Assemblée Générale ordinaire de l’Organisation Malienne des Editeurs de Livre (OMEL) : Hamidou Konaté des Editions Jamana réélu pour un nouveau mandat de 4 ans

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 Assemblée Générale ordinaire de  l'Organisation Malienne des Editeurs de Livre (OMEL)
Le nouveau président de l’Omel, Hamidou Konaté (au micro) lors de l’assemblée

L’Organisation Malienne des Editeurs de Livre (OMEL) a tenu, hier, son Assemblée générale ordinaire au Centre Aoua Kéïta. Au cours de cette rencontre, un nouveau bureau a été mis en place. Le président sortant, Hamidou Konaté des Editions Jamana a été réélu pour un mandat de 4 ans. Il dirige un bureau de sept membres pour faire face aux nouveaux défis de l’organisation. Les éditeurs maliens ont profité de cette Assemblée pour dénoncer et condamner le délit d’initié de certains fonctionnaires de l’Etat. La piraterie à outrance de leurs livres et le manque d’un réseau de distribution du livre demeurent l’une des difficultés majeures.

 

Créée en 1996, l’Organisation Malienne des Editeurs de Livre (OMEL) a pour mission de renforcer les capacités des éditeurs du Mali afin de former de vrais éditeurs professionnels. Il s’agit de produire des livres adaptés aux réalités nationales et africaines, ouverts sur l’universel et d’assurer une meilleure circulation du livre. Depuis sa création, l’OMEL présidée par Hamidou Konaté des Editions Jamana a fait un grand pas à travers l’organisation de plusieurs séminaires et ateliers de formation dans tous les segments de l’édition. Sans oublier, l’organisation de deux éditions du Salon du Livre de Bamako (SALIBA) en 1998 et 2002. En tant qu’organisation professionnelle constituée des éditeurs, l’OMEL a aussi mené des actions de plaidoyer et de lobbying auprès des autorités du Mali.

La 3ème Assemblée générale ordinaire, tenue hier, au Centre Aoua Kéïta avait comme ordre du jour l’examen des rapports d’activités et financiers. Et l’élection d’un nouveau bureau. C’est ainsi que le président sortant Hamidou Konaté des Editions Jamana a été réélu pour quatre ans. Il dirige un bureau de sept membres.

 

 

Les éditeurs dénoncent et condamnent le délit d’initié de certains fonctionnaires de l’Etat

Il s’agissait aussi pour les participants de débattre l’avenir du livre au Mali. Après avoir rendu un vibrant hommage aux pionniers du livre à l’image de Ibrahim Berthé, Chaka Diarassouba, Ismaël Samba Traoré, Ahmadou Touré, Alain Koné, le président de l’OMEL, Hamidou Konaté a fait l’état des lieux de l’édition du livre au Mali.

 

Parlant des contraintes du métier, il précisera que : “en dépit des avancées et acquis notables, l’édition reste confrontée à d’énormes préoccupations et défis”. Selon lui, “la première préoccupation est l’existence d’un phénomène nouveau, la naissance d’une nouvelle caste d’éditeurs ou plutôt de prédateurs. Des fonctionnaires de l’Etat font créer des structures d’éditions pour éditer leurs manuscrits en utilisant des pseudonymes. Et par la suite, ils s’arrangent à faire figurer ces ouvrages sur la liste des livres à commander par le département de l’Education Nationale. Ce constitue un délit d’initié que nous condamnons de toutes nos forces”.

 

Autres difficultés, c’est la piraterie à outrance des livres. “Depuis un certain temps, nos livres sont imprimés en grande quantité ici au Mali et surtout en Asie et déversés sur le marché malien. La meilleure façon d’aider l’école à travers l’édition est de s’adresser aux professionnels libraires et éditeurs” dira-t-il.

 

La problématique de la distribution du livre a été aussi évoquée. Aux dires du président de l’OMEL, le livre produit au Mali circule mal. “Il n’existe pas de structure de distribution capable de rendre le livre accessible aux quatre coins du Mali et encore moins de la sous-région. Chaque éditeur est pratiquement obligé de trouver des solutions de distribution ponctuelles à son niveau” soulignera-t-il.

 

S’agissant des grands chantiers de l’édition du livre d’ici à l’horizon 2018, le Président Hamidou Konaté estime que si l’Accord de Florence est ratifié et mis en application cela permettra de faire baisser considérablement la pression fiscale au niveau des intrants et équipements pour l’édition.

 

Dans le cadre du partenariat avec le programme canadien d’appui à la gestion de l’édition (PAGE), le nouveau bureau de l’OMEL compte beaucoup sur le projet de renforcement des capacités des éditeurs du Mali. Cela à travers l’élaboration d’une Charte de l’édition au Mali.

Les représentants du ministre de la Culture et celui de l’Education Nationale ont tous réaffirmé leur engagement à soutenir l’OMEL dans ses actions.

Alou BHAIDARA

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