MASA 2016 : le Mali honoré par une dizaine d’artistes musiciens, de comédiens et de directeurs de festivals

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Les rideaux sont tombés le samedi 12 mars 2016 au Palais de la culture d’Abidjan, au bord de la Lagune Ebrié, sur les activités de la 9ème édition du Marché des arts du spectacle africain (MASA). Ce rendez-vous biennal a réuni le monde de l’art, de la culture des différents pays africains, européens, asiatiques et américains. C’était du 5 au 12 mars 2016. La participation malienne a été à la hauteur des attentes, car au moins 10 artistes musiciens étaient de la fête ainsi que des comédiens, des humoristes et des directeurs de grands festivals du pays. La Fondation Festival sur le Niger a même signé une convention avec Dak’Art et Adama Traoré d’Acte Sept a présenté son roman intitulé : «Les mémoires presque romancées de Tienfing, un politicien malien». La cérémonie de clôture a été marquée par des soirées de spectacles, comme à l’ouverture.

 

Doussou Bagayoko, Naba Traoré et Mylmo : le trio malien d’ouverture

 

Le public abidjanais a bien apprécié la prestation de trois jeunes artistes maliens: Doussou Bagayoko, Mylmo et Naba Traoré. La première nuit du MASA leur a été favorable. À l’ouverture du MASA sur l’esplanade du Palais de la Culture Bernard B. Dadié, plusieurs artistes du continent se sont produits en présence des membres du gouvernement de la Côte d’Ivoire et du ministre burkinabè de la Culture. Parmi les artistes qui ont émerveillé le public, figure la fille de la reine du Didadi, Doussou Bagayoko.  Programmée pour se produire sur les scènes «off» du MASA, la star malienne, Doussou Bagayoko, a prouvé qu’elle pouvait rivaliser sur scène avec les grands artistes. Le concert nocturne du vendredi 7 mars a démontré cela. La fille de Nahawa Doumbia a enflammé le public abidjanais. Habituée à jouer devant ce genre de public abidjanais, Doussou Bagayoko n’a pas eu besoin de prendre la température de la lagune Ebrié pour faire valoir son talent de grand artiste. Après des tonnerres d’applaudissements, avec sa voix suave, elle rentrera dans la danse avec deux de ses titres. Le même public fabuleux récidivera, à tel point qu’on pouvait à peine entendre la voix de l’artiste.

 

Pour sa première participation, Mylmo a été une découverte pour les Abidjanais. Il s’est produit sur la grande scène du Palais de la Culture.  Le jeune rappeur a émerveillé le public abidjanais avec son titre phare, «L’histoire du Mali». Les jeunes maliens de Treichville n’ont pu contenir leur émotion ; ils se sont lâchés en chantant et dansant. Après sa prestation, Mylmo a eu du mal à sortir de la loge, tant les jeunes voulaient le toucher.

 

Convention entre le Festival sur le Niger et Dak ’Art

 

En marge des activités du MASA, le directeur de la Fondation Festival sur le Niger, Mamou Daffé, et le Secrétaire général de la Biennale de l’Art africain contemporain de Dakar (Dak’Art) ont apposé leurs signatures au bas d’un document de convention de partenariat entre les deux structures. La signature des documents a eu lieu le dimanche 6 mars 2016 à l’hôtel Ivotel. À travers cette convention de partenariat, «les deux parties s’engagent à faire des échanges culturels entre leurs deux structures à travers la participation d’artistes et la diffusion de productions à leurs événements respectifs afin de développer des liens dynamiques sur le plan culturel».

 

La convention stipule que, «pour chaque édition, la Biennale de l’Art africain contemporain de Dakar programmera dans son Off une exposition d’art contemporain des jeunes talents de la Fondation Festival sur le Niger». Du côté du festival sur le Niger, «pour chaque édition du Festival sur le Niger (début février de chaque année), la Fondation offrira un stand/salle d’exposition à la Biennale de Dakar pour sa promotion». Côté échanges d’expériences, la convention dit que «les deux parties se renforceront de façon réciproque de leurs expériences respectives dans leurs domaines de compétences, le partage d’informations et de connaissances, un échange régulier de ressources humaines (séjour de membres du Secrétariat de la Biennale de Dakar à Ségou/stages de formation d’agents de la Fondation à la Biennale dans le cadre de la formation au commissariat d’exposition…)».

 

Un Prix de la critique d’art et du journalisme culturel de la Fondation Festival sur le Niger 

 

«À partir de l’édition 2016, la Fondation Festival sur le Niger s’engage à décerner un prix d’une valeur maximale de 2,5 millions de Fcfa (en espèce et en nature) au meilleur critique d’art ou journaliste culturel. Les critères d’attribution et les modalités de remise du Prix seront fixés de commun accord avec le Secrétariat général de la Biennale de Dakar», indique la convention. Pour la promotion et la visibilité, les deux parties s’engagent à s’assurer une promotion mutuelle et une visibilité de leurs événements à travers leurs visuels respectifs ou tout autre moyen de promotion disponible. Sur le plan de la co-production, la convention implique également la possibilité de co-productions annuelles entre les deux structures dans le domaine des arts visuels.

 

Arterial Network souffle ses 9 bougies

 

Le Réseau Arterial Network a fêté ses neuf ans d’existence le 7 mars dernier. À Abidjan, en marge du MASA, un cocktail dit «Arterial Days» a réuni dans le Hall du Palais de la culture de Treichville, le président de Arterial, Mamou Daffé, son Secrétaire général et plusieurs membres de la famille du plus grand réseau panafricain interculturel. En effet, c’est le 7 mars 2007 à Dakar que les artistes et hommes de culture africains se sont doté d’un véritable instrument de plaidoyer pouvant leur permettre de vivre de leur art, de s’exprimer librement à travers leurs talents et de promouvoir la culture africaine, loin des systèmes politiques : Arterial network. Le président Daffé a profité de la réception pour vanter les efforts consentis par le réseau. Avant de rappeler la vision, les objectifs, l’historique et les projets d’Arterial Network.

 

Arterial Network est un réseau social panafricain conçu et dirigé par des acteurs culturels africains avec pour siège Cap-Town, en Afrique du Sud. Il a été créé en septembre 2007 dans le but de développer et de promouvoir les arts et la culture afin de favoriser la démocratie et les droits de l’homme, en se basant sur les textes internationaux comme la Convention de l’Unesco pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles ; le Plan de l’Union africaine pour les industries culturelles.

 

Arterial procède par des plaidoyers et des lobbyings auprès de décideurs politiques du continent, en vue de la prise en compte du travail de l’artiste et l’amélioration de ses conditions de travail, de vie et de création.

Kassim TROARE

Envoyé spécial

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