Fait divers : Moussa et Maï

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    Morale de l’histoire : le chef de famille doit toujours se comporter en responsable. Et une mère doit être généreuse envers tous les enfants, à l’instar de la poule couvant les œufs de pintade comme les siens. 

    Maï est orpheline depuis le bas âge. Sa mère  ayant été tuée à la suite d’un accident de la route. Son père, Moussa, a dû prendre une autre épouse afin de l’aider à s’occuper d’elle. Du moins, c’est ce qu’il espérait.

    Mais c’est plutôt le contraire que lui faisait voir Fifi, sa marâtre, chaque fois son père avait le dos tourné. En plus des travaux domestiques, y compris ceux au-dessus de ses forces, elle lui faisait subir toutes sortes de maltraitances. Ces corvées et sévices, elle les subissait cependant sans broncher ni souffler mot à son père. Mieux, elle réalisait même l’exploit d’être toujours la première de sa classe.

    Maï devenait de plus en plus belle et adorable. Car, en plus de sa beauté éblouissante qui attirait toujours l’attention sur elle, elle était respectueuse et toujours prête à rendre service à son prochain.

    Ainsi, un beau jour, au cours d’une promenade avec ses amies, elle fit la connaissance de Lamine, un jeune qui tomba sous son charme. Après trois mois de cour assidue du jeune homme, Maï  finit par lui céder. Ce qui devait arriver arriva : elle tomba enceinte.

    Quand elle en informa Lamine, ce dernier en était très content. En revanche le pire était à craindre du côté de sa famille. En effet, Fifi une fois mise au courant, commença à exercer une vive pression sur son époux pour qu’il chasse Maï de la maison.

    Mais une telle décision n’était point facile à prendre pour Moussa. Il avait promis à sa défunte épouse de bien prendre soin de leur fille quoiqu’il arrive. Or voilà que sa nouvelle lui exige de la flanquer à la porte. Il était en proie à un véritable dilemme : choisir entre sa fille et sa femme. Il chassa donc cette dernière.

    La jeune dame était tourmentée : désormais exclue de son univers familial, et probablement de l’école où il n’était plus question d’aller dans son état.

    Elle expliqua sa situation à Lamine qui lui offrit de partager son toit en attendant. Il tenta ensuite de faire les fiançailles mais le père de Maï refusa. Au motif que car sa femme, Fifi, n’est pas d’accord avec une telle union.

    C’est alors que les masques tombèrent car son hostilité envers la fille de son époux n’était pas due au fait qu’elle n’était pas sa vraie mère. Pas non plus parce qu’elle a commis un acte intolérable. Mais tout simplement parce que Saran, la première fille de Fifi, a toujours été jalouse de Maï dont la beauté faisait d’elle la coqueluche du quartier. Elle était amoureuse de Lamine qui avait jeté son dévolu sur Maï.

    Des mois plus tard, elle accoucha d’un garçon. Un bonheur n’arrivant pas toujours seul, Lamine fut recruté dans une agence de communication où il devint l’adjoint du directeur avec un bon salaire. Le couple commença à goûter au bonheur. Pris de remords Moussa le père de Maï entreprit de partir à la recherche de sa fille. En vain. Qu’est-ce qu’elle a bien pu devenir, s’interrogeait-il sans cesse. Le remords petit à petit céda le pas à la mélancolie.

    Assis dans son salon un dimanche, en proie au découragement total, Moussa entendit frapper à la porte. Lorsqu’il l’ouvrit, il n’en crut pas ses yeux : se tenaient devant lui Maï Lamine et un enfant. L’histoire ne dit pas si sa femme était là ou non ni qu’elle a été sa réaction.

    Ce qui est sûr, c’est que la joie était à la mesure des retrouvailles entre Maï et son père qui égorgea un gros bélier.

    Mamadou Daouda Traoré

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