Journée de l’industrialisation de l’Afrique : Le «Made in Mali» au cœur de l’édition 2018

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Industrialisation de l’Afrique

Le jeudi 29 novembre 2018, le Mali, à l’instar des autres pays d’Afrique, a célébré au Parc des expositions la Journée de l’industrialisation de l’Afrique sur le thème principal «Made In Mali». La cérémonie de lancement des activités était présidée par le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga en présence effective de plusieurs ministres du gouvernement, des industriels et d’autres personnalités de marque.

L’événement s’est déroulé du 29 au 2 décembre 2018 au parc des expositions de Bamako. «On produit, on consomme et on crée des emplois ici». Étaient entre autres inscriptions qu’on pouvait lire sur les différentes banderoles dans la cour du parc et sur les différents stands d’exposition.

La Journée de l’industrialisation de l’Afrique a pour objectif d’intégrer la problématique du développement industriel dans les priorités des politiques et stratégies nationales de développement socio-économique des pays africains. En plus d’inciter les pays africains à s’engager davantage dans le processus de développement industriel ; de susciter une prise de conscience au niveau mondial, nécessaire à la mobilisation de l’appui international en faveur du développement industriel de l’Afrique ; d’amener la communauté internationale à œuvrer résolument en faveur de l’industrialisation de l’Afrique.

Suivant le protocole d’usage, M. Amadou Ouattara, maire de la commune V, a souhaité la bienvenue aux invités et salué la tenue de cette journée  qu’il qualifie d’importante dans le contexte malien.

Pour sa part, le président de l’Organisation patronale des industriels (Opi), M. Cyril Achcar, a profité de cette tribune pour faire le point de traitement du livre blanc de l’industrie, lequel a été adopté par le gouvernement en 2014, un recueil de la situation industrielle de notre pays. Aujourd’hui, selon Achcar, les industries au Mali génèrent 5,9% du PIB contre 11% la moyenne de l’Uémoa, 15% pour le Sénégal, 19% pour la Côte d’Ivoire, voire 24% pour le Maroc. Il a également évoqué la mise en œuvre timide des politiques industrielles.

Au sujet des acquis, on peut noter l’adoption du décret portant sur les mesures d’orientation de la commande publique vers les PMI et la production nationale de l’ordre de 700 milliards de FCFA, la création de l’Observatoire national de l’industrie, la déduction de la TAF sur les investissements productifs, la remise prochaine de la TVA industrielle ainsi que la création d’un comité Douane-CNPM, etc.

Malgré ces avancées, le président de l’Opi exhorte le gouvernement à accélérer les réformes pour permettre au secteur de l’industrie de jouer pleinement son rôle de moteur de la croissance pour l’atteinte des objectifs d’un PIB de la manufacture de 11%, la moyenne dans la Cédéao et 20% pour passer de pays en voie de développement à pays développé. Pour ce faire, il recommande l’amélioration de la fourniture d’électricité, la mise en œuvre d’un fonds souverain d’investissement industriel, etc.

Le ministre de l’Industrie et des Investissements, Moulaye Baba Ahamed Haïdara, a fait le point de la situation actuelle de l’industrialisation dans notre pays. Selon lui, le secteur industriel reste caractérisé par sa faible densité. «Le recensement industriel réalisé en 2015 dénombre 829 entreprises industrielles dont 765 en activité. 52,69% de ces entreprises sont installées dans le district de Bamako», a-t-il déclaré.

S’agissant de l’employabilité des entreprises industrielles, l’on a déchiffré plus de 30 438 personnes en 2015, contre 13 127 personnes en 2002, soit une évolution de près du tiers, a informé le ministre Haïdara. Et d’ajouter que la contribution du secteur secondaire à la croissance du PIB, selon les statistiques fournies par l’Instat, est passée de 0,4% en 2013 à 1,2% en 2017.

Selon M. Haïdara, en dépit de la volonté politique de l’Etat et des réformes engagées par les gouvernements successifs pour soutenir le développement industriel, force est de constater que le secteur industriel demeure handicapé depuis plusieurs décennies par des difficultés.

«Pour accélérer le développement économique du pays et contribuer efficacement à la réduction de la pauvreté, nous devons relever le défi de l’industrialisation pour tirer le meilleur profit de la transformation de nos matières premières notamment agricoles, sur place, mais aussi pour retenir et offrir des opportunités à la population majoritairement jeune, dont une partie est victime du drame de l’immigration clandestine et périt chaque jour dans les eaux de la Méditerranée», a-t-il soutenu.

La cérémonie a pris fin par la coupure du ruban symbolique du salon de l’industrie «Made in Mali» par le Premier ministre. Ce salon regroupe des centaines d’industriels maliens. Pour sa part, le chef du gouvernement estime que cette journée contribue à favoriser la compétitivité régionale des industriels maliens.

Ousmane DIAKITE

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