Biographie de Konimba Sidibé

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Konimba Sidibé est né le 18 octobre 1956 à N’Djiballa, dans le cercle de Dioïla, à environ 150 km au sud-est de Bamako. Il aurait tout aussi bien pu s’appeler «Sadio Sow», puisque les prénoms «Konimba» et «Sadio» sont habituellement attribués, au Mali et dans d’autres pays soudano-sahéliens, à l’enfant naissant après des jumeaux et que «Sidibé» et «Sow» ne sont rien moins que deux noms peulhs identiques. Sa maman, Ba’Fanta Sangaré, plus connue sous le sobriquet Nya, disparaîtra en 1979 alors que le jeune Konimba avait 23 ans. «Une douleur insoutenable» avoue-t-il encore aujourd’hui, 34 ans après. Douze ans plus tard, en 1991, son père, l’adjudant Bakary Sidibé, un ancien de la seconde guerre mondiale, décédera à son tour laissant derrière lui un homme de stature nationale qui occupera de hautes fonctions comme Ministre du Contrôle Général d’Etat chargé de l’audit de la gestion des ressources publiques. Il avait alors à peine 35 ans. La légende locale qui prétend que l’enfant né après les jumeaux est doté de pouvoirs surnaturels lui permettant de réaliser de grandes choses serait-elle en voie de revêtir la forme d’une réalité intangible ?

C’est une fois en France, en 1975, qu’il sera véritablement atteint du virus de la chose politique. Inscrit à l’Université de Paris I Panthéon Sorbonne, qui a succédé en 1975 à La Sorbonne, l’un des plus prestigieux hauts lieux du savoir en France et à l’Ecole Normale Supérieure Technique de Cachan, aux portes de Paris, un des symboles français de l’excellence dans la formation des cadres supérieurs, Konimba décroche l’agrégation en économie en 1981 et le doctorat en économie du développement en 1985. Malgré l’ampleur et les contraintes de ses programmes d’études, il s’investit à fond dans le mouvement syndical des étudiants, une école d’apprentissage politique qui lui fera découvrir les arcanes de la gestion des affaires publiques en Afrique. Il milita au sein de l’incontournable et toute puissante Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) (créée en 1950 et dissoute par le gouvernement français en 1980) et de l’AESMF (Association des Étudiants et Stagiaires Maliens en France).

De retour au Mali en 1985, il poursuit la lutte contre le régime du Président Moussa Traoré en place taxé d’autoritarisme voire de dictature. Le 18 octobre 1990, est créé à Bamako le Comité National d’Initiative Démocratique (CNID) qui se muera plus tard en parti politique «CNID–Faso Yiriwa Ton». La nouvelle association est la première organisation à défier ouvertement le régime de Moussa Traoré. Konimba y adhère et participe avec 10 000 personnes à une manifestation pacifique le 10 décembre 1990, jour de la commémoration de la Déclaration universelle des Droits de l’homme par les Nations Unies. Tout un symbole pour ce militant ô combien défenseur des droits fondamentaux ! La contestation du régime en place s’amplifie. Les marches se multiplient, énergiquement réprimées. Le Mouvement Démocratique regroupant plusieurs associations et organisations s’enhardit. Et le 26 mars 1991, Moussa Traoré est renversé, remplacé par Amadou Toumani Touré (ATT). Participant à l’historique Conférence Nationale (29 juillet 12 août 1991), Konimba attire l’attention sur lui grâce à ses interventions pertinentes dénonçant la gabegie et la corruption qui caractérisaient alors la conduite des affaires publiques, à tel point que, tout naturellement, durant la transition démocratique (91-92), on lui confia le ministère chargé du Contrôle Général de l’État pour assainir la gestion des affaires publiques. Il démontra brillamment la défectuosité du système de contrôle de l’État malien et livra un combat homérique sans complaisance contre les auteurs de détournements des biens publics, tant et si bien qu’on le baptisa spontanément «Ministre ko-kadjé» (ko-kadjé, en bambara signifiant «laver blanc»).

