Colonel Daoud Ali Ould Mohammedine, Commandant de la région militaire de Mopti : «Le militaire malien est bien engagé à lutter contre le terrorisme. C’est le vecteur aérien qui nous manque»

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La région militaire de Mopti est au cœur des régions militaires du Mali, entre Ségou et Tombouctou d’un côté et de Gao, de l’autre. Cette région fait face aux combattants du jihadiste Hamadoun Koufa dans les zones géographiques du Macina et du Séno,  dont les populations soutiennent la bonne marche de la paix. Toute chose que les militaires ont comprise à travers le Commandant de zone qui a initié plusieurs opérations. En marge de la visite des 15 membres du Conseil de sécurité à Mopti, nous avons échangé avec le Commandant de la région militaire de Mopti, Daoud Ali Ould Mohammedine. Interview !

 

Quelle est la situation sécuritaire après certaines missions de vos hommes sur le terrain ?

 

Colonel Daoud Ali Ould Mohammed : Il y a eu beaucoup d’opérations à Mopti, qui sont finies, mais nous continuons. Actuellement, il y a des opérations en cours. Ça continue tous les jours, je n’entrerais pas dans les détails des opérations. Comme je l’ai dit, la situation sécuritaire est calme, mais c’est en dents de scie. Il y a des semaines où ça se tasse et juste après, on a quelques rebondissements avec des cas d’enlèvements, d’assassinats, de règlements de comptes. Pour autant, nous nous impliquons à fond ; l’armée malienne est toujours présente. Avec la participation de nos partenaires techniques, la Minusma et la force Barkhane, la situation sécuritaire est relativement calme mais toujours imprévisible.

 

La proximité avec Ségou ne vous inquiète pas avec tout ce qu’on voit à Macina, surtout avec les derniers incidents ?

 

Non. Actuellement, j’ai des gens à Macina ; des militaires qui sont de ma région, la région de Mopti. De mon poste de sécurité de Ténenkou, je les ai envoyés, parce que, moi, je ne suis pas trop dans une logique de région ; je suis dans une logique de pays. Donc, quand il y a quelque chose qui se passe proche d’une de mes forces, je les envoie. Je ne vois pas la matérialisation région de Ségou, région de Mopti. C’est le délai d’intervention que moi je vois plutôt ; ce qu’il faut faire pour rapidement sauver et rassurer la population.

 

Qu’est-ce qui manque à vos hommes actuellement ?

 

C’est ce que je dis toujours : le militaire malien est bien engagé à lutter contre le terrorisme. C’est le vecteur aérien qui nous manque. Ce n’est pas facile pour un pays pauvre comme le nôtre d’avoir le vecteur aérien souhaité, pour faire face à cette mission. C’est juste cela et je pense que nos autorités militaires ont bien compris ce message, car tout cela est en voie d’être concrétisé, dans un bref délai. Je pense que ça va aller parce que nous avons des hommes déterminés au front.

 

Dans quel contexte placez-vous la visite du Conseil de sécurité de l’ONU ?

 

Je le mets dans un contexte de bonne visibilité, vu que le Conseil de sécurité s’est déplacé pour venir voir ce qu’on fait, ce qui est fait et ce qu’on doit faire. Nous, ça nous rassure et on se dit qu’il y a derrière nous une grande structure qu’est le Conseil de sécurité des Nations-Unies. Elle est venue nous voir, s’enquérir de nos réalités sur le terrain. Elle pouvait rester à New York, et puis chercher à savoir juste des informations sur ce qui se passe. Mais, venir sur le terrain, c’est important car comme on le dit : «voir une fois vaut mieux qu’entendre plusieurs fois». Donc, en venant nous voir, ça nous rassure qu’il y a des gens qui sont à notre écoute.

 

Propos recueillis par Kassim TRAORE

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