Scission de l’Université de Bamako en quatre nouvelles entités : Le SNESUP exige d’ATT l’annulation de la mesure

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Le 14 juillet 2011, sur proposition du ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Siby Ginette Bellegarde,  le Conseil des ministres a pris la décision d’éclater l’Université de Bamako en quatre universités en vue d’une gestion efficace des problèmes liés à la pléthore des étudiants. Au moment où tout marche à merveille pour cette mesure,  le Comité exécutif national du syndicat national de l’enseignement supérieur (CEN-SNESUP) vient d’adresser une lettre de protestation au président de la République. En effet, dans sa lettre No. 11-028 CEN-SNESUP, le syndicat demande au président ATT l’annulation du morcellement de l’Université de Bamako en quatre entités.

Cette lettre du syndicat national de l’enseignement supérieur tombe comme un coup de massue dans les immenses efforts déployés par le Gouvernement à travers le département de tutelle pour sortir l’enseignement supérieur au Mali de sa léthargie. En effet, la décision de scinder l’Université de Bamako en quatre nouvelles entités est le fruit d’un travail de large consensus entre les différents acteurs de l’école. C’est pourquoi, l’on est en droit de se demander ce que cherche réellement le CEN-SNESUP et surtout, cette protestation tardive car la décision de scission remonte à quelques mois.

 

Pour comprendre un peu les enjeux de cette mesure qui va certainement révolutionner l’enseignement supérieur au Mali, il faut faire un clin d’œil au monde du travail qui a amené le Gouvernement à adopter un document de politique nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique dont l’objectif est de faire de ce sous-secteur un des piliers du développement économique et social.  

 

Conscient de la faiblesse du système d’enseignement supérieur d’une part, du rôle éminent de l’enseignement supérieur dans le développement d’un pays d’autre part, le président de la République a défini dans sa lettre de cadrage au Premier ministre les grandes lignes des nouvelles orientations de ce sous-secteur à savoir : adapter les programmes de formation aux besoins réels du marché de l’emploi, remodeler notre Université pour en faire un moteur d’innovation et de développement. C’est tout cela qui fait que la lettre du CEN-SNESUP apparaît comme une pilule difficile, voire impossible à avaler. Pourtant, le syndicat se dit conscient de l’acuité du problème de pléthore à l’Université de Bamako mais ajoute que la gestion des problèmes évoqués par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique ne peut justifier le découpage atypique actuel de l’Université de Bamako en quatre nouvelles universités.

     Dans cette même lettre adressée au président de la République, le CEN-SNESUP dénonce l’unilatéralité de la décision de découpage de l’Université de Bamako. Cependant, à partir des informations que nous avons recueillies, il semble que le syndicat qui dénonce ait été bel et bien associé à toutes les démarches et à toutes les négociations. Lors du Forum national sur l’éducation, tous les acteurs de l’école malienne, quels qu’ils soient, s’étaient patriotiquement engagés à mettre l’école au-dessus de tout, surtout des intérêts personnels et corporatistes. A peine, les mesures chocs initiées commencent à porter leurs fruits que certains acteurs sortent des rangs et compromettent le succès de la mesure.

Il est important de signaler que c’est dans le souci d’offrir de meilleures conditions de vie et aux professeurs et aux étudiants qu’il a été décidé de fermer les résidences universitaires en vue de les rénover et confier dorénavant leur gestion au Centre national des œuvres universitaires (CNOU). C’est d’ailleurs le lieu de saluer l’engagement des responsables et militants de l’AEEM qui ont fait preuve de maturité en acceptant d’aller vers cette nouvelle donne.

 

La scission de l’Université de Bamako en quatre nouvelles entités répond au seul souci de doter enfin notre pays d’un système d’enseignement  et de recherche plus performant et capable de concilier les impératifs de développement du pays et la compétition internationale. Une des solutions trouvées passe nécessairement par l’éclatement de l’Université de Bamako et sa transformation en quatre entités. 

 

 

En demandant au président de la République, Amadou Toumani Touré,  d’annuler la décision d’éclatement de l’Université de Bamako en quatre nouvelles entités, le syndicat de l’enseignement supérieur  met le Chef de l’Etat en très mauvaise posture quand on sait que les moyens déployés pour une rentrée académique groupée, qui constituera un nouveau départ,  sont colossaux.

Diakaridia YOSSI


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