Licenciement abusif d’une vingtaine d’enseignants : L’affaire par-devant le Tribunal du travail

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Les Complexes scolaires Doulaye Baba et Fraternité ont licencié une vingtaine d’enseignants pour avoir institué un comité syndical au sein desdits établissements. Cette mauvaise nouvelle a été donnée lors d’une conférence de presse animée par les membres du Syndicat de l’enseignement privé laïc  (Sepl) et du (Snec), suite à la violation du droit syndical et l’arrestation arbitraire du Secrétaire général Abdoulaye Fotigui Berthé et de son 2ème adjoint Soumaïla Berthé. C’était le mercredi 13 avril 2016 dans la salle de réunion de la Radio Kayira sise à Djélibougou.

 

C’est suite au licenciement abusif et aux arrestations arbitraires de certains enseignants par les promoteurs desdites écoles que les membres du Syndicat de l’enseignement privé laïc  (Sepl) de Bamako ont organisé cette conférence de presse, pour dénoncer l’indifférence des autorités face à cette situation préoccupante. Les faits.

 

Aux dires des conférenciers, le Comité syndical, «légalement mis en place pour la bonne marche de l’établissement», a plusieurs fois tenté de rencontrer les promoteurs du collège Doulaye Baba et Fraternité de Doumanzana, respectivement Mamadou Bolozogola et Kassim Sidibé, pour exprimer leurs préoccupations professionnelles. Mais ces derniers ont catégoriquement refusé, ont-ils affirmé, de recevoir le syndicat pour discuter avec lui, depuis le 30 octobre 2015.

 

Donc pour se faire entendre, le Comité syndical a déposé un préavis de grève le 22 mars 2016, coïncidant ainsi avec le début des congés allant jusqu’au 3 avril 2016. Pour les conférenciers, ledit préavis a été envoyé avec ampliations à toutes structures ayant droit, qui n’ont ménagé aucun effort pour faire valoir la liberté syndicale, mais en vain. «Nous vous indiquons que le même jour du dépôt de préavis, le promoteur a adressé une demande pour avis de licenciement de trois enseignants, en l’occurrence les sieurs Abdoulaye Bengaly, Dancina Doumbia et Mme Dorogola Djénéba Kallo, pour avoir participé au dépôt du préavis de grève. Et pourtant ceux-ci ont respectivement 19, 12 et 2 ans de service dans la même école», a raconté le porte-parole du Comité syndical de Sepl, Mamadou Kouyaté.

 

Pour lui, ce préavis de grève a été déposé par l’ensemble des enseignants syndiqués, mais malgré le refus de l’Inspection du travail, ces promoteurs continuent leurs menaces de licenciement à travers des lettres. Et à Oumar Diarra, membre du Sepl, d’enfoncer le clou : «À la reprise des classes, le 4 avril 2016, ces enseignants avec un avis favorable de l’Inspection du travail, se sont rendus à l’école pour y travailler. À la grande surprise de tous, ils ont été exposés à une atteinte à leur liberté de travail et du coup, ils ont subi des arrestations rocambolesques des policiers du  12ème Arrondissement, à la solde de ces promoteurs, Mamadou Bolozogola et Kassim Sidibé, dans la cour desdites écoles, devant les élèves et les ont amenés à manu-militari au Commissariat. Ces enseignant arrêtés ont passé plus de 8 heures à l’interrogatoire et ont été mis sous contrôle judiciaire, trois jours après et d’autres ont été déférés à la Maison centrale de correction de Bamako. Ensuite, ces promoteurs Mamadou Bolozogola et Kassim Sidibé ont procédé à un licenciement de 11 autres enseignants, pour avoir accordé leur soutien aux camarades privés de leur liberté de travail».

 

Pour sa part, le Secrétaire général adjoint du Sepl, Aba Diagouraga, s’indigne face à ces répressions violentes, impitoyables, inhumaines, anti-démocratiques et lance un vibrant appel à l’endroit de tous les citoyens de bonne foi, qu’ils soient enseignants, parents d’élèves, syndicalistes, acteurs de l’école, à se dresser comme un seul homme pour trouver une solution idoine à ces crises et pour mettre fin, une fois pour toutes, aux violations de la liberté syndicale qui, de plus en plus, deviennent des pratiques courantes. «Nous demandons aux plus hautes autorités de réagir immédiatement pour finir, une bonne fois, ces pratiques illégales des promoteurs d’écoles, afin d’assainir les lieux scolaires», a-t-il ajouté.

 

Pour les parents d’élèves, cette situation est inadmissible. «On veut que les enseignants de nos élèves retournent en classe dans un bref délai, sinon nous agirons autrement pour contraindre les promoteurs de ces écoles», ont-ils déclaré.

 

Ousmane DIAKITE/Stagiaire

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