Hospitalité : Le Mali d’hier existe encore à Somasso

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Somasso est un modèle des exemples rares. L’union, le labour collectif et le respect font de cette commune une habitation accueillante.

S’occuper des hôtes au point de s’oublier soi-même est l’une des qualités de la population de Somasso. Tous, commençant par les autorités locales se sont mobilisés pour accueillir l’Association pour le Développement de Somasso (ADS) et ses invités. La mobilisation des femmes, jeunes et vieux pour honorer les étrangers était  très active et chaleureuse.

S’accroupir dans la salutation est le comportement courant des femmes et jeunes filles de la localité. « Femmes et filles de Somasso, gardez bien cette tradition qui vous est propre depuis des temps immémoriaux. Quand vous saluez, présentez la nourriture ou de l’eau aux hommes accroupissez-vous, ça vous honore », a conseillé Zoumana Daou, adjoint au président de l’ADS.

Comme aiment le dire les Bambara, « le respect et l’honneur, deux qualités indispensables reviennent toujours au premier offrant ». C’est ainsi que, dans la prise de parole, les hôtes ont renvoyé ces qualités à la population de Somasso, car leur prise en charge n’a pas fait défaut.

Hamadoun B. Touré

(Stagiaire)

 

Sekou Fane, maire de Somasso (Bla) :

 « Par la grâce de Dieu, la population mène paisiblement ses activités »

 Pour Sékou Fané, maire de Somasso (cercle de Bla), la population de sa commune est tranquille. Grâce aux soutiens de l’Etat et des ressortissants de la localité, la population de Somasso parvient à vivre convenablement.

Sékou Fané, maire de Somasso
Sékou Fané, maire de Somasso

 Mali-Tribune : En premier lieu, comment vous-vous sentez dans la célébration d’une journée dédiée au reboisement dans votre commune depuis 5 ans ?

Sékou Fané : Je me sens honoré par rapport à la célébration de cette 5ème édition à Somasso. Honoré par la présence des deux ministres de la transition et le chef d’état-major de la garde nationale. C’était une opportunité pour nous d’avoir le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable et son collègue de l’Urbanisme des Domaines de l’Etat. Leur présence a rehaussé l’éclat de cette célébration et nous honore à plus d’un titre.

Mali-Tribune : De 2012 à nos jours, le Mali connaît une crise multidimensionnelle. Comment percevez-vous le niveau de vie de la population ?

S F. : Malgré la crise Dieu merci, chez nous à Somasso dans le cercle de Bla région de Ségou, nous n’avons pas d’énormes problèmes. Nous menons nos activités tranquillement. Il n’y a pas assez de difficultés qui nous empêchent de mener nos activités. Par la grâce de Dieu, la population mène paisiblement ses activités, mais elle sollicite de l’assistance pour maintenir le gap.

Mali-Tribune : Que pensez-vous de la  situation sécuritaire, économique et éducative de votre localité ?

S F. : Comme je l’ai dit tantôt, la situation sécuritaire pour le moment, à notre niveau ça va chez nous. Par rapport à l’économie également, nous menons nos activités de commerce et d’agrosylvopastorales, etc. Mais en effet, le problème de l’éducation est général partout au Mali. De toute façon, dans le respect des consignes des autorités nationales, nous avons pu organiser chez nous ici l’examen du DEF. Mais notre souhait est vraiment d’avoir au niveau de notre commune une école secondaire pour que certains de nos enfants puissent rester à côtés de leurs parents.

Mali-Tribune : quelle est votre appréciation sur l’intervention de l’Etat, des organisations nationales et internationales à Somasso ?

S F. : Au jour d’aujourd’hui, l’intervention de l’Etat se fait sentir chez nous. Puisque nous avons pu avoir un Centre de Santé communautaire qui est fonctionnel et dirigé par un médecin plein avec les matériels nécessaires. Il y a une adduction d’eau chez nous, même si quelques moments, nous connaissons des pannes au niveau de cette adduction. Par rapport à la culture, chaque année, nous organisons notre festival belènitougou. Nous avons construit des salles de classes, nous avons réalisé des pompes à motricité humaine, avec l’appui de l’Etat. Parallèlement à l’Etat, les ONGs aussi interviennent à Somasso.

Mali-Tribune : Quels sont les projets de développement pris en compte par la mairie pour l’avancement de la commune ?

S F. : Les projets de développement que nous souhaitons vraiment réaliser chez nous, est la construction de notre pont. Parce qu’il y a un marigot qui traverse la commune du sud au nord et présentement les services sociaux de la mairie, du Centre de santé et même les navettes entre les populations sont rendues difficiles. Une fois qu’il y a cru pour parcourir 10 km, nous parcourons jusqu’à 35 ou 40 km. Il y a également quelques pistes qui sont en mauvais état et nous souhaiterions un appui de l’Etat pour les aménager. Nous souhaiterions aussi avoir des appuis pour les jeunes et les femmes. En tout cas, tous les projets de développement aussi seront la bienvenue.

Mali-Tribune : Quel impact avez-vous constaté de la part de l’Association pour le Développement de Somasso (ADS) et la jeunesse sur la commune ?

S F : L’impact de l’ADS et la jeunesse est vraiment visible par tous. Parce que toutes ces réalisations que je viens de citer, que ce soit l’adduction d’eau, la construction du Cscom, l’Organisation du festival, la journée de reboisement, l’invitation des ministres et le chef d’état-major, les artistes, etc., tout s’est réalisé avec la contribution et l’initiative de l’ADS en collaboration avec la jeunesse.

Mali-Tribune : Quels appuis pourront être menés encore par les ressortissants de la commune ?

S F. : Moi en ma qualité de maire, mon souhait le plus ardant, est la construction de notre pont. Parce que si vraiment on avait les moyens pour mobiliser les fonds nécessaires, on allait le faire nous-mêmes. Car nous avons déjà fait l’étude de faisabilité et aujourd’hui le pont coûte plus de 45 000 000 de francs. C’est un coût qui est vraiment au-dessus de nos moyens.

Propos recueillis à Somasso par

Hamadoun B. Touré

(Stagiaire)

 

 

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