ANALYSE. En se lançant dans le rapt d'enseignants, comme récemment au centre du Mali, les djihadistes veulent dynamiter les esprits, au propre comme au figuré.
Désormais, le message est clair :
l'enseignement du français est interdit par les djihadistes au Mali. Ils ont ainsi déboulé à moto vers neuf heures du matin dans le groupe scolaire de Korientzé, situé à 150 kilomètres au nord de
Mopti, « la Venise du Mali », au confluent du fleuve Niger et de la rivière Bani. À peine arrivés, terroristes maliens et étrangers, selon des témoins, foncent vers deux salles de classe. En voyant ces inconnus armés, les élèves comprennent le danger. Ils s'enfuient en courant entre les bâtiments. Les enseignants, eux, sont pris au piège. Deux, puis trois sont arrêtés, rejoints par deux autres qui sont sortis manu militari. Livres et cahiers, si précieux dans les villages démunis de brousse, sont jetés par terre au milieu d'une allée, puis enflammés par les djihadistes qui emportent avec eux leurs otages. Dans la localité voisine de N'Gorodia, un sixième enseignant est aussi enlevé. Le message est clair : l'enseignement du français est désormais prohibé dans les écoles.
Les enseignants, cette nouvelle cible des djihadistes
Par Patrick Forestier
Publié le 28/10/2019 à 12:35 | Le Point.fr