Mutation à l’INPS : Le chef de bureau de Paris injustement relevé de ses fonctions

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L’Institut national de prévoyance sociale (Inps), organisme malien de sécurité sociale, semble être la vache à lait pour certains cadres de la haute administration. Pour s’y être opposé, le chef de bureau de Paris vient de faire les frais.

L’information est tombée au Consulat général du Mali en France à la surprise générale. Mme Traoré Mariam Guindo, le chef de bureau Inps de Paris, est rappelée à Bamako, après seulement un an d’exercice. Le 5 janvier, la bonne dame qui ne se doutait de rien a été informée (tenez-vous bien) par e-mail, par sa direction, de son limogeage. Pourtant, aucune faute ne lui a été officiellement reprochée.

Mais depuis quelques mois, un bras de fer inconcevable opposait Mme Traoré à son comptable, Mme Baby Lountandy Diop, qui  n’est autre que l’épouse de Samba Baby, l’actuel Secrétaire général du ministère de la Solidarité, de l’Action humanitaire et de la Reconstruction du Nord qui assure la tutelle administrative de l’Inps. Cette dernière n’en faisait qu’à sa tête et ne respectait plus les décisions du chef de  bureau, sous le regard complice du Directeur général de l’Inps.

C’est par coup de fil que le Directeur général de l’Inps, Bréhima Noumoussa Diallo,  demande au chef de bureau de Paris de remettre à Mme Baby les clés d’un véhicule de service admis au garage et dont les frais de réparation n’avaient pas été acceptés. Mais la comptable présentera un devis de plus de 4 000 euros pour payer à la fin de la réparation  près de 7 000 euros (4, 5 millions de FCFA) contre l’avis du chef de bureau.

Alors même qu’elle a refusé un appartement pour lequel l’Inps a engagé des frais, la comptable, étant chez sa sœur, fait payer par l’Inps le loyer de deux mois d’un appartement meublé pour 5 700 euros (3, 7 millions de FCFA). Sans compter les absences à répétition du service et les insubordinations.

Au mois d’août 2015, le chef de bureau est simplement informé par téléphone par son Directeur général, pour mettre à la disposition de Mme Baby Lountandy Diop la somme de  20 millions de FCFA  (30 489 euros), reçus par virement par le bureau de Paris afin de permettre à cette dernière d’équiper l’appartement qu’elle loue. Les factures apportées par l’épouse du Secrétaire général du ministère de la Solidarité font sourire. Des fauteuils qui coûtent plus de 3, 6 millions de FCFA (5 600 euros), un meuble TV à plus de 580 000 CFA (890 euros) et la literie a plus de 3,5 millions de FCFA (5 440 euros), etc.

Voilà des pratiques que Mme Traoré n’est pas prête à cautionner et qui semblent être la cause de son limogeage. Mais dans sa précipitation, le Directeur général de l’Inps a mis la charrue avant les bœufs. La décision n°16-12 en date du 5 janvier 2016, signé par Bréhima Noumoussa Diallo, informe que Mme Traoré Mariam Guindo, «inspectrice principale de sécurité sociale, précédemment au bureau de sécurité sociale de Paris, est nommée directrice adjointe de la qualité». Un euphémisme, car ce nouveau service créé au sein de l’Inps ne compte qu’une seule personne. Pourtant Mme Traore reçoit, en même temps que cette décision, un curieux arrêté N° 4358 du ministre de la Solidarité, de l’Action humanitaire et de la Reconstruction, Hamadou Konaté, en date du 8 décembre 2015, nommant N’Diaye Yida comme chef de bureau de la sécurité sociale de Paris.  Conclusion: soit l’arrêté a été antidaté, soit Mme Traoré a été limogée en secret pendant un mois et son successeur désigné. Pourtant, elle a reçu un courrier de son Directeur général le 15 décembre lui demandant d’appliquer les recommandations du rapport de la mission d’évaluation, de contrôle comptable et d’assistance effectuée du 9 au 18 septembre 2015. Un rapport qui ne lui a jamais été notifié pour qu’elle puisse répondre.

Mme Traoré semble être victime de sa gestion rigoureuse des deniers publics qui empêcherait certaines personnes de tourner rond. A sa prise de fonction, elle aurait découvert la gestion peu orthodoxe de son prédécesseur  et de sa comptable. L’ex-chef de bureau qui a d’ailleurs pris sa retraite anticipée de l’Inps semble être un spécialiste des fausses factures. Son comptable a payé pendant cinq ans ses cotisations sociales en France sur le dos de l’Inps alors qu’elles étaient déjà prises en compte au Mali. L’intérêt pour elle était de pouvoir bénéficier en France d’un titre de séjour et des subsides de retraite après sa mission. Des pratiques qