Le front social en ébullition : Jusqu’où iront les syndicalistes ?

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Depuis quelques mois, le gouvernement du Mali fait face à des mouvements de grève simultanés auxquels il a du mal à trouver des solutions. Pour certains observateurs, cette situation est due à la grève illimitée des magistrats qui semble avoir donné des idées aux autres corporations qui, pourtant avaient  mis leurs revendications de coté à cause de la situation que traverse le pays.

De plus en plus, les syndicats  protestent contre leurs conditions de travail et pour l’amélioration de leurs cadres  de vie.  Pour ce faire, ils le manifestent à travers des mouvements de grève, des  marches, sit-in et leur dernière trouvaille est la grève illimitée. Ce mouvement de grève illimitée a commencé par les magistrats. Considérés comme les enfants gâtés de la République à cause de leur traitement (mieux payés que les autres fonctionnaires de l’Etat), les magistrats ont paralysé les tribunaux et le secteur de la justice jusqu’à ce que le gouvernement courbe l’échine devant eux, même si cela n’a pas été expressément exprimé.  C’est pourquoi, ils ont décidé d’observer une trêve de trois mois le temps de poursuivre les négociations avec le gouvernement. D’aucuns estiment que cette décision des magistrats n’est pas fortuite car ils auraient eu quelque part gain de cause.

Le gouvernement en mauvaise posture

Leur grève illimitée de plusieurs semaines a été suivie par celle du secteur de la santé où les

agents sont en arrêt de travail depuis le 9 mars dernier, paralysant du coup les hôpitaux publics. Cette situation n’est pas sans conséquences car elle a déjà provoqué de nombreuses victimes : des malades qui meurent faute de prise en charge, des femmes enceintes qui meurent avec leurs bébés dans le vendre sans compter que le service minimum qui doit être assuré par les grévistes ne l’est pas comme il se doit. Car les services de pédiatrie, les urgences… doivent fonctionner normalement malgré cette grève.

Ainsi, depuis le 9 mars dernier, le citoyen malien est privé d’un de ses droits les plus fondamentaux: le droit à la santé. Comme si cela ne suffisait pas, les enseignants du supérieur ont décidé d’entrer dans la danse en décrétant eux aussi, à travers le SNESUP, une grève illimitée depuis le 4 avril dernier.

En effet, le SNESUP a pris cette décision après deux grèves d’avertissement à l’endroit du gouvernement. Toutes choses qui n’ont rien  donné jusqu’à ce qu’il décide un arrêt de travail illimité.

En plus du SNESUP, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 (SYLDEF, SYNEB, SYNESEC, SYNEFCT, FENAREC, SYPESCO), après plusieurs mouvements de grèves ont décidé  de marcher  le mercredi dernier pour demander au gouvernement de respecter ses engagements.  Des mouvements de grève qui pourraient être suivis par d’autres en gestation. Du moins si l’on en croit nos sources. Une situation qui met le gouvernement  dans une mauvaise posture. Car, la santé et l’éduction font partie des droits fondamentaux des Maliens. Et le gouvernement doit tout faire pour garantir ces droits aux populations déjà suffisamment éprouvées par le coût de la vie.

Il revient donc au gouvernement et à ses partenaires sociaux de trouver une solution à tous ces problèmes pour que les populations puissent recommencer à bénéficier de leurs droits à la santé et l’éducation. Certes la grève est un droit pour les syndicats. Mais il revient à ceux-ci aussi de savoir raison-garder à cause de la situation difficile dans laquelle le pays se trouve. Car au rythme où vont les choses, toutes les corporations risquent d’entrer dans la danse puisqu’elles ont toutes des revendications pour l’amélioration de leurs cadres de vie et de travail.

Lors de l’ouverture de la session d’avril, le président de l’Assemblée nationale Issaka Sidibé a invité le gouvernement et les partenaires sociaux à trouver rapidement des compromis nécessaires pour apaiser le climat social. Selon lui, la situation actuelle est inacceptable et intolérable.  Et il n’a fait que dire tout haut ce que les populations pensent tout bas.

Souleymane Birama Minta

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