Grand prix littéraire du président de la République : Bamba Gagny Kiabou explique les contours du concours

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  1. Bamba Gagny Kiabou est connu sous l’étiquette d’homme politique en tant que Président du Parti de la convention et d’action pour le Mali dite Coream. Il apparaît dans l’entretien qui suit sous un autre jour pour nous parler d’une matière différente du tout au tout de la politique: la culture et, plus précisément, l’écriture. Tirons-lui les vers du nez sur le sujet !

Le Prétoire : M. Kiabou, pouvez-vous partager avec nos lecteurs ce que vous nous avez confié en aparté ?

Bamba Gagny Kiabou : Je remercie d’abord la direction et la rédaction du Prétoire de me prêter encore une fois (n’est pas coutume) les colonnes du journal pour m’adresser à vos lecteurs. Il s‘agit de porter à la connaissance de l’opinion la création du Grand Prix Littéraire du Président de la République. Il s’agit, plus précisément, d’un concours littéraire.

Pourquoi le Grand Prix Littéraire du Président de la République ? N’est-ce pas l’homme politique qui agit en vous lorsque vous décidez de créer un prix au nom du Président de la République ?

Ce que vous devez savoir, c’est que l’homme de lettres a précédé l’homme politique en moi. Ma passion pour les belles-lettres est, j’allais dire, presque congénitale. Je me souviens qu’en troisième année (CE1), mon maître, Eustache Dembélé (paix à son âme) ayant remarqué que j’avais de bonnes prédispositions pour l’écriture, m’a suggéré de me trouver un calepin et de commencer à y coucher les idées qui me viennent. C’est pourquoi d’ailleurs, en reconnaissance (bien qu’il ne soit plus là pour apprécier le geste), je lui ai dédié le poème «du berceau au cercueil» dans mon recueil intitulé «quand sonne le glas» paru aux Editions L’Harmattan en septembre 2012. C’est pour vous dire que ma vraie vocation est littéraire et non politique. Je suis venu à la politique pour chercher à contribuer à l’amélioration du sort des gens, à soulager leurs souffrances; or, vous ne pouvez pas changer ou influencer positivement les choses sans en avoir le pouvoir. Pour résumer, je dirai que la politique c’est l’utile mais la littérature c’est, à la fois, l’utile et l’agréable.

D’accord ! Cependant, ma question reste sans réponse. Pourquoi spécialement le prix du Président de la République ? Je ne sais pas moi, ça pouvait être le prix littéraire Amadou Hampaté Ba, par exemple ! Pourquoi le Président ?

Vous comprendrez mieux le choix de l’Institution présidentielle si vous connaissez ma motivation. Je suis parti du constat que la littérature malienne, autrefois florissante, est aujourd’hui moribonde. En Afrique francophone, nous étions parmi les tout premiers pays dans lesquels la pratique de la langue française, en termes d’expression et d’écriture, avait acquis ses lettres (c’est le cas de le dire) de noblesse. La littérature malienne comptait de grands noms comme Amadou Hampaté Ba que vous venez de nommer, Massa Makan Diabaté, Yambo Ouologuem, Seydou Badian Kouyaté et quelques autres auteurs de moindre célébrité. Je fais exprès de parler à l’imparfait parce que, à mon sens, ces grands noms ne sont plus. Certains sont morts physiquement, les autres ne produisent plus parce qu’ils sont gagnés par le grand âge, même si, je n’en doute pas, leurs œuvres leur survivront. Aucun signe ne nous permet de penser qu’il y a des chances que ces grands hommes de

lettres maliens soient un jour remplacés. C’est pourquoi j’ai cru de voir lancer un prix littéraire attaché au nom de la plus prestigieuse Institution du pays afin de créer au sein de la jeunesse l’émulation de ressembler un jour à l’un de ces grands auteurs et, pourquoi pas, même de les dépasser. Je cite souvent Alfred de Vigny qui a dit que « l’élève est indigne du maître s’il ne le dépasse pas. » Le Grand Prix Littéraire du Président de la République devrait normalement retenir l’attention des décideurs culturels.

En quoi consistera ce concours ?

Le concours portera sur cinq (5) genres littéraires à savoir : le conte, le théâtre, la nouvelle, le roman, la poésie. Il sera biennal et sera réservé aux nationaux et aux écrivains-aspirants. Il est important de souligner que les écrivains confirmés, c’est-à-dire ceux qui ont déjà fait une publication au moins, ne sont pas concernés.

Quelle est la date de lancement ?

Nous comptons organiser la première édition pour les grandes vacances 2017. La date précise sera communiquée lorsque nous en aurons fini avec les questions d’intendance et les partenaires à associer. Nous lancerons alors les appels à candidature (à déposer les manuscrits). Cela devra intervenir avant janvier 2017 si Dieu le veut.

Qu’est-ce qui peut motiver un jeune scolaire ou un étudiant ou toute autre personne remplissant les critères à prendre la peine d’écrire pour ce concours ?

L’intérêt est d’abord pécuniaire. Chaque genre est doté de la somme d’un million (1 000 000) de francs CFA. En outre, le meilleur des cinq (5) manuscrits primés sera édité. Il y a aussi l’ambition de la célébrité ! Le désir de devenir «quelqu’un», comme on dit, peut être une source de motivation pour tout le monde.

Je crois savoir qu’il y a, au moins, une autre structure qui organise un concours littéraire au Mali. Ne craignez-vous pas de lui faire concurrence ?

Si concurrence il y a, elle est loyale. Nous sommes dans le monde de la concurrence par excellence ! Et, me prenant au mot, je dis que la concurrence c’est la compétition; cela conduit souvent à l’excellence. Mais, vous verrez, le Grand Prix Littéraire du Président de la République aura ses spécificités, ce qui fera qu’il y aura de la place pour tout le monde.

Un dernier mot ?

Nous avons voulu que le Grand Prix Littéraire du Président de la République du Mali soit rattaché au nom même de l’Institution qu’est le Président de la République. Nous espérons ainsi que ce nom ajoutera au prestige du concours et en fera un formidable outil de relance de la littérature malienne.

Propos recueillis par Boubacar SIDIBE

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