De la révision à la rédaction d’une nouvelle constitution : Assimi Goïta réussira-t-il là où Alpha, ATT, et IBK ont échoué ?

18 Juil 2022 - 09:45
Mis à jour: 4 ans
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De la révision à la rédaction d’une nouvelle constitution : Assimi Goïta réussira-t-il là où Alpha, ATT, et IBK ont échoué ?
Après trois tentatives infructueuses de trois présidents démocratiquement élus, de réviser la loi fondamentale, le chef de la junte militaire qui dirige la troisième transition au Mali entend la réécrire carrément pour, dit-il, doter le Mali d’une Constitution afin de pallier les nombreux dysfonctionnements institutionnels ayant conduit à des ruptures de l’ordre constitutionnel. Pour ce faire une commission d’experts, dirigée par Fousseyni Samaké, a été mise en place pour proposer en deux mois un draft de la nouvelle constitution qui sera par la suite soumis au vote du peuple, à travers un referendum. Assimi Goïta réussira-t-il à écrire une nouvelle constitution, là où les trois anciens présidents ont échoué de la réviser ? Se butera-t-il à la farouche opposition du Mouvement démocratique ? Quelles peuvent être les faiblesses de la nouvelle démarche ? Si une transition politique est par excellence une période de rassemblement et de large consensus afin d’aboutir à des réformes censées redonner vie aux institutions et de surcroit à la démocratie et à la République, celle d’Assimi Goïta souffre d’un  déficit de concertations et d’implications de toutes les couches sociopolitiques, donc de consensus. Et pourtant les autorités de cette transition semblent être ambitieuses car elle envisage des réformes que nulle autre transition au Mali n’en a essayé, à savoir mettre à la poubelle la constitution qui a été écrite avec le sang des martyrs de 1991 pour une nouvelle qui est très loin de faire l’unanimité. En effet, si personne ne remet en cause la nécessité de réviser l’ancienne constitution pour l’adapter aux nouvelles réalités de la société malienne en pleine mutation, nombreux sont ceux qui émettent des réserves à la rédaction d’une nouvelle constitution et pour cause. Pour beaucoup d’observateurs de la scène politique malienne l’une des entraves au nouveau projet serait le manque de consensus et surtout la méthode cavalière par laquelle le Président de la transition est passée pour choisir les experts dont nul ne conteste d’ailleurs l’expertise et la qualité intellectuelle. A la question de savoir est ce que Assimi Goïta réussira là où Alpha, ATT et IBK ont échoué, la réponse est probablement négative, car les prémices d’une nouvelle levée des boucliers sont perceptibles. Un autre ANTE A BANA serait déjà en gestation. Et pourtant le Président avait les coudées franches pour rassembler les maliens autour du Mali. Assimi Goïta ne semble pas tiré les leçons des différents échecs En effet, la première tentative de réviser la Constitution du Mali était celle du Président Alpha Oumar Konaré, AOK. Ainsi pour faire aboutir son projet, AOK a d’abord convoqué des concertations régionales, ensuite le Forum politique national dont les recommandations ont fait l’objet, à travers le Secrétariat général du gouvernement, d’un projet de loi de révision constitutionnelle qui a été adopté par l’Assemblée nationale le 21 juillet 2000. Alpha Oumar Konaré a été obligé d’abandonner son projet pour couper court à la rumeur qui  lui a prêté l’ambition de briguer un troisième mandat. En passant le pouvoir à son successeur Amadou Toumani Touré, ATT, AOK lui aurait suggéré de réviser la Constitution pour remédier aux  différents dysfonctionnements.  Après la tentative infructueuse d’AOK, son successeur ATT a tenté de réviser la constitution du 25 février 1992. Il a d’abord procédé à la nomination de l’ancien ministre Daba DIAWARA, par le Décret N°08-072 /P-RM du 07 février 2008, portant nomination d’une personnalité chargée de conduire la réflexion pour la consolidation de la démocratie au Mali. Ainsi pour préciser ses attentes, le Président ATT a adressé au Ministre DIAWARA la Lettre de mission N°00000030/PRM du 20 février 2008. Après avoir déposé son rapport en août de la même année, le Comité a été transformé en Cellule d’Appui aux Réformes Institutionnelles (CARI) chargé de travailler sur les réformes institutionnelles. Ensuite, le Daba DIAWARA a été nommé Ministre en charge des Réformes de l’Etat. Et du coup il a dirigé la révision constitutionnelle initiée par le président de la République et adoptée par l’Assemblée nationale le 2 août 2011. Le référendum n’a pas eu lieu, car les hostilités étaient très fortes et les mêmes causes semblent produire les mêmes effets, il a été prêté à ATT une velléité de pouvoir briguer un troisième mandat. Cette deuxième tentative a été également un échec. En 2016 le Président de la République IBK a, à son tour tenté de réviser la Constitution. En effet, c’est à la fin du mois d’avril 2016 que le Président IBK, par le Décret N° 0235/PM-RM du 20 avril 2016 portant création d’un Comité d’Experts pour la révision de la Constitution, a donné forme à son projet de révision de la constitution. Quelques semaines plus tard les membres dudit Comité ont été nommés. Ils étaient au nombre de 13 dont un président et deux rapporteurs. Cette troisième tentative va également échouer et d’ailleurs c’est à partir de cette tentative que les ennuis politiques du Président IBK ont commencé avec la création de ANTE A BANA ou le mouvement de contestation contre la révision constitutionnelle. IBK a été obligé de retirer son projet pour sauver son régime. Qui finira d’ailleurs par chuter à cause de la crise sociopolitique voire sécuritaire. Le Président de la transition aurait dû tirer toutes les leçons des différents échecs avant d’envisager une quelconque rédaction d’une nouvelle constitution qui se heurtera à la farouche opposition de certains maliens. A la question de savoir quelles sont les faiblesses de la nouvelle démarche, il faudrait répondre par le manque de concertations en amont, l’exclusion de la classe politique, le manque de consensus et le contexte marqué par une crise de confiance entre les autorités et une frange importante des acteurs. Peut-on affirmer que ce projet aussi est mort-né ? La réponse est dans quelques mois avec le référendum prévu en 2023. Youssouf Sissoko

