Mali / Mise en place des organes de la Transition : Les politiques en quête de légitimité?

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Pour certains désaccords, plusieurs leaders et cadres politiques pourraient envisager de placer des peaux de banane sur la route des autorités de la Transition. Ces velléités peuvent-elles prospérer dans le contexte actuel de lassitude du peuple malien ?

-Maliweb.net- Ayant tiré son épingle du jeu, après avoir aidé à renverser le régime du président IBK, l’Imam Mahmoud Dicko du mouvement politique CMAS s’est doucement désolidarisé de ses alliés du M5-RFPCe qui a énormément affaibli ce mouvement hétéroclite qui a fait agoniser le pouvoir IBK. Cette fragilisation du M5-RFP a aussi été provoquée par les dissensions apparues en son sein et qui ont conduit au départ des mouvements comme EMK de Cheick Oumar Sissoko et le RDP d’Oumar Mariko. Pour plusieurs cadres du mouvement, l’objet de la chute d’IBK étant atteint, il n’y avait plus aucune obligation de maintenir cette dynamique unitaire de contestation du pouvoir d’alors.

Or, il ne faut pas négliger que l’autorité morale de cette contestation, l’imam Mahmoud Dicko s’était très tôt rallié au nouveau pouvoir de la junte, qui a mis en marche la Transition en cours. Et, selon des indiscrétions, le guide religieux s’en est tiré à bon compte dans la lutte pour faire partir IBK, dans la mesure où il avait été entrepris par de hauts dirigeants de la CEDEAO… C’est ce qui le conduira à déclarer très tôt sa ferme volonté de « retourner à sa mosquée ». Donc, d’autorité morale du mouvement anti-IBK, l’imam Dicko est rapidement devenu l’autorité morale et l’un des parrains du nouveau pouvoir.

Or, il est établi que le président d’honneur de la CMAS jouit, malgré tout, d’une popularité indicible au sein de l’opinion publique nationale. Il est l’une des personnalités capable de remplir le plus grand stade de Bamako, tant les fidèles musulmans voient en l’homme, un défenseur de la Nation, un leader avant-gardiste et protecteur des pauvres et des déshérités. Ce qui constitue pour lui un atout indéniable au plan politique. Et le fait qu’il ne souffle plus dans la même trompette que le M5-RFP et les autres partis politiques ne facilitera pas une mobilisation populaire menaçant le pouvoir de la Transition.

Par ailleurs, il est établi aujourd’hui que les autorités de la Transition feraient du politiquement incorrect en se mettant à dos les forces politiques du pays, qui tentent actuellement de se coaliser contre leur pouvoir. Mais, il faut relever que la majorité des Maliens ne croit plus aux acteurs politiques.

En effet, la plupart des Maliens estiment que la classe politique a une importante part de responsabilité dans les crises que traverse le pays depuis 2012. Et nombreux sont les Maliens qui pensent que faire un tant soit peu confiance aux militaires peut être une voie salutaire à explorer. C’est pourquoi au lendemain de la chute d’IBK, une frange importante du peuple a presque poussé un ouf de soulagement. Même le parti du président IBK, le RPM n’a pu que « prendre acte » du changement intervenu le 18 août 2020.

Cette situation laisse perplexe quant à la capacité de cette classe politique à contester le pouvoir militaire, même si celui-ci ne convainc pas encore sur son engagement patriotique et de défense des intérêts du peuple. Le peuple malien, en cas d’appel à se soulever contre le pouvoir de la Transition, peut se montrer dubitatif et afficher une certaine lassitude à redescendre dans les rues. Toute chose qui affaiblit la capacité de nuisance de la classe politique, surtout que les millions de partisans de l’imam Dicko (représenté au sein du gouvernement de Transition) deviendront des soutiens au nouveau pouvoir.

Les chapelles politiques, qui tentent de se coaliser pour mettre en difficulté le pouvoir et ses amis de la junte, devraient donc entrevoir un cadre de discussions pour sortir le pays de l’ornière. Les incompréhensions et frustrations autour de la mise en place des organes de la Transition devraient pouvoir être aplanies dans un cadre de dialogue citoyen et patriotique. C’est à ce prix que le Mali peut se relever et relever les défis auxquels il est confronté.

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

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1 commentaire

  1. Quelqu’un avait dit ici que le peuple Malien a deux ennemis, à savoir l’ignorance et l’armée Malienne. Moi je dirais trois, le troisième ennemi (loin d’être le moins redoutable) est cette presse de caniveaux.

    Boubouni SIDIBÉ, certes la classe politique Malienne a déçu et ne jouit plus de la confiance du peuple, quid de l’armée ? “L’armée Mexicaine” du MALI n’a-t-elle pas encore déçu le peuple ? Le MALI seul a plus de généraux que le reste des pays de l’UEMOA réunis plus de Colonels que les pays de la CEDEAO sans le Nigeria mais ils n’ont pas été capable de libérer un mètre carré du territoire Malien occupé par les salopards en moto (Farabougou est encore sous le Zoug des apprentis djihadistes). Ça fait presque 9 ans que des motocyclistes vont à l’assaut de nos garnison militaires, les mettre en déroute, prendre les véhicules et les munitions avant de mettre le feu à ce qu’ils ne peuvent pas emporter. Notre pays, oh combien de fois pauvre, a ainsi perdu des centaines de véhicules militaires et plus de 5000 soldats tués sans que ces hauts gradés ne puissent élaborer le moindre plan pour sauver la vie de leurs éléments contre ces cyclistes qui n’ont suivi aucune formation militaire. Partout au monde, une douzaine ou une vingtaine de mobylettes attaquant un camp militaire va au suicide, mais au MALI c’est pour prendre possession du camp et faire ce qu’on veut. Au lieu de se faire Hara-Kiri ou du moins faire profil bas, ces soldats défaillants se sentent assez compétents pour être Président à la place du Président, Ministres à la place des ministres, Députés à la place des Députés et la racaille journalistique du MALI dont fait partie Boubou SIDIBÉ les couvre de flatteries. Si tu crois savoir que le peuple Malien serait réticent à se mobiliser contre ces Colonels farfelus, que penses-tu de leur manière de faire ? Dans quel pays du monde ou à quel moment de l’histoire une poignée de soldats drogués ont mis la main sur l’exécutif, le législatif et le judiciaire et que ça marché pour ce pays ?

    Une certaine presse est aussi une malédiction pour un pays. 💡💡

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