Rubrique : La lettre du lundi : La solitude : ce drame de nos chefs d’Etat

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.En pleine effervescence  des campagnes présidentielles, les Q.G et  domiciles des candidats  ne  désemplissent jamais.

L’espoir d’un succès crée un zèle ostentatoire  chez certains proches du candidat qui sans peut être s’en rendre compte, commencent  à isoler leur « président ».

Lorsque c’est l’échec, la cour du candidat se vide et ceux qui tentaient de l’isoler prennent la poudre  d’escampette mais lorsqu’il le candidat est élu, après les réjouissances saluant son  élection, le candidat qui hier encore pataugeait dans les bains de foules se retrouve déjà avec des  directives de ses proches.
Mais si l’élu décide de ne pas dévier son amour patriotique, de ces idéaux et slogans de campagne, il ne suivra pas ses proches calculateurs et évitera ainsi son isolement.

Les hommes du président

Le second isolement, véritable   toile d’araignée  se mettra petit à petit en place autour du chef de l’Etat.
Comme on le dit, aucun homme n’est mauvais mais c’est souvent son entourage qui contribue à cet état de fait … un entourage intelligent, souvent cynique,  très psychologue qui va  au fil des années étudier les attitudes du président pour mettre en place la toile d’araignée.  Les exemples dans ce domaine précis ne manquent pas : l’entourage restreint de Laurent Gbagbo lui  ne l’a-t-il pu croire qu’une infime partie de la population qui n’était pas de son bord ?

Samuel Do jusqu’à sa mort, Idi Amine jusqu’à son exil, les présidents des pays arabe où les populations sont descendues dans la rue, le cas Dadis Camara sont autant de conséquences de l’isolement perpétuel des   chefs d’Etat.

C’est pourquoi ceux qui ont  compris ce que cet isolement pouvait engendrer n’ont jamais accepté cette solitude, Senghor, Nelson Mandela.

Vous me direz et Amadou Ahidjo ? Lui a tout simplement été piégé et la toile d’araignée tissée autour de sa personne a très bien réussi, on lui a fait croire qu’il était atteint d’un mal incurable et qu’il devait en plein mandat  céder le pouvoir. Ce qu’il fit et lorsqu’il se rendit compte de la supercherie, c’était trop tard.
Quand au Président Sékou Touré qui a toujours su éviter cet isolement, l’on comprend pourquoi jusqu’à sa mort, toutes les tentatives pour le déstabiliser ont échoué.

Souvent dans l’entourage du chef de l’Etat, émerge un homme de qui l’on dirait : « c’est l’homme du Président ». C’est par lui qu’il faut passer pour avoir les faveurs du Président. Il sera le chef de file chargé d’isoler le Président. Facilement reconnaissable, n’ayant aucunement honte de faire le « laquais », il fera miroiter au Président des idées souvent biscornues pour l’opinion publique.
Cet homme du Président et son clan mettront tout en œuvre pour que le Président épouse leurs idées et ne puisse plus s’en passer.

Tout Chef d’Etat qui arrivera à éviter cette deuxième solitude et à ne pas prendre comme parole d’évangile les propos et suggestions de son entourage tout en restant en communion permanente avec la population sera le président recherché et adulé par le peuple.
Au cas contraire, il se retrouvera un jour terriblement  seul, la tête entre les mains marmonnant : « je ne comprends  pas. Comment peuvent –ils me détester à ce point, qu’ai-je donc fait ? »
Joseph KEITA

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