Lettre à grand-père : J’ai fait un rêve !

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Grand-père ! J’ai fait un rêve cette nuit. Un rêve où tout était rose. Tout était clair ! La Transition avait tout compris. Que le Mali était plus important que quelques hommes ! Que quelques ambitions cupides et égoïstes ne devraient pas nous amener à tout ébranler. Que l’on ne pouvait continuer à suivre des hommes qui ne savent pas et qui ignorent tout du monde, de l’Afrique et de la sous-région. Des hommes qui ignorent tout d’un Etat et de ses institutions.

Oui grand-père ! J’ai fait un rêve, j’ai vu des Maliens du Sud et du Nord, main dans la main s’asseoir et dialoguer. Ce n’était plus l’épée d’un Accord qui tranchait mais l’avenir du Mali de Kayes à Kidal. J’ai fait un rêve ! Où les Maliens avaient compris que Kayes pouvait être le Kidal de demain et que Bougouni pouvait devenir Taoudenni. Et qu’il fallait décentraliser et déconcentrer le pouvoir. Renforcer l’Etat par les collectivités. Le gouvernement seul n’en pouvait plus !

J’ai fait un rêve ! Grand-père ! Les Maliens avaient compris que l’Accord d’Alger ne devrait être interprété que par des constitutionnalistes et des institutionnalistes et non n’importe quel profane confondant, pays et Etat, Etat et gouvernement, le gouvernement et les autres pouvoirs. Profane qui ne sait point que dans un pays tout doit être dans la Constitution et qu’une Cour constitutionnelle contrôle tous les actes dans la République pour les annuler s’ils sont anticonstitutionnels.

Oui grand-père ! Les Maliens avaient compris que le statut du président de région qu’il soit élu directement ou indirectement, était d’abord voté par une Assemblée nationale et promulgué par le président de la République. Que l’on soit président de région ou gouverneur de région, que les collectivités et le gouvernement devraient juste former l’Etat et qu’un parquet général contrôle tous les actes et qu’il punit s’ils violent la loi. Et que dans tout ça, oui grand-père, le directeur de la Sécurité d’Etat avait la main pour sécuriser les institutions de la République et l’intérêt supérieur de la nation.

On avait compris dans mon rêve que désormais la politique nationale et internationale incombait au gouvernement. Et que des hommes et des femmes élus à Sikasso, recrutés à Sikasso et domiciliés à Sikasso, devraient penser, réfléchir et élaborer des plans pour développer Sikasso. Le tout sous le suivi, l’évaluation et la sanction d’un gouvernement et la justice. Les régions étaient entre elles en compétions sans attendre les zakats d’un ministre ou d’une ONG internationale.

Oui grand-père, le gouvernement était désormais indispensable par l’intelligentsia de l’élaboration de politiques, de suivi, d’évaluation et de sanctions. Et alors, l’agriculture de Sikasso, le commerce de Mopti, l’uranium de Gao, le pétrole de Kidal, l’or de Kayes, le tout industrialisé et développé, faisant du Mali un pays uni et prospère et indivisible parce que paisible.

Une armée forte et républicaine, une justice indépendante et une diplomatie audible nous rassemblaient sous l’emblème de la République du Mali démocratique, laïque et sociale.

Des écoles, des universités, des hôpitaux et des routes, oui cher grand-père, le même développement qui a uni les 52 Etats des Etats-Unis d’Amérique, unissait les 8 régions du Mali. J’ai fait ce rêve où ceux qui ne savent pas ont accepté de se taire et écouter ceux qui savent. J’ai fait ce rêve ou le mépris, la haine et la méfiance ont été remplacés par l’amour, la fraternité et la sagesse. J’ai fait ce rêve et je prie qu’il se réalise de Kayes à Kidal. Amine. Sincères condoléances au président de la Transition, chef de l’Etat. Que le paradis soit la demeure du Papa. Amine. Ma 63e lettre. A mardi. Inch’Allah !

Lettre de Koureichy

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