La citoyenneté, le civisme et le patriotisme à deux vitesses.

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On vous aime et on ne le dit pas assez ! Qu’ils sont tout de même incroyables ces Citoyen-ne-s Malien-ne-s dont la conscience civique et patriotique ne se manifeste que devant des soi-disant actes de corruption de la part de nos forces de l’ordre et de sécurité. Ces Citoyen-ne-s ne verraient la corruption que dans les yeux de l’AUTRE. Le civisme et la patriotisme seraient plus permis chez certains citoyens plus que chez d’autres. Ces valeurs citoyennes s’identifieraient plus à des postes, à des fonctions qu’à des êtres humains que nous sommes. Une manière de dire implicitement ou explicitement que les lieux de professionnalisation précèdent ceux de socialisation comme la famille et l’école. Ainsi, pour se conduire en bon Citoyenne- pétri de valeurs, occuper un poste ou être un employé de l’État serait devenu son corollaire. Eux (les forces de l’ordre) doivent être de super-Humains -elles / ils le sont- comme des divinités. Et nous, de petits êtres calculateurs, individualistes et égoïstes. Comme si, nous n’apprenions pas les mêmes valeurs civiques, citoyennes et humaines dans nos familles, écoles et autres lieux de socialisation et de professionnalisation. Qui n’a pas eu de cours en ce sens à l’école ? Qui, dans sa famille, n’est pas éduqué en ce sens ? Qui n’a pas lu la prohibition du mensonge, du vol et de la corruption dans les déclarations de la charte du Manden ? Qui n’a pas entendu nos sages prônés les valeurs morales, d’amour, de dignité, de solidarité, de travail et de respect ? La différence entre eux (les forces de l’ordre) et nous, vous le savez ? Elle est simple ! Eux, ils ont décidé de nourrir leur famille à partir des bénéfices de misère qu’ils tirent dans la protection des femmes et hommes qui prennent du plaisir en les critiquant au lieu de leur dire Merci. Eux, ils ont préféré notre vie qu’à la leur. Leur mort qu’à la nôtre. Eux, préfèrent faire de leurs femmes veuves, leurs enfants orphelins, pour que les nôtres ne subissent pas le même sort. -“Ils n’y arrivent pas toujours…” – Qu’est ce qui t’empêche d’aller t’engager ? Nous, nous avons préféré une autre voie -aussi noble que cela puisse être- mais qui ne nous expose pas comme eux (à l’exception de certains métiers). Nous avons préféré ces voies pour nos conforts, nos intérêts et qui nous amènent souvent à être à la tête (politique) de ces forces de l’ordre que nous instrumentalisons par la suite à des fins idéologiques et politiques. Certes, ces voies aussi peuvent nous conduire à défendre l’intérêt général, donc mettre les forces de l’ordre dans toutes les meilleures conditions possibles. Toutefois, ils ne doivent pas être plus irréprochables tandis que nous nous traînons avec tous les péchés du monde. Par ailleurs, on n’est tellement sensibles à leur soi-disant acte de corruption qu’on qualifie de tous les noms. Cependant, la nôtre, elle est ou doit être normale. D’où cette facilité de critiquer l’AUTRE en fermant tout bonnement et curieusement les yeux sur nos propres fautes qui démontrent dans une certaine mesure cette absence de responsabilité et d’éthique que nous aimons tant dénoncer chez toujours l’AUTRE. Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu chapitre 7, versets 3 à 5 : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. » Ainsi, il est aisé pour moi -c’est mon point de vue- de proposer aux agents des forces de l’ordre qui se trouveraient en face de n’importe quel corrupteur, à l’accompagner dans son acte de corruption. Et à appliquer la loi au Citoyen qui a le sens assez civique et patriotique de ne, ni entraîner l’agent ni lui-même dans cet incivisme tant facile à dénoncer chez l’AUTRE que de le voir chez soi-même. Peut-être qu’en pratiquant le premier, cela nous amènera à prendre conscience et bien situer le problème afin de favoriser le deuxième. Ou choisir le deuxième pour se rendre compte -même si nous le savons déjà- qu’il n’ya pas de corrompu sans corrupteur. On aime vous détester. On déteste vous aimer. Malgré tout, on vous aime !

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