En 1995, Konimba Sidibé et d’autres compagnons de lutte quittent le CNID Yiriwa Ton pour fonder le Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA). Un an avant, il avait créé «Koni Expertise», un cabinet d’études, de conseil et d’assistance à des structures publiques et privées qui lui permettra de procéder à une exploration approfondie des réalités économiques et sociales du Mali et par là-même avoir une perception réelle et pointue des problèmes de gouvernance du pays. «Il a une connaissance minutieuse des questions de gestion du Mali que peu d’experts maliens et étrangers possèdent», reconnaît un de ses collègues de la commission «économie & finances» de l’Assemblée nationale du Mali où il a été élu en 2007 pour le compte de la circonscription du Cercle de Dioïla. Avant la création de son cabinet de consultation en 1994, il officiait déjà dans divers établissements d’enseignement supérieur maliens depuis 1985. Aujourd’hui encore, il dispense des cours de contrôle de gestion à l’Ecole Supérieure de Gestion (ESG) de Bamako dont il est l’un des promoteurs.

En avril 2013, il rompt avec le PARENA et s’en explique dans un journal malien : « Je crois que tous ceux qui ont suivi mon parcours politique, ces dix dernières années, se sont rendu compte qu’il existait un véritable décalage entre mes prises de position politiques, et les actions que je menais par rapport à mon parti. J’ai cru que c’était une situation qui avait duré assez longtemps et qu’au bout du compte, à partir d’un certain moment, ça devenait difficile puis impossible à assumer. C’est avec beaucoup de regrets que j’ai dû mettre fin à un compagnonnage vieux de plus de 30 ans avec certains camarades du PARENA, avec lesquels je me suis battu depuis que j’étais étudiant jusqu’à maintenant». La décision de créer une nouvelle formation politique ne se fera pas attendre et interviendra quelques jours après. Le 20 avril 2013, le Mouvement pour un Destin Commun (MODEC) a été porté sur les fonts baptismaux pour mener «la bataille pour un nouveau type de gouvernance dans ce pays ». Présidé par Konimba Sidibé en personne, le parti a pour devise «Fraternité ! Travail ! Justice !». Sa direction comprend 35 membres élus pour un mandat de quatre ans renouvelable une seule fois, y compris le poste de président du parti. La nouveauté liée au fonctionnement démocratique du MODEC est de rompre avec les pratiques en cours dans beaucoup de formations où le parti est la «propriété d’un seul individu» qui le dirige selon son bon vouloir et nomme qui il veut aux fonctions. Par ailleurs, toutes les décisions importantes ne relèveront pas de la seule direction du parti.

Depuis le vendredi 15 janvier 2016, Konimba Sidibé a été nommé ministre de la Promotion de l’investissement et du Secteur privé, dans le gouvernement Modibo Keïta III. Konimba Sidibé en lui-même, une passion pour le Mali ! «Un homme dont le dévouement pour son pays est tel qu’il en vient à s’oublier lui-même» constate un de ses collègues députés. Konimba est marié à Fatoumata Cissé, expert comptable. Il a cinq enfants, trois filles et deux garçons.

Diomansi BOMBOTE

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2 COMMENTAIRES

  1. Pourtant ce n’est pas ce que Konimba lui même dit. Il a travaillé avec ces hommes du Parena pendant plus de vingt ans quand même. Il serait intéressant de chercher la cause de la rupture avec le Parena dans le soutien à peine voilé de Konimba aux putschistes de Kati. Faites vos recherches. Sinon, il n est ni plus patriote, ni plus intégre que Tiebilé, PPR ou Diabate ( qu il reconnaît par ailleurs comme sa référence en politique)

  2. Félicitation et la bienvenue à Konimba SIDIBE: un des cadres les plus honnêtes et les plus transparents du Mali actuel.Je me demande ce que vous faisiez avec les Tièblé DRAME, PPR… au PARENA avec qui vous ne partagez aucune valeur en commun! 🙄

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