Manif du 5 juin : De riches enseignements à tirer pour une stabilité sociale durable

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‘’Tile gwana, sabara t’an sen na, fukula t’an kun na’’ dit l’artiste chanteur Adama Namakôrô Fomba. C’est-à-dire que l’heure est grave. Certes, ce n’est pas l’apocalypse mais l’heure est grave. Cette chanson sied bien à la situation du Mali de l’ère IBK, Président de la république.

 

C’est cette gravité qui a mobilisé près d’un million de manifestants sur le boulevard de l’indépendance et au rond point de la nation. Un seul mot à l’ordre du jour : ‘’La démission de Ibrahim Boubakar Kéïta, IBK, Président de la république du Mali’’. Pourquoi cette demande, jugée trop par certains ‘’défenseurs’’ du régime, de la part des organisateurs (CMAS, MK, PCC, FSD…) et qui a drainé autant de personnes ? Cette foule de manifestants étaient et sont toujours d’accord que : l’insécurité est grandissant et que, surtout, les moyens consacrés pour sa lutte ne sont pas bien gérés, l’école est au arrêt depuis au moins cinq mois, il n’y a pas d’eau potable et d’électricité même là où elles sont sensées être, la corruption et la malversation sont monnaies courantes, de nombreuses familles, hors agglomération, et malgré l’aide dans la lutte contre le Covid-19, ont faim… Est-ce que tous ces griefs sont faux ? Certainement pas. Car déjà, les partis de la majorité présidentielle, dans leur communiqué, rédigé suite à leur rencontre du 6 juin (lendemain de la manif) à l’hôtel de l’Amitié, ont reconnu qu’il y a des problèmes. Alors, il faut les résoudre, surtout qu’il y a des problèmes dont la résolution n’est pas au dessus des moyens d’IBK et son gouvernement. Notamment, le règlement de la revendication majeure des enseignants pour un fonctionnement normal de l’école, l’amélioration du plateau sanitaire, l’auto suffisance alimentaire au maximum de maliens, l’avancée significative dans la lutte contre la délinquance financière sous toutes ses formes. Ce sont là les enseignements qu’il faut tirer de cette manif du 5 juin qui a d’ailleurs et désormais pris le nom de M5 RP (M5 comme Mouvement du 5 juin, RFP comme Rassemblement des Forces  Patriotiques).

Tout autre regard, différent de la nécessité de prendre en compte les préoccupations profondes de la majorité des Maliens et de trouver à court et moyen terme des solutions à l’essentiel de ces problèmes, est tout simplement irresponsable de la part des décideurs, les tenants du pouvoir et leurs partisans. La stabilité sociale, tant clamée par ci par là par des associations et regroupement déguisés ou pas, partisans du régime, ne peut être obtenu qu’à la satisfaction desdits problèmes que vivent les Maliens au quotidien.

Drissa SANGARE

 

 

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