Législatives à Goundam : Les groupes armés prennent le processus en otage

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C’est un scandale, les législatives du dimanche dernier dans la circonscription électorale de Goundam ! En lieu et place d’un scrutin démocratique, les listes RPM, MAMA et CODEM se sont adonnées à un rapport de force prenant littéralement le processus en otage.

Bourrage d’urnes, intimidations, enlèvement et séquestration, voilà ce qui a caractérisé le scrutin du dimanche 29 dans le cercle de Goundam.

En effet, les différents ténors des groupes armés ont pris le processus en otage en mettant les troupes dans la danse pour saboter le processus. Ainsi, des éléments du groupe armé Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), à la solde de Oumar Sididjé Traoré dit Gaucher, candidat sur la lise RPM, non moins vice-président de ce mouvement, ont procédé à l’intimidation des électeurs dans la commune de Issa Ber notamment à Bintagoungou et Alphaou.

Selon nos sources locales, arrivés à bord de plusieurs véhicules dans la localité, la veille du scrutin, les éléments armés étaient logés et nourris par la maire RPM de la commune. Le jour du scrutin, ils ont pris d’assaut les centres de vote pour intimider les électeurs et empêcher certains d’accéder aux bureaux de vote. Vers 16 heures, le maire a appelé dans la localité d’Alphaou pour ordonner la fermeture des trois bureaux de vote. Aussitôt, les éléments armés ont débarqué dans les bureaux Ils ont tenu tout le personnel électoral au respect, procédé au bourrage des urnes avant d’obliger les délégués des autres partis à signer les procès-verbaux. Selon des informations recueillies sur place, le maire aurait reçu l’information que la liste RPM était très mal en point dans ce village. Ce fut le même procédé dans plusieurs autres localités telles que Tonka, Echelle, Kanèye, cette fois avec un groupe armé, qui se réclame proche de Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haîdara, secrétaire général de la section RPM de Goundam, dont la fille est candidate sur la liste.

Dans les communes nomades telles que Elzanoub et Gargando, Lerneb et farach, les urnes et le matériel électoral ne sont pas arrivés sur place. Cette fois-ci, c’est le groupe armé dirigé par un candidat de la liste le Mali en Marche (MAMA) qui a été indexé comme responsable.

Même les bureaux de vote dans la périphérie de la ville de Goundam comme Alkara n’a pas échappé à la loi des armes. Les électeurs ont subi des menaces. Les délégués des autres partis ont été enlevés et certains mis aux arrêts, jusqu’à la fermeture des bureaux. Une guerre rangée a failli se déclencher entre les groupes armés, qui écument le cercle.

Le lendemain du scrutin, un collectif des candidats des listes APR-Adema, URD, Ramat, Codem et Asma s’est constitué. Il a décidé de porter plainte en annulation des résultats de plusieurs bureaux de vote au niveau de l’administration avec des preuves palpables et des témoignages de victimes de la barbarie et des dysfonctionnements ayant émaillé le scrutin.

Ce qui est sûr, expliquent des observateurs avertis, c’est la plus mauvaise élection jamais enregistrée dans le cercle depuis l’avènement de la démocratie.

Baba Djilla SOW

Commentaires via Facebook :

1 commentaire

  1. En tout cas les vrais coupables ne sont pas cités ici. Il n’y’a aucun candidat qui n’avait pas son groupe armé, il ne reste que pour leur sécurité. La coalition des candidats qui reclament l’annulation de certains bureaux dont tu parles sont purs que ceux que tu incrimines ici. Ils sont juste des perdants malheureux donc aucun recours n’est possible.
    Il faut demander l’annulation pure et simple dans tout le cercle.

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