Réalisations du gouvernement: Au pays de Pinochet, tout va bien, circulez !

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« Réalisations du gouvernement 8 juin 2002-31 mars 2007 » est l’intitulé d’un document présenté et défendu, vendredi dernier au CICB, par le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga. Plus de 1000 milliards de F CFA investis ; un taux de croissance annuel moyen de 5,1 % et au finish, un sentiment de devoir accompli, qui frôle le narcissisme.rn

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Le document présenté par le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga à la presse, aux partis politiques, aux partenaires techniques et financiers est une synthèse des réalisations du gouvernement de 2002 à nos jours.
En 103 pages, il fait ressortir les résultats obtenus dans l’agriculture, les infrastructures, l’éducation, la formation, l’emploi, la culture, la jeunesse, les sports, la santé, solidarité, femmes, enfants et famille, la gouvernance le domaine macroéconomique et autres politiques économiques sectorielles.

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Ainsi, secteur par secteur, le Premier ministre, capitaine du gouvernement depuis juin 2004, vantera les performances de son équipe à travers une projection. Une équipe qui aurait fait sienne la vision du président ATT pour le Mali : assurer le bien-être de toutes les Maliennes et de tous les Maliens et faire du Mali un modèle de bonne gouvernance (sic).
« Des résultats probants dans tous les domaines, soit un coût total de plus de 1000 milliards de F CFA… des réalisations qui répondent bien aux attentes et aux besoins de notre peuple », jugera le PM qui dit être animé d’un sentiment de devoir accompli.

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De la présentation du PM, on retiendra que l’économie malienne a enregistré de bons résultats sur la période 2002-2006 avec une croissance annuelle moyenne réelle de 5,1 % (contre 3,2 % au sein de l’Uémoa). Cette croissance s’est réalisée grâce à la maîtrise de la hausse du niveau général des prix et a été supérieure à la croissance de 2,2 % de la population résidente.

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Corrélativement à cette performance macroéconomique, l’indice de pauvreté a également baissé : le niveau de pauvreté monétaire est passé de 68,3 % en 2001 à 59,2 % en 2005 sur la base d’un seuil de pauvreté actualisé de 420 F par jour en 2005 contre 395 F par jour en 2001. Cette évolution dénote, selon Pinochet, d’un progrès appréciable dans la lutte contre la pauvreté engagée par le gouvernement.

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Les perspectives économiques du Mali pour les cinq prochaines années s’inscriront dans le contexte de la mise en œuvre de la 2e génération du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté dont les orientations demeurent attachées au développement des infrastructures et du secteur productif, à la poursuite et à la consolidation des réformes structurelles ainsi qu’au renforcement du secteur social.

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Les ressources dont disposera le Mali, notamment à travers le Millenium Challenge Account, 237,2 milliards de F CFA, le 10e Fed, 356 milliards de F CFA et plusieurs arrangements spécifiques avec des partenaires techniques et financiers constituent aux yeux du PM des leviers importants pour augmenter le potentiel de croissance du pays, indispensable au recul durable de la pauvreté.

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Dans la conclusion générale, le document souligne la nécessité de poursuivre les actions engagées et d’ouvrir de nouveaux chantiers pour maintenir notre pays en progrès continu.

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Sidiki Y. Dembélé

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Y a-t-il deux Mali ?

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En lisant le document sur les réalisations du gouvernement ATT, l’on a l’impression que nous vivons dans un autre Mali, un paradis inégalé, un jardin naturel où tout est rose. Tant les actions sont sucrées. Quant on sort du document, c’est un autre Mali que l’on vit avec ses réalités, sa corruption, son impunité (rapports de la Casca et du Vérificateur général), son lot quotidien de misères…
Les Maliens ne tirent plus le diable par la queue, (il est invisible) et ce n’est pas pour rien que des expressions comme « le pays est sur répondeur » sont devenues le cure-dent des uns et des autres. Ils sont combien les Maliens qui ne mangent pas une fois par jour ? Combien de Maliens n’ont pas accès à l’eau potable ? Pourquoi nos jeunes ne jurent que par l’exode rural et l’immigration clandestine ? Pourquoi la mendicité ne cesse de gagner du terrain dans notre pays ? Pourquoi l’insécurité augmente tous les jours ?
Si le gouvernement ATT réfléchissait à ces questions, il comprendra qu’il y a bien un autre Mali, le vrai qui est diamétralement opposé à celui qu’il décrit dans ce document et qu’il se donne le malin plaisir de vanter des plans sur la comète.

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S. Y. D.

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