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Commentaires (13)

User
Seydou
Seydou 4 ans
On ne peut pas comparer Assimi Goita avec ATT ou IBK. C'est pas la meme ecole. C'est pas la meme generation. Ce ne sont pas les memes defis. ATT a voulu modifié la constitution et nommé Daba Diawara pour le faire.ça n'a pas marché. En plus le code de la Famille, pour donner un peu de droits à nos maman et sœurs...ATT a été insulté Jusqu'à ses parents par les leaders religieux.Des insultes que j'ai honte de prononcer ici. Ali, quand tu dis que la forte dépréciation de EURO est une chance pour l'Europe d'exporter.C'est pas du tout réfléchi ça. Tu as appris l'économie à l'université de Tiébisso ou de Sakasso? L.O.L allez alimentaire ne soit pas contre le Mali.
KInguiranke
KInguiranke 4 ans
Zanga, il faut savoir qu'ali a appris l'economie a l'ecole de la Macronie!
KInguiranke
KInguiranke 4 ans
Berg tu as raison en effet ASSIMI offre plus de confiance et de vertu que ces trois tous réunis! Si Boua le ventru IBK, le Mande Zonkeba avait eu l'occasion de faire ce changement de notre Constitution, il allait mettre certainement son fils Karim Keita le grand amateur des *** sur mer comme son successeur
Ali
Ali 4 ans
Vous les maliens, vous savez tous que ces zeros bidasses ****
KInguiranke
KInguiranke 4 ans
Ta mere a t-elle répondu a ma question? Merci de nous dire la vérité!
ali
ali 4 ans
Homme de caste guiranke', citoyen de seconde classe***d'esclave malien,cireur de bottes sales du bella choguel, tu trembles maintenant.**** seront degager du pouvoir. Tu le sais tres bien. Le general Robert Guei a changer la constitution en cote d'ivoire mais il a ete balayer tout de meme et pire il fut tuer comme un chien par son allie' gbagbo laurent. Donc fils d'esclave, homme de caste guiranke', quitte dans ca et cireur les bottes de ton maitre le bella choguel.
Berg
Berg 4 ans
Les situations ne sont même pas comparables !!! La Confiance n'y était pas (aok,att,ibk) car au-delà de la nécessité de réformer la constitution chacun d'entre eux était soupçonné d'ajouter des touches en leur faveur.
Kankan
Kankan 4 ans
Political Class concerning new Constitution by their many perverted actions acknowledge they will only give consensus for approval of new Constitution if that Constitution provide loopholes for them to be corrupt with Impunity. With Transitional Government having learned from previous governments attempt to write new constitution it is most fitting act to bypass Political Class consensus it is clear this is do or die condition where need or use for money is reliant on success of creating new Constitution results. Political Class method put cart before horse wanting to ascertain corruption availability before we ascertain we have government worthy of leading Malians. That will not work now nor have it ever worked unless intent was to get nothing done. Henry Author Price Jr aka Kankan
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