petites catégories (minimes et cadets) qui inclut 20 équipes de la Ligue de basketball et des athlètes venant de l’AMALDEME et de Special Olympics Mali. «Cette manifestation vise à promouvoir l’intégration sociale et économique à travers le sport et le leadership», assure Aïssata Boubacar Maïga. «Ce fut un moment de gaieté, la vraie joie réelle pour les participants. Sueur Joviale nous a donné l’opportunité de réunir au Palais des Sports de Bamako des athlètes de plus d’une vingtaine d’équipes de la ligue de Bamako ainsi qu’une dizaine d’athlètes de l’AMALDEME et de Spécial Olympics. Et pour l’occasion, notre méthode dite de Triple A (Amour-Amusement-Apprentissage) a fait ses preuves», se réjouit le président de l’association. «Et nous ne nous arrêterons pas en si bon chemin», promet Cheick Oumar en remerciant tous ceux et toutes celles qui, de loin ou de près, ont contribué au succès de cette manifestation socio-sportive.

Youth For Change Mali a aussi à son actif un projet humanitaire dénommé «Tasse Commune» lancé le 22 septembre 2015. Pour la circonstance, ses adhérents ont préparé et servi de la nourriture aux enfants de l’orphelinat de Bamako et à d’autres personnes défavorisées de la ville de Bamako. «Ce fut un acte humanitaire mais aussi patriotique car ayant donné l’occasion à des Maliens défavorisés de partager des repas avec nos membres. Ce qui leur a permis aussi de se sentir inclus dans la société tout en participant aux festivités commémoratives de l’accession de notre pays à l’indépendance», explique le président Cheick Oumar Doumbia. Et pour concrétiser son Plan d’actions, la jeune association compte avant tout sur ses propres moyens. «Nous avons opté pour une stratégie nouvelle basée sur la volonté, le patriotisme et les efforts et capacités de nos membres. Nous avons pu accomplir deux de nos projets majeurs en utilisant uniquement les cotisations trimestrielles  (10.000 FCFA par personne) de nos membres», explique M. Doumbia. Aujourd’hui, souligne Aïssata Boubacar Maïga, YFMC a ses cellules dans plusieurs pays, notamment en Algérie, en France, au Sénégal, en Inde, en Tunisie, en Turquie, au Canada… Une expansion rapide qui prouve que l’idée de lancer cette association est pertinente et comble un vide en terme de leadership de la jeunesse malienne de la diaspora.

Et comme l’a dit dans sa chronique le doyen Adam Thiam, à propos du parcours héroïque des Aiglonnets du Mali, «le problème de ce pays reste ses adultes… La jeunesse, elle, a le potentiel et les valeurs qui font les nations de progrès». Un essor auquel Youth For Change Mali compte beaucoup contribuer en éveillant les jeunes !

Moussa BOLLY

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Leadership de la jeunesse face aux enjeux du développement du Mali et de l’Afrique :

 

Le Renajem engage les débats

 

Le 1er novembre de chaque année est célébré la Journée africaine de la jeunesse. C’est dans ce cadre que le Réseau national de la jeunesse du Mali (Renajem), en partenariat avec l’Ajcad (l’Association des jeunes pour la citoyenneté active et la démocratie) et l’Association Forum de la presse, a organisé une conférence-débat sur le thème : «Leadership de la jeunesse face aux enjeux du développement du Mali et de l’Afrique». C’était le mardi 3 novembre 2015 à la Maison de la presse.

 

Cette conférence était co-animée par le président du Réseau national de la jeunesse du Mali (Renajem), Alioune Gueye, la présidente de l’Association des jeunes pour la citoyenneté active et la démocratie (Ajcad), Adam Dicko, et l’honorable Amadou Thiam, 2ème vice-président de l’Assemblée nationale.

 

Dans son exposé liminaire, le président du Renajem Alioune Gueye a parlé des aspects liés au développement du Mali avec un leadership fort et responsable. Selon lui, le plus grand défi de développement au Mali porte sur la citoyenneté. Il a expliqué qu’un bon citoyen cultive d’abord la paix dans son cœur et la fortifie dans sa famille, avant de l’entretenir au sein de la communauté, de la ville et du pays tout entier.

 

Le conférencier, Alioune Gueye, a ensuite parlé des défis de la gouvernance. Selon lui, le premier ennemi du développement, le premier obstacle au progrès, à la justice sociale et à la citoyenneté, c’est bien la mauvaise gouvernance. Pour faire face à ces enjeux de développement du Mali et de l’Afrique en général, le président du Renajem propose un leadership positif, citoyen, agressif, unitaire et sincère de la jeunesse.

 

Adam Dicko, quant à elle, a fait un exposé sur les aspects liés au développement de l’Afrique. Elle a fait savoir que notre continent regorge d’une grande richesse à travers sa jeunesse qui constitue 65% de la population, après ses ressources naturelles. La conférencière a expliqué les trois enjeux cruciaux auxquels la jeunesse africaine est confrontée : la mauvaise gouvernance, l’insécurité, l’éducation et la santé. Pour faire à ces enjeux, Adam Dicko suggère que les jeunes en prennent conscience d’abord. À l’en croire, il faut que la jeunesse prenne conscience et s’intéresse à la vie publique. Mais également, selon elle, cette jeunesse doit s’imprégner d’abord des problèmes de l’Afrique et se poser la question sur ce qu’elle doit faire pour l’Afrique. «Un jeune africain doit  beaucoup plus penser à ses devoirs qu’à ses droits», a déclaré Adam Dicko.

Parlant de la vision des décideurs dans le cadre de la promotion de la jeunesse au Mali et en Afrique, l’honorable Amadou Thiam dira qu’il est important que, dans tous les secteurs d’activités, on prenne en compte la jeunesse qui constitue 70% de la population au Mali en particulier et en Afrique en général. Toute chose qui ne se fait pas très souvent. C’est pourquoi, dit-il, «nous assistons à cette jeunesse désœuvrée». Il a également évoqué les défis de gouvernance, tout en indiquant que toutes les politiques doivent être axées sur la jeunesse.

 

Pour M. Thiam, les jeunes ont besoin aujourd’hui, plus que jamais, d’opportunités économiques qui répondent à leurs besoins quotidiens. Pour accomplir ces objectifs, dit-il, il serait nécessaire de les soustraire du cercle vicieux du chômage et de la pauvreté. «Les jeunes Maliens doivent également être entendus et doivent avoir un rôle à jouer aussi dans  le processus de prise de décision», a ajouté Amadou Thiam.

 

Avant de conclure : «Nous devons stimuler l’éducation, la formation professionnelle et l’emploi, tout en soutenant la diversification et la transformation de l’économie malienne. Les jeunes doivent avoir aussi le sentiment que leurs aspirations sont prises en compte dans les décisions importantes de leur pays».

 

Diango COULIBALY

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