Mali : Plus de 45 % des populations n’ont pas confiance aux acteurs de la justice

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L’hôtel Salam de Bamako a abrité, le lundi 16 mai 2022, la cérémonie d’ouverture de l’atelier de renforcement des capacités des magistrats du parquet en communication institutionnelle. Financé par le Programme d’Appui à la Stabilisation du Mali à travers l’Etat de droit (PROSMED) et mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), cet atelier de formation vise à renforcer les capacités des acteurs de la justice, en particulier les parquetiers, afin de leur permettre de mieux maîtriser les outils de la communication dans un environnement en pleine évolution. Il ressort de la cérémonie d’ouverture de cet atelier de deux jours que plus de 45 % des populations n’ont pas confiance aux acteurs de la justice.

La cérémonie d’ouverture dudit atelier était présidée par le Ministre de la justice et des droits de l’Homme, garde des sceaux, Mamoudou Kassogué, en présence du Directeur National de l’Administration de la Justice (DNAJ), Djibrilla Maïga ; du représentant du PNUD au Mali, Filippo DI CARPEGNA et des participants. Après les mots de bienvenue du Directeur national de l’administration de la justice, Djibrilla Maïga, le représentant du PNUD, Filippo DI CARPEGNA, a indiqué que la Justice au Mali continue de souffrir d’un fort déficit de confiance de la part des populations. « A ce jour, plus de 45 % des populations n’ont pas confiance envers les acteurs de la justice et pour changer cette perception, il est très important d’investir afin de renforcer la présence et les capacités des acteurs de la justice sur le terrain, mais ce n’est pas suffisant », a-t-il dit. Selon lui, il est tout aussi fondamental de renforcer la communication du Ministère et des juridictions sur les résultats de leur travail, car cette communication a un impact direct sur les perceptions des populations. «En effet, en analysant les données des enquêtes de perception qui sont réalisées régulièrement auprès des populations, il apparaît très clairement que la communication sur certains dossiers traités par les juridictions – notamment sur des questions sensibles telles que la corruption ou le terrorisme, mais pas seulement – a un impact direct sur la perception des populations.

Cet impact peut être très positif, mais il peut aussi être négatif si le contenu partagé n’est pas bien explicité et crée trop d’attentes auprès des populations, d’où l’intérêt de la session qui démarre aujourd’hui et qui permettra aux personnels des parquets de renforcer leurs capacités en matière de communication institutionnelle », a conclu Filippo DI CARPEGNA.

Pour sa part, le Ministre de la justice et des droits de l’Homme, garde des sceaux, Mamoudou Kassogué, a indiqué que la communication est devenue un important levier de management et de gestion pour tout organisme et le secteur public n’échappe pas à cette réalité. Avant d’ajouter que le droit à l’information pour les citoyens et la redevabilité liée aux responsabilités confiées aux agents publics imposent une maîtrise des outils de communication pour répondre aux exigences de l’environnement fortement influencé non seulement par les médias, mais aussi par les réseaux sociaux et les plateformes offertes par les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Cependant, le ministre a fait savoir que le combat doit être mené contre la désinformation et l’intoxication. Il a précisé que le Mali est engagé dans un processus visant à restaurer la confiance entre les citoyens et les services de la justice. «Conscient de l’importance de ce volet « communication », le Département a noué un partenariat avec le Système des Nations Unies qui a abouti à la mise en place d’une cellule de communication et l’élaboration, en cours, de la stratégie de communication du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme sur la période 2021-2024 », a souligné le ministre Kassogué.

Enfin, le ministre a signalé que la présente session de formation organisée à l’intention de certains chefs de parquet, marque le lancement officiel de cette série de formations en communication institutionnelle et vise à renforcer, spécifiquement, les capacités des participants sur des modules comme : les réseaux sociaux dans le cadre institutionnel ; les techniques de rédaction d’un communiqué de presse ; le média training ; la communication de crise. Durant les deux jours de l’atelier, ces modules seront dispensés par le consultant en communication, Mohamed Ag ASSORY.

Aguibou Sogodogo

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1 commentaire

  1. Non, non, non, plus de quatre vingt dix pourcent (90%) des populations n’ont pas confiance à nos acteurs de justice, cela est sans aucune équivoque aujourd’hui. Le taux de 45% est trop faible et ne correspond pas à la réalité de terrain.

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