Edito : La France a décidé d’étrangler le Mali

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Après avoir poussé ses gouverneurs que sont les présidents de la CEDEAO et de l’UEMOA à asphyxier de façon sauvage et inhumaine le Mali, en lui imposant des sanctions économiques, la France ne cache plus ses intentions malsaines d’étrangler le peuple Malien, dont le tort de ses autorités a été simplement leur refus de se soumettre au désidérata de Macron, voire son diktat. Par ces sanctions jamais vues dans l’histoire récente des organisations mondiales, la France vient de prouver à la face du monde qu’elle est sans état d’âme et que face à ses sordides intérêts elle est capable de commettre un génocide social plus grave que ceux commis contre des Arméniens en Turquie, par les Nazis contre les juifs et les Tsiganes et même contre les Tutsis au Rwanda et cela sous l’œil complice des Etats impérialistes d’Occident.

En fait seuls les plus naïfs parmi nous peuvent penser à une France père Noël ou samaritain, présente au sahel pour sauver les pays qu’elle a contribué à appauvrir. Elle est loin   de faire des œuvres caritatives ou de soutien au développement, la France est présente sous nos tropiques pour faire des profits, pour s’enrichir. Si nous devrions reconnaitre le rôle combien de fois important que la France a joué pour stopper l’avancée de la horde djihado terroriste qui se dirigeait vers Bamako, il n’en demeure pas moins qu’elle a sa part de responsabilité dans la chienlit provoquée par les frappes de l’OTAN contre Mouammar Kadhafi. Les conséquences sont en train de s’abattre sur les pays sahéliens. Le discours officiel de la France a toujours été le même, à savoir venir aider les pays du sahel a non seulement lutter contre le terrorisme, mais aussi et surtout promouvoir le développement de ces pays, qu’elle a, du reste, fortement contribué à affaiblir. Le crime de lèse-majesté commis par le Mali était de dire qu’il est fatigué de cette situation chaotique installée par la France. Elle a instruit ses laquais d’étouffer le Mali avant de vouloir l’étrangler

Aujourd’hui, excepté le conseil de sécurité des Nations Unies, toutes les autres organisations sous la coupe de la France et de l’Occident ont sanctionné ou sont sur le point de le faire, à l’image de la CEDEAO et de l’UEMOA.

Si le Conseil de sécurité n’a pas pu sanctionner, c’est grâce à la clairvoyance de la Chine et de la Fédération de Russie, qui ont fait montre d’une compréhension de la situation chaotique dans laquelle le Mali est embourbé. Ces pays historiquement amis avec le Mali depuis les premières heures de l’indépendance, ont opposé leur niet à une sanction supplémentaire du Conseil de Sécurité des Nations Unies contre ce pays durement éprouvé par la crise multidimensionnelle.

La question qui est sur toutes les lèvres est celle de savoir pourquoi les pays de la CEDEAO ont-ils pu sanctionner un Etat membre qui traverse une crise sans précédent et dont les conséquences de son effondrement n’épargneront aucun pays ? Nul ne saurait répondre à cette question, mais à analyser de près on serait tenté de dire que la plus part de ces chefs d’Etat manquent d’audace et surtout craignent tous la France qui les  désigne à la tête de leurs pays respectifs. Excepté les pays anglophones, tous les présidents des Etats francophones doivent leurs places à la France. Cette dernière est prête à cautionner les tripatouillages, les violations flagrantes des constitutions, pourvu que ses intérêts soient préservés. D’où leur qualificatif des gouverneurs des provinces de la France d’outre-mer. Le Mali, pays des grands empires, des royaumes et des cités cavalières et indépendantes, n’a jamais été soumis. Il a toujours pris son destin en mains quoi que cela lui coutera. C’est pourquoi il a décidé de s’affranchir de la tutelle de la France ubuesque, condescendante, égoïste, inhumaine et méchante.

Youssouf Sissoko

Source ALTERNANCE

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