Bamako-Safo : L’impact de la route

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Si à Bamako la population ne cesse de dénoncer la vie chère, à seulement 15 km, dans la Commune rurale de Safo, les denrées de première nécessité coûtent plus chères. Safo est une Commune rurale située derrière Dialakorodji, à la périphérie de Bamako.

 Si à Bamako, le riz se vend à 17 000 F les 50kg et 19 000F  à Safo, soit 2000F d’écart. 4 000F CFA séparent le prix d’un carton de tomate concentrée à Bamako et à Safo. Dans la capitale, le carton est vendu à 19 000F mais 23 000 à Safo. Les oignons accessibles à 9000 F CFA le sac de 25kg dans la capitale, mais c’est à 11 000F à 15 km. L’huile et le lait sont vendus à 21 250F et 55 000 F à Bamako, mais 21500 et 56 000 F au marché de Safo. Le sucre est à 27 500 F le sac à Bamako, à Safo, on l’achète à 27 750 F soit un écart de 250 F. « L’état dégradant de la route nous pousse à augmenter nos prix de 250 F à 1000 F de bénéfice », se justifient certains commerçants.

Les commerçants et les consommateurs se plaignent…

« Le kilogramme de la viande a monté jusqu’à 2700 F. Pas de marché actuellement. Les clients n’ont pas d’argent. Nous sommes obligés souvent de vendre à perte pour éviter que la viande ne soit pourrie », a confié Konimba Diakité, boucher au marché de Safo. « L’huile, la tomate concentrée, le sucre, le riz, l’oignon etc., ont considérablement augmenté. Ce sont des produits de denrées alimentaires très consommés et nécessaires », explique un commerçant. « Nous avons des difficultés à faire comprendre à nos clients. Souvent ce sont des disputes autour des prix à chaque fois qu’ils trouvent que le prix a grimpé », regrette Souleymane Konaré au marché de Daimissabougou.

Les légumes, Safo ne consomme pas non plus ce qu’il produit

A noter qu’à Safo, l’activité principale est le jardinage. Les produits maraichers cultivés dans la commune se font rares dans leurs marchés. Une zone agro silvo pastorale. Mais malgré cette potentialité et fertilité de la terre, les produits maraichers ont aussi monté. Cela s’explique par le fait que les produits frais des jardiniers ne sont pas vendus dans les marchés de la commune. Ils les amènent à Bamako pour les revendre espérant avoir plus d’argent. Cette pratique est l’une des causes de la hausse.

Quelques conséquences de la vie chère à Safo (chômage et divorce)

Niagalen Fané trouve que le panier de la ménagère est à la hausse. « Auparavant on pouvait préparer la sauce avec 1000 F, mais maintenant, il faut débourser 2500f F pour les petites familles et 5000 F pour les grandes familles. D’ailleurs c’est la cause de plusieurs divorces dans notre milieu car les hommes font de leur mieux et si la femme ne comprend pas ça sera un problème », raconte Mme Fané.  « Vraiment la situation est très critique pour nous les femmes », déplore la bonne dame.

Le président du marché de Diamissabougou a confié que 5 tailleurs ont fermé leur boutique et mènent aujourd’hui d’autres activités pour subvenir à leurs besoins.

 

Abou Safouné Diarra

(stagiaire)

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