Au Tchad : la mise en place du CNT divise les acteurs

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Depuis la mise en place du Comité de désignation des membres du CNT, le 13 juin 2021, le ton monte du côté de la classe politique et la société civile tchadiennes. 

L’ancien président tchadien, Idriss Déby Itno est décédé en avril 2021, suite à des blessures par balle reçue alors qu’il conduisait ses troupes sur le champ d’honneur. Dès l’annonce de son décès, un Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par son fils, Mahamat Idriss Déby, a été mis en place.

Tentative de « confiscation du pouvoir »

Le CMT, une fois sur place, a dévoilé une charte de la transition composée de trois organes : le conseil militaire de transition, le Conseil national de transition et le gouvernement de transition. Le président du Conseil militaire de transition est celui qui choisit et nomme les membres de chacun des autres organes. Durant les dix-huit (18) mois de la transition, il assure les fonctions de président, de chef d’État et de chef suprême des armées.

Depuis son adoption, cette charte est rejetée par l’opposition tchadienne qui demande un retour à l’ordre constitutionnel. Malgré tout, le CMT poursuit son travail. Le week-end dernier, il a mis en place le comité chargé de la désignation des futurs membres du Conseil national de transition (CNT). Une fois désignés, les 93 membres du CNT auront la charge de rédiger la nouvelle constitution du Tchad, durant les seize (16) mois restants.

La désignation de ce comité a mis le feu aux poudres. Ce Comité est assez dénoncé par des partis d’opposition ainsi qu’une frange de la société civile comme une tentative de « confiscation du pouvoir » par le CMT.

Un Comité taillé sur mesure ?

Le mouvement de la société civile « Wakit Tama » juge cette mise en place de « complaisant ». Pour le parti d’opposition « Les Transformateurs », il s’agit d’une tentative pour « mettre les Tchadiens devant le fait accompli ». Succès Masra, président des Transformateurs, estime qu’il fallait au préalable une « conférence nationale souveraine et inclusive », avant la mise en place des organes de la transition. Mais, indique Alain Kemba, coordinateur national du mouvement citoyen le Temps, sur les antennes de RFI, le CMT est plutôt dans une course contre la montre.

Le syndicaliste Barka Michel, membre du mouvement de la société civile Wakit Tama, indique également que cette Conférence nationale souveraine était importante afin d’aller à des élections libres, transparentes et crédibles.

De par sa composition, ce Comité semble ne pas inspirer confiance. Certains estiment qu’il est composé en grande partie de personnalités issues de l’ancienne majorité. Une version niée par le pouvoir en place selon lequel toute la classe politique tchadienne y est représentée. « Ce comité-là représente déjà les principales forces politiques actuelles. Celles qui, en tout cas, ont été par le passé légitimées par le suffrage universel et celles qui ont un poids politique réel dans le pays », précise Abderaman Koullamallah, ministre de la Communication.

Pourtant, la présidence  du Comité de sélection est assurée par le général Djimadoum Tiraina, un fidèle du défunt président Idriss Déby Itno. Il est aussi le vice-président du Conseil militaire de transition.

Fousseni Togola

Source : https://saheltribune.com

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