Salon de l’entrepreunariat des PME : des centaines de millions FCFA jetées par les fenêtres

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Le Salon de l’entreprenariat des petites et moyennes entreprises (SALEP 2019), qui s’est déroulé du 22 au 28 juillet au Centre international de conférence de Bamako (CICB), a été un véritable fiasco, en raison du nombre insuffisant de visiteurs.  C’est donc est une opération à l’allure d’un hold-up financier.

C’est un éléphant blanc qui a été vendu aux Maliens. Avec comme objectif «faire la promotion de la création d’entreprises en accompagnant les jeunes et les femmes porteurs de projet», le premier salon de l’entreprenariat des petites et moyennes entreprises (SALEP 2019) n’a été qu’un véritable gâchis. Ce sont des centaines de millions de francs Cfa qui ont été jetées par les fenêtres.

Organisé pour les jeunes, le SALEP 2019 a eu du mal à faire mobiliser la couche juvénile. Celle-ci est de plus en plus consciente que le financement de projets est non seulement conditionné à l’appartenance politique, mais aussi aux relations personnelles (bras longs).

Les stands des jeunes entrepreneurs exposés au SALEP 2019 sont assez éloquents. Ils étaient détenus pour la plupart par des jeunes qui ont étudié à l’extérieur du pays. Nous ne sommes pas contre eux, Dieu seul le sait. Mais pour qui connaît le coût des études à l’étranger, inutile de rappeler qu’il n’est pas à la portée des Maliens moyens.

Aussi sont-ils nombreux les jeunes qui ne croient pas non plus au financement de projet. Sans que nous ayons les moyens de vérifier, ils disent être victimes d’expropriation de projets au niveau de l’Apej, du Procej, et du FARE, au profit de certains privilégiés du pays.

«Il est préférable d’avoir un bon projet et ne compter que sur ses propres moyens, que de compter sur un hypothétique financement», estime Malick Sow, qui ajoute que «non seulement, tu n’auras pas le financement, mais tu risques de voir ton idée de projet attribuée à quelqu’un d’autre».

Le cas, selon lui, est arrivé en 2016 à deux de ses amis. Ce qui renforce son scepticisme. Selon lui, il ne fait aucun doute que le SALEP 2019 est réservé exclusivement aux fils et aux filles à papa.

Les propos du jeune Sow sont étayés par Mamadou Sinsy Coulibaly, président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), qui estime que l’accès au financement demeure aujourd’hui un véritable parcours du combattant pour de nombreux jeunes à cause de la corruption. Celui-ci a, dans son intervention, lors de la cérémonie d’ouverture, interpellé les autorités à plus de transparence dans l’attribution des financements, et demandé à mettre fin à la démagogie et au favoritisme. Des mots qui ont été accueillis par un tonnerre d’applaudissements.

Aussi, sont-ils nombreux à s’indigner du budget alloué à l’évènement, qui se chiffre, selon nos sources, à une centaine de millions de nos francs. Une information que Mme Kéïta, une des organisatrices, n’a pas souhaité commenter. «Le coût importe peu», dit-elle, et préfère ne retenir que l’impact du salon. Et pour se donner bonne conscience, elle affirme qu’une vingtaine de stands ont été gratuitement attribués aux exposants, sans pour autant dire sur combien.

En outre, il faut s’interroger sur le coût alloué à la cérémonie d’ouverture. Pour remplir la salle de mille places, les organisateurs avaient fait recours aux étudiants moyennant bien sûr des espèces sonnantes et trébuchantes. Ceux-ci ont même failli se casser la gueule au moment de partage du butin. À cela s’ajoute l’animation musicale qui était assurée par Toumani Diabaté et ses enfants Sidiki et Balla Diabaté.«Pour qui connaît le succès de Sidiki et le talent inné de son père Toumani, leur cachet pourrait, à lui seul, financer au moins cinq projets de pisciculture pour les plus nécessiteux», souligne un jeune très désabusé. Pour sûr, le Salon de l’entreprenariat des petites et moyennes entreprises (SALEP 2019) n’est qu’une vaste mascarade qui ne tardera pas à livrer ses secrets.

 

Anne Marie Soumouthéra

Source : Le Wagadu

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1 commentaire

  1. «Le coût importe peu»… ?!?! Non Mme Kéïta, le coût est très important à savoir pour évaluer la rentabilité du Salon.
    Nous avons vu à quel point nos jeunes sont motivés, preuve qu’ils n’ont pas besoin d’un Salep ou Salop pour entreprendre. Ils ont plutôt besoin des écoles d’ingénieurs de haute qualité et équipées capables de rivaliser avec celles des pays développés. La ministre va probablement pleurer la première fois qu’elle visiterait le piteux état des laboratoires de l’ENI-ABT. Ce régime manque complètement de vision à long terme pour l’avenir de nos jeunes, donc de notre pays. Après 60 ans d’indépendance, nos meilleurs élèves au bac sont toujours envoyés au Maroc, en Tunisie, en Algérie, en France,…etc.
    Ça fait tellement pitié qu’on veuille développer un pays sans éducation de qualité.

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