Après 5 jours de grève : L’indifférence des autorités conduit l’UNTM a décrété la phase II

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Le Président de la Transition et son Premier ministre ne semblent pas se soucier de la souffrance des Maliens avec la grève de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), c’est du moins ce qu’en pensent la centrale syndicale. Cette dernière a rejeté en bloc les « propositions » faites par les autorités samedi 22 mai dernier. L’UNTM a donc décidé de poursuivre la 2e phase de sa grève (96 heures) en attendant…, de plonger le pays dans une grève illimitée.

 Après avoir conduit avec « succès », la phase I de sa grève de 96 heures, la semaine dernière, l’UNTM entame à partir d’aujourd’hui,  la 2e étape pour la même durée. Autrement dit, la centrale syndicale continuera avec sa cessation de travail de 5 jours, soit du 24 au 28 mai 2021. Si rien n’est fait, le lundi 31 mai 2021, elle rentrera dans sa phase illimitée.

Il faut dire que sous l’égide du Patronat, une rencontre tripartite a eu lieu samedi après midi entre le CNPM, l’UNTM et la Primature. Au cours de la rencontre, la partie gouvernementale a fait des « propositions » qui ont été rejetées à la restitution lors de la réunion de bureau de la centrale. Conséquence : la grève de 96 heures, selon un responsable de l’UNTM que nous avons joint au téléphone sera maintenue.

Mais avant cette rencontre de samedi, déjà vendredi dernier, dans un communiqué de presse, Yacouba Katilé, secrétaire général de l’UNTM, a souligné que « le gouvernement, le Patronat  n’ayant fait aucune proposition de sortie de crise et ne manifestant aucun intérêt pour la mise en œuvre  des mesures de poursuite  et de renforcement du dialogue social proposées par la délégation syndicale  de négociation, par conséquent la 2e phase du préavis entrera en vigueur  à compter du lundi 24 mai au 28 mai 2021 ».

 

Une grève dévastatrice

Il faut rappeler qu’en 96 heures, l’impact du mouvement de grève de l’UNTM a atteint toutes les couches sociales sans exception. Si une autre grève de 96 heures venaient à s’y ajouter, le rythme de vie des maliens sera au ralenti et cela risque de faire des grincements de dents.

Puisque la grève paralyse l’économie du pays, les autorités de la Transition, le chef de l’Etat, Bah N’Daw ne doit manquer de  moyens pour faire asseoir l’UNTM à la table ne serait ce que pour lui parler, cela allait peut être adoucir les cœurs. Non ! On a l’impression que le chef du gouvernement Moctar Ouane et le président N’Daw ont d’autres agendas que de s’occuper de l’UNTM. Cinq jours le pays croule économiquement  et c’est la formation du gouvernement qu’on attend afin de chercher une solution aux revendications, c’est aberrant comme mode de gouvernance. Entre nous, qu’est ce que les nouveaux ministres peuvent apporter comme solutions que le PM et les services techniques des départements ministériels ne peuvent faire ? Ou bien Ba N’Daw et Moctar pensent que s’il n’y a pas de ministres, rien ne peut se résoudre ? Le Chef de l’Etat doit sortir de cette posture et se mettre au dessus de la mêlée. Il doit engager un dialogue franc et sincère avec les membres de l’UNTM. Ba N’Daw doit écouter la raison et non son cœur. On se rappelle que depuis Abidjan où il effectuait une visite, le président de la transition avait lancé des flèches à l’UNTM en les traitants de tous les maux. N’est-il pas toujours animé de cet esprit de voir l’UNTM comme des « gens sans foi ni loi ? ». En attendant que les uns et les autres pensent Mali, il revient d’abord aux autorités de la transition de prendre à bras le corps les revendications de l’UNTM sinon les conséquences seront dévastatrices pour l’économie malienne.

Rappelons que le bilan global de suivi du mot d’ordre de grève de la phase I est de 98% dans les régions et 96% dans le District de Bamako.

Hamidou B Touré

 

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