Rencontres communautaires : Le nouveau fonds de commerce

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Violences au Nord : la série continueLes rencontres communautaires ont la côte ces derniers temps dans le Nord du Mali. Pourtant, elles sont loin d’être l’approche idéale pour le retour de la cohésion. Et pour cause, les financements qu’engrangent ces activités ont pris le pas sur la cohésion sociale recherchée. C’est un fonds de commerce auquel l’on assiste sur le terrain.

 

Censée concourir au retour de la paix et de la réconciliation, la multiplication des rencontres communautaires produit plutôt l’effet contraire. En plus de diviser les communautés, elles sont devenues de plus en plus un fonds de commerce pour certains acteurs du processus de paix et des fonctionnaires de l’Etat.

Ici, c’est un marché à ciel ouvert qui se développe où chaque projet mobilise des millions. Un système de rente où des individus s’associent et utilisent les noms d’innocentes communautés pour se faire de l’argent facile. Ainsi, depuis quelques mois, le ministère de la Réconciliation nationale est devenu le centre névralgique de ce nouveau concept. En un mois, ce sont plusieurs rencontres communautaires qui ont eu lieu dans les localités du Nord.

De la rencontre d’Anefis à celui de Gao en cours, en passant par celle qui s’est déroulée à Tombouctou, c’est la face cachée de la crise qui est plutôt visible : le manque de confiance entre les différentes communautés alors que l’objectif de ces foras est de briser la grâce. Car, en amont, elles ne sont pas consultées par les organisateurs de ces regroupements le plus souvent improvisés.

Le hic est que l’impact de ces assises sur le retour de la paix reste mitigé et les populations sont imprégnées de la question de réconciliation et du vivre-ensemble prôné par les plus hautes autorités.

En d’autres termes, l’idéal aurait été d’associer les communautés de base, les acteurs du processus de paix (CMA, Plateforme) afin de garantir l’inclusivité. Ce principe a été occulté par bon nombre d’initiateurs de rencontres communautaires qui s‘enferment dans des thématiques à la mode.

Aujourd’hui, c’est un constat patent : la réconciliation, la paix et autres thèmes ayant trait au processus sont vite financés par les partenaires. La seule condition est que le ministère de tutelle donne sa caution qui est devenu le cœur de cette mafia organisée sur le dos des populations.

Pour toutes ces raisons, des voix se sont élevées pour demander à ce que ce volet puisse être confié à la commission vérité justice et réconciliation.

Alpha Mahamane Cissé

 

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