Libération des otages du CICR : Iyad Ag Ghaly et le MNLA étalent leur complicité

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Il a suffi que la force française Barkhane arrête quelques hommes officiellement affiliés au MNLA pour qu’en riposte, le chef terroriste  d’Ançardine enlève 3 agents humanitaires de la Croix Rouge. La suite est encore plus édifiante sur la complicité opérationnelle entre les terroristes et les rebelles.

Suite à l’intervention militaire française de janvier 2013, le MNLA, mouvement indépendantiste du nord-Mali, a été ménagé; à l’instigation de la France, il a été considéré comme un groupe non terroriste avec lequel le Mali devait négocier. Usant de ce blanc-seing, plusieurs terroristes touaregs, pour échapper aux foudres des soldats français et onusiens, ont vite rejoint les rangs du MNLA. Dans plusieurs articles, votre journal avait attiré l’attention sur cette combine qui se tramait au nord, avec la bienveillante complicité du MNLA. De plus, les obus n’ont pas cessé de tomber dans le camp tenu par la MINUSMA à Kidal, ville pourtant occupée, du moins officiellement, par le groupe non terroriste qu’était censé constituer le MNLA. Tout cela n’a pas, hélas!, permis de faire comprendre à la communauté internationale que les  Ag et Ould qui s’affichent au MNLA sont les mêmes qui animent le groupe terroristes Ançardine et ses           alliés. Les événements qui se déroulent depuis quelques semaines viennent conforter nos dires, en soulignant la connexion absolue entre le MNLA et le groupe terroriste Ançardine d’Iyad Ag Ghaly.

Manifestants pro-Iyad

7 avril 2016 à Kidal. Le MNLA tenait son troisième congrès qui dure jusqu’au 9 avril. Dans un message adressé aux congressistes, le chef terroriste Iyad Ag Ghaly classe l’Etat malien et la France au rang de « premiers ennemis du peuple de l’Azawad ». Pour lui, la victoire sur l’Etat du Mali va de pair avec le combat contre la France. Iyad exhorte les combattants du MNLA: « Vous ne serez débarrassés du colon malien que lorsque vous aurez combattu son père (protecteur),  la France ! ». Précisant ses liens avec le MNLA, Iyad Ag Ghaly déclare: « Nous ne combattons pas le MNLA, ni ses sympathisants; nous combattons une partie du MNLA qui appuie la France et Barkhane… La France est votre ennemi, peuple de l’Azawad, car c’est elle qui nous a apporté le Mali en 1960! ».

Quelques jours plus tard, le 12 avril, 3 soldats français meurent après que leur véhicule a sauté sur une mine posée par les terroristes à Tessalit. Ançardine revendique l’attentat. C’est une exécution claire des menaces proférées par Iyad dans son message aux congressistes du MNLA. Suite à ce drame, les Français ouvrent une enquête qui aboutit à l’interpellation, le même mardi 12 avril, de 8 combattants du MNLA. Parmi les personnes arrêtées figurent deux hauts gradés du MNLA: M’barek Ag Mossa et Ahmed Ag Barka.

Le 16 avril, coup de théâtre : 3 travailleurs humanitaires de l’antenne malienne du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sont enlevés. Le lendemain 17 avril, Ançardine revendique l’enlèvement. A travers la voix d’un de ses responsables, Nourredine Ag Mohamed, le groupe terroriste exige que la force française Barkhane libère Miyatène Ag Mayaris, un combattant d’Ançardine détenu par les soldats français. Curieusement, les populations de Kidal, pourtant contrôlées par le MNLA, manifestent le 18 avril  pour protester contre ce qu’elles appellent des « arrestations arbitraires » effectuées par les soldats français. Les manifestants, qui sont les mêmes que le MNLA a utilisée contre la visite la visite à Kidal des premiers ministres maliens Oumar Tatam Ly et Moussa Matra, entrent par effraction, vers 10 heures, sur la piste de l’aéroport, zone d’accès restreint, saccageant et mettent le feu aux installations sécuritaires.Ils prennent le contrôle de l’aéroport malgré la mort d’un d’entre eux, Attaher Ag Baba, tué par les casques bleus qui avaient pour mission de protéger l’aéroport. Les choses s’éclaircissent davantage quand ces manifestants exigent des Français de libérer tous leurs détenus, coupables de crimes ou non (voir communiqué). Selon un militaire guinéen de la MINUMA joint par l’AFP, « les manifestants demandent la libération de tous  les Touaregs arrêtés par les Français de l’opération Barkhane, accusés d’être complices des terroristes qui ont récemment posé des mines ayant tué 3 militaires français ». Les manifestants refusent de quitter la piste d’atterrissage de l’aéroport tant que leurs revendications n’auront pas été satisfaites. Dans le communiqué qu’ils diffusent dans la foulée, ils « rappellent » à l’ »ex-colon français » que « le peuple de l’Azawad se trouve sur son territoire », un territoire dont « l’ex-colon avait cru pouvoir réussir l’annexion définitive au Mali il y a de cela plus de 56 ans ».

C’est sous cette forte pression que la force Barkhane libère, le 20 avril 2016, le nommé Ghya Ag Intawa. En contrepartie de cette libération, Ançardine procède aussitôt à la libération des 3 humanitaires que ce groupe terroriste avait enlevés. Conclusion: les manifestants se battaient, sans le dire, pour le compte d’Ançardine. Or, ils n’auraient jamais voulu ni pu manifester sans l’aval du MNLA qui, avec ses alliés du HCUA, contrôlent Kidal et jurent n’avoir aucun lien avec Ançardine. La libération des 3 humanitaires par Ançardine prouve le contraire : elle montre que ce groupe terroriste a obtenu, ne serait-ce qu’en partie, satisfaction et que l’homme libéré par la force Barkhane est un terroriste dont la libération était pourtant réclamée par les manifestants du MNLA. On notera enfin que ces manifestations ne se sont déclenchées que quand, après la mort de leurs 3 soldats, les Français ont arrêté des terroristes qui se réclament du MNLA.

Iyad, le vrai parrain de la CMA

En réalité, vouloir créer une différence entre la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et le chef terroriste Iyad Ag Ghaly relève d’une grande naïveté ou, pis, de la mauvaise foi.

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