Diaspora : A quand la fin du calvaire des immigrés maliens ?

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Le Mali d’aujourd’hui fait face à l’une des plus dures périodes de son histoire post-indépendantiste. Secouer par une crise multidimensionnelle depuis mars 2012, la situation semble évoluer de mal en pire vu les souffrances de la population. Le régime en place, élu dans des situations controversées, peine à trouver des réponses adéquates aux différents défis qu’il fait face. Cette réalité indéniable frappe non seulement les Maliens vivant dans le pays ainsi que ceux de la diaspora. Ces derniers, avec divers statuts d’immigrés (réfugiés, étudiants, travailleurs etc.) sont livrés à eux-mêmes dans bien de pays. La défense des intérêts moraux, matériels et du bien-être de chaque citoyen vivant à l’intérieur ou dans la diaspora est une obligation constitutionnelle pour l’Etat. Il doit veiller sur les citoyens où qu’ils se trouvent, ce qui se traduit par l’extension des services étatiques via nos ambassades et consulats à l’étranger. Si le slogan de campagne du régime actuel était ‘’Le Mali Avance’’, la réalité après, 06 mois de gouvernance se retrouve trahit par ce concept. Grève des enseignants, des médecins, des agents de la collectivité territoriale, montée en puissance de l’insécurité avec pas moins de 300 morts du début de cette année 2019 à nos jours, un risque aigu de conflit ethnique entre dogon et peuhl et le tout accompagné par de multiples scandales de corruption au sommet de l’Etat. Les Maliens à l’intérieur comme l’extérieur peinent à garder l’espoir et se retrouvent sur un chemin aux issues peu prometteuses concernant leur avenir.

 Manque de responsabilité…

Selon plusieurs témoignages venant de la diaspora, nos compatriotes ne sentent vraiment pas une application effective des obligationsde l’Etat, citées ci-dessus, à leur endroit. Abus de pouvoir, arrestations arbitraires, mauvaises conditions de détentions sont entre autres des mots décriés par un Malien vivant en Algérie dont nous avons pu recueillir le témoignage. Cet homme nous a fait savoir que l’ambassade et le consulat du Mali en Algérie ne sont vraiment pas à la hauteur des tâches qui leurs sont confiées. Pour avoir des simples pièces d’identités comme la carte NINA, il te faudra attendre, après la demande, quatre à cinq mois pour l’obtenir y compris la carte consulaire. Les Maliens arrêtés dans des situations irrégulières sont détenus dans des conditions déplorables violant tous leurs droits de détention et sont souvent refoulés dans le désert à la frontière Mali-Algérie. Livré à eux-mêmes, avec tous les dangers possibles, ils ne constatent aucune réaction de nos autorités sur place. Ceux de l’Angola, dont le ministère des Maliens de l’extérieur a pu faire évacuer une bonne partie, vivent également la même tragédie au niveau de leur sécurité sous l’impuissance de nos représentations diplomatiques.Au niveau de nos étudiants de la diaspora, nous avons pu nous procurer de la copie d’une lettre adressée au ministre des Maliens de l’extérieur par M. Alassane, un représentant des étudiants maliens vivant au Ghana. Ce jeune étudiant, dans cette lettre, interpelle le ministre sur de nombreux problèmes comme ceux liés aux difficultés d’obtentions des documents comme les pièces d’identités. Selon ses dires, ils sont obligés de revenir au pays afin de pouvoir se procurer de passeport et d’autres documents administratifs.

 Des grands acteurs du développement

Un Etat stratège est celui qui, dans sa gestion, utilise, comme levier de gouvernance, tout secteur qui a ou qui peut avoir un apport considérable dans le développement du pays. L’apport des Maliens de l’extérieurdans le développement du pays est plus que considérable. Selon le Président du Haut Conseil des Maliens de l’extérieur, avril 2017, la contribution économique de la diaspora est passée de 360 milliards en 2012 à plus de 483 milliards en 2017. Cette somme est directement destinée à des projets sociaux de base qui accélèrent le développement de nos collectivités les plus reculées. Nul, dans l’un des pays les plus pauvres du monde, ne doit négliger un tel secteur vu son apport économique. Et considérant les difficultés dans lesquelles nos compatriotes arrivent tant bien que mal à faire une telle contribution, nous pouvons bien croire qu’ils pourraient l’augmenter considérablement si les autorités en charge de leurs problèmes arrivaient à les résoudre. Nous avons, selon les chiffres du HCME, plus de six millions de nos compatriotes dans la diaspora dont une bonne partie est des citoyens actives et des émigrés économiques. Parti dans la recherche d’opportunité d’emploi afin de contribuer au développement du pays, ces bras valides ont juste besoin de l’assistance de l’Etat pour l’atteinte de but.

 

De l’espérance d’une prise d’une réaction rapide et efficace…

Au cours de la session ordinaire du conseil d’administration du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur, tenu ces 22 et 23 mars à Bamako, ce fut l’occasion entre le ministre en charge de des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, M. Yaya Sangaré et le bureau du HCME d’échanger sur la situation du terrain. Le ministre a annoncé les grandes réalisations de l’Etat comme la construction de la maison des Maliens de l’extérieur à hauteur d’un milliard de FCFA financé par le budget national. Il a annoncé la volonté de l’Etat de jouer pleinement son rôle envers nos compatriotes de l’extérieur dans tous les secteurs. Outre cette rencontre, ce département en charge de nos compatriotes de la diaspora a été saisi directement par ces derniers à travers de nombreux documents qui lui ont été adressés.  Ces problèmes déplorables qui ont tous été rapportés par Mme Tiguida Diagouraga, Malienne résidant en France qui se bat jour et nuit pour ses semblables, attendent des solutions aussi efficaces que rapides afin que l’immigration de nos compatriotes, qui jouent un rôle capital dans le développement de notre pays ne puisse causée leur perte.

Ousmane Dembélé

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