Entre nous : Révision constitutionnelle ?

02 Fév 2016 - 01:20
Mis à jour: 11 ans
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Entre nous : Révision constitutionnelle ?
Mali Ko - Yere Ko
Le programme d’activités gouvernementales prévoit au cours de cette année 2016 une révision de la Constitution du 25 février 1992 sans aucune précision de calendrier. La Déclaration de Politique Générale du Gouvernement du Premier ministre, Modibo Kéïta, adoptée par l’Assemblée Nationale reprend cette initiative de toilettage de la Loi fondamentale qui réglemente la vie de la République depuis la chute du Général Moussa Traoré. Jusqu’à la date d’aujourd’hui, personne ne connaît les contours de cette révision constitutionnelle rendue obligatoire par la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.  Et encore moins, la date à laquelle elle aura lieu. C’est la troisième tentative de révision de la Constitution des « révolutionnaires » de mars 1991. En 2001, au crépuscule de son mandat, le Président Alpha Oumar Konaré a renoncé sous une forte pression de la classe politique et de la société civile, à sa volonté de réviser l’acte de naissance de la 3ème république. Son successeur au Palais de Koulouba, le Général Amadou Toumani Touré a entrepris, au cours de son second mandat, un vaste programme de réformes institutionnelles et administratives à travers la mise en place de la commission Daba Diawara. Le projet de loi portant révision de la constitution est adopté par l’Assemblée Nationale alors présidée par le Pr Dioncounda Traoré. Et lors de la présentation de la Déclaration de Politique dénérale du Gouvernement du Premier ministre, Mme Cissé Mariam Khaidama Sidibé, qui accordait une place de choix à cette réforme, l’actuel Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, député de la Commune IV du District de Bamako au moment des faits, avait loué les qualités d’ATT qu’il qualifiait de « grand patriote ». Le processus, dont le clou était le référendum, ne connaîtra pas un épilogue à cause du coup de force militaire du 22 mars 2012 du Capitaine Amadou Haya Sanogo. Les événements de 2012 qui ont mis à nu les faiblesses de notre système démocratique, étaient une occasion de mener de sérieuses réflexions sur l’état de la nation. Mais rien de tout cela. Loin d’être soigné à la racine, le mal continue de gangrener la vie politique et institutionnelle. Un pays pauvre comme le Mali ne peut pas se permettre de financer à coût de milliards des institutions qui n’ont aucun impact réel sur son développement encore moins les conditions de vie des populations. Il faut de véritables débats au niveau de tous les échelons de la société malienne sur cette réforme qui ne devait pas être une affaire entre experts. Déjà, sur la toile mondiale, une pétition de génération engagée, adressée au Président de la République, l’appelle à « changer le cadre et le système politiques au Mali, pour plus de justice, de transparence dans l'administration et la gestion des affaires publiques et pour l'intérêt général ». Dans une contribution publiée en mai 2014 par Mediapart, ‘’Faut-il désespérer du Mali d'IBK ?’’, le Pr Issa N’Diaye appelle à des Assises nationales populaires qui doivent impliquer les populations depuis la base jusque dans les villages les plus reculés. Le Gouvernement de Modibo Kéïta va-t-il se contenter de dépoussiérer le projet de l’ex-Président ATT ? Ou serait-il capable de mener de grandes réflexions pouvant doter le pays des institutions les mieux adaptées au contexte actuel ?  Chiaka Doumbia

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Commentaires (48)

User
Le sage
Le sage 11 ans
Si une révision constitutionnelle est préconisée par l'accord, je pense que c'est la bienvenue. Cela contribuerait à la mise en oeuvre dudit accord.
KISSINGER
KISSINGER 11 ans
Article 3 : Les Institutions de l’Etat malien prendront les dispositions requises pour l’adoption des mesures règlementaires, législatives, voire constitutionnelles nécessaires à la mise en œuvre des dispositions du présent Accord, en consultation étroite avec les Parties et avec le soutien du Comité de suivi prévu par le présent Accord. Je crois donc que c'est dans cette logique que la révision constitutionnelle interviendra.
Carabia
Carabia 11 ans
Non content d’avoir un pouvoir à lui garanti jusqu’à 2020, aux termes, notamment de l’article 9 de la Constitution gabonaise, le Président Oumar Odingba Bongo a jugé indispensable d’imposer à son peuple une version améliorée de l’article 9 mettant fin à toute limitation de mandat pour lui (2003). N'oublions le cas du président Nigérien Mamadou Tandja, récemment déchu et qui a jugé bon d'imposer un référendum à son peuple en vue de modifier la constitution de son pays à son avantage.
Ades
Ades 11 ans
Il y a également d’autres aspects du contrôle qui ne sont pas pris en compte par la constitution… ». De même, le Club perspectives et développement (CPD), lors de son Symposium International tenu les 8 et 9 décembre 2007 au Centre International des Conférences de Bamako, s’est appesanti sur certaines faiblesses de la Démocratie et de l’Etat de Droit au Mali.
Adonis
Adonis 11 ans
L’expérience démontre qu’une constitution ne peut prétendre à l’éternité, il est donc sage qu’un pouvoir de révision puisse compléter, actualiser ou même corriger l’oeuvre du constituant originaire, pour lui permettre de résister à l’épreuve du temps. Mais, il serait déraisonnable que le pouvoir puisse totalement disposer comme il l’entend de la constitution, qu’il puisse défigurer la norme des normes de tout Etat de droit et de démocratie pluraliste .
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