Immixtion dans les affaires syndicales : Les messes basses du ministre, Bocar Moussa Diarra, contre l’UNTM dévoilées

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Moussa Bocar Diarra, président
Moussa Bocar Diarra, président

Les relations entre la Centrale Syndicale, Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) et son ministre de tutelle semblent de plus en plus pires. Cela se traduit dans les déclarations et faits quotidiens du ministre et des réponses qui ne se font pas attendre de la part du BE de l’UNTM. En effet tout porte à croire que le ministre n’a pas encore digéré l’affront qu’il a subi à cause de cette centrale qui l’a mis dans de très mauvaises postures.

En effet le ministre de la fonction publique,  Bocar Moussa Diarra, puisqu’il s’agit de lui, s’est manifesté de manière un peu plus explicite le 18 novembre dernier, en prenant ouvertement position par rapport aux centrales syndicales du Mali. Cela à la faveur du séminaire organisé par la représentation du  BIT dans notre pays, sur le thème « le renforcement des capacités des organisations syndicales du Mali sur les principes et droits fondamentaux au travail et la gouvernance, pour la participation des travailleurs  dans la mise en œuvre du PPTD au Mali ».

Une immixtion très mal perçue par les responsables de l’UNTM qui ne sont pas passés par mille chemins pour faire savoir au ministre qu’il n’a ni le droit, ni la compétence de se mêler des affaires syndicales. Dans une lettre à lui adresser à cet effet, dont nous avons reçu une copie, le secrétaire général de l’UNTM, s’est offusqué du comportement du ministre Diarra, avant de lui rappeler en ces termes là où ses compétences sont censées se limiter : « nous ne vous ferons pas l’injures de soupçonner de vous une méconnaissance des instruments juridiques nationaux( la constitution, le code du travail) et des conventions internationales de l’OIT, (la déclaration universelle des droits de l’homme), qui tous font obligation aux pouvoirs publics d’observer la neutralité absolue entre les organisations syndicales, de respecter leur autonomie, leur liberté de décision et de structuration. Ainsi comment donc avez-vous osé, en interrompant votre discours d’ouverture du séminaire, faire le plaidoyer pour des centrales syndicales que vous entretenez nuit et jour, sous le prétexte que leurs initiatrices ont un certificat de conformité de la justice ? Comment pouvez-vous ignorer que la représentativité des syndicats au plan de l’entreprise, comme au plan national en dehors des élections professionnelles, est déterminée par des critères auxquels vos protégés ne répondent pas ? »

Selon le premier responsable de l’UNTM, cet acte du ministre vient corroborer, les informations que le BE de l’UNTM, avait prises comme étant des rumeurs. C’est pourquoi, il dira dans cette correspondance «  jusqu’ici les informations relatives aux intrigues que vous nouez avec les deux secrétaires Généraux que vous savez bien défendre, nous paraissaient comme des rumeurs, mais vous avez étalé au grand jour votre dessein de semer la discorde, de nuire à l’UNTM pour lui payer son audace. Nous le savions, mais nous le prenions comme une saute d’humeur que l’esprit de responsabilité, qui doit prévaloir en chaque membre de Gouvernement ou d’une institution républicaine, va supplanter les ressentiments personnels. » Et le Ségal de renchérir, « sachez donc que chaque fois que l’UNTM a dénoncé les tentatives de division, afin que des aisances de régne soient, elle ne parlait que de vos tentatives, que vous croyez secrètes, et de celles de vos semblables actifs dans le mépris de notre centrale ».  Après avoir dénoncé les messes basses du ministre Diarra, Yacouba Katilé qui a signé la correspondance invite dons le ministre à faire preuve d’humilité afin de chercher à connaitre  ce qu’il n’a pas appris en ces termes : « je vous invite, en guise de conseil, à entrer dans l’humilité de l’homme cherchant à connaitre ce qu’il n’a pas appris : l’indépendance des syndicats : dimensions, rapports avoir les pouvoirs publics, le patronat, la représentativité des syndicats : cas de l’entreprise, cas au plan national, et enfin la liberté syndicale : tenue des élections, organisation interne, regroupement, alliances stratégiques », pour ensuite mettre en garde contre tout acte d’empiètement contre l’UNTM, qui selon les termes utilisés, est devenu depuis quelques temps le quotidien du ministre Diarra et des membres de son département, auxquels la centrale promet de répondre avec véhémence. Malgré cet agissement, qualifié d’inacceptable par la centrale, elle s’abstient pour le moment de toute plainte contre le Gouvernement au près l’OIT, sachant bien que le ministre agit en fonction de ses ressentiments tout en profitant de sa position actuelle.

Cette intrusion dans les affaires syndicales du ministre de la fonction, est motivée, selon d’autres sources proches de son département de par sa volonté de vouloir à tout prix, imposer les syndicats sujets de cette discorde au sein du conseil économique social et culturel, dont la représentativité au niveau syndical est donnée à l’UNTM. Pour changer cet aspect, il faut passer par les voies légales, qui sont prévues par des instruments juridiques nationaux dont l’une des pièces maitresses constitue les élections professionnelles.

Dans tous les cas, le bureau exécutif de l’UNTM, à travers cette lettre N° 384, en date du 18 novembre 2014, a tenu à mettre les points sur les i, avec le ministre Diarra et avisez de ne point se laisser faire si les attaques visant la centrale ne cesseraient pas.

H.N’gatté 

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