Perspectives politiques : La pandémie ne dédouane-t-elle pas nos gouvernants ?

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Au-delà de l’émoi suscité par l’hécatombe et le traumatisme lié à la pandémie, le covid-19 a le mérite de ranger plusieurs agendas politiques au placard.

-Maliweb.net- Si en France, les dégâts liés au coronavirus ont conduit à reporter récemment le second tour des élections communales, au Mali, le gouvernement a maintenu le scrutin législatif du 29 mars. Ce qui suscite bien de critiques et de désapprobations. Surtout de la part des acteurs politiques qui étaient sceptiques quant aux conditions d’élections paisibles et transparentes dans le pays.

Ainsi, nos gouvernants, sous la menace de la pandémie, prennent des mesures conjoncturelles inversant les priorités. C’est dans ce sens que le président IBK a annoncé qu’une enveloppe financière de 6,3 milliards F CFA a été affectée aux mesures de prévention de la pandémie. Maitrise-t-on les circuits de dépenses de ces fonds ? Nul ne cherchera à tirer trop sur la corde de la transparence. Le moment ne s’y apprête pas. C’est en cela que le gouvernement est dédouané des régles d’orthodoxie dans la gestion des finances publiques.

En outre, les dossiers chauds de l’agenda gouvernemental sont tous relégués au second plan. Il s’agit par exemple de l’agenda des discussions avec les chefs terroristes Iyad Ag Ghaly et Amadou Kouffa, des grèves récurrentes dans le système éducatif, de la question de la tension de trésorerie de l’Etat,  vie chère en cette avant-veille du mois du ramadan, etc.

Tout se passera désormais comme si le président IBK et son gouvernement bénéficie d’un délai de grâce pour un pilotage à vue du fait de la menace de la pandémie du coronavirus. Peut-on aujourd’hui organiser une quelconque manifestation pour dénoncer des actes du gouvernement ? Impossible. Les gouvernants bénéficieront donc d’une sorte de compassion pour agir, sans cette sorte d’épée de Damoclès des risques de manifestations populaires.

Surtout qu’à travers certaines mesures interdisant les rassemblements de plus de 50 personnes, les gouvernants se donnent un boulevard pour agir sans aucun risque de dénonciation émanant du peuple. Celui-ci étant plus que terrorisé par la menace de la pandémie. C’est dans ce sens qu’aucune velléité de contestation électorale ne peut prospérer. C’est donc une sorte de pacte de non-agression tacite qui est ainsi délivré aux gouvernants. Une sorte de chèque en blanc pour des magouilles et des malversations au profit de ceux qui nous gouvernent.

Ainsi, comme on le voit cette crise du coronavirus semble avoir aussi le mérite de dédouaner nos gouvernants, dont les priorités ont changés. Les exigences de probité et de transparence dans la gestion publique aussi.

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

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3 COMMENTAIRES

  1. es exigences de probité et de transparence dans la gestion publique sont les cles du programme d’ibk, on devrait y penser plus souvent les amis

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