Edito : Le triptyque : Tabaski- Rareté- Cherté

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La fête de l’Aïd Al Adha  ou fête de Tabaski arrive à grandes enjambées dans un contexte malien marqué par l’extrême pauvreté. Cette année, beaucoup de parents n’auront que leurs yeux pour pleurer faute de pouvoir satisfaire à la demande de leurs progénitures et épouses pour lesquels la fête est l’une des occasions pour être bien vus et manger à satiété. Les temps sont durs et l’argent est devenu une denrée rare, disent les Coulibaly, Samaké et autres Cissé et Dabo.  A la rareté des ressources financières, est venue se greffer la cherté  du mouton. Cet animal  beaucoup prisé pour la circonstance se fait cette année rare et cher. Pour en avoir de bonne qualité et à moindre coût, il faut avoir le portemonnaie rempli  d’où l’inquiétude de plus en plus croissante des chefs de famille à quelques encablures de la fête. Y a-t-il des solutions à court, moyen et long terme, pour éviter qu’un grand nombre de citoyens ne tombent dans la précarité pré, pendant et post fête ?

Quelle est la symbolique même de cette fête musulmane ? L’Aïd El Kébir ou l’aïd Al Adha est la plus importante des fêtes islamiques. Elle est appelée également fête de Tabaski. Elle a lieu le 10 du mois de dhou- al- hijja, le dernier mois du calendrier musulman, après Waqfat Arafat, ou station sur le mont Arafat et marque chaque année la fin du Hadj.  Cette fête qui commémore la force de la foi d’Ibrahim, symbolisée par l’épisode où il accepte de sacrifier, sur ordre de Dieu, son fils Ismaël. Après son acceptation de l’ordre divin, Dieu envoie l’ange Djibril qui, au dernier moment, substitue à l’enfant un mouton qui servira d’offrande sacrificielle. En souvenir de cette dévotion d’Ibrahim à Dieu, les familles musulmanes sacrifient  un animal (le mouton qui a six mois, ou la chèvre qui a deux ans, ou le bovin qui a deux ans et qui est entré dans la troisième année lunaire, ou le chameau qui a complété cinq ans).

Pourquoi cette belle fête musulmane qui aurait dû être un moment de dévotion, d’allégresse, de solidarité et de retrouvaille, devient de l’enfer pour d’autres perdant  ainsi la foi ? La fête de Tabaski n’est-elle pas devenue plus sociale que religieuse eu égard aux charges qui y sont liées ?  Des solutions existent pour alléger la souffrance des pères de famille. C’est d’abord l’initiative prise par le gouvernement de s’impliquer pour que les moutons soient à la portée des bourses moyennes. Cette initiative pourrait être accompagnée par d’autres comme la baisse des prix des denrées de première nécessité. En plus de  celles-ci, ne faudrait-il pas  penser  à instituer  une prime de fête qui ne sera donnée qu’à la veille et une fois chaque année. On pourrait donner l’appellation qu’on veut à cette prime, mais le plus important est qu’elle permette de prendre en charge certains aspects des dépenses consécutives à la fête de l’Aïd El Kébir. Aux équilibristes qui brandiront la laïcité et pour qu’il n’y ait pas de discrimination entre les religions, la prime pourrait être octroyée à tous les agents de l’Etat.

En somme, la politique, selon l’ancien Président ATT, n’est rien d’autre que de résoudre le problème des gens. Alors le gouvernement doit  faire preuve d’imagination et d’inventivité pour proposer des solutions afin d’alléger les souffrances.

Youssouf Sissoko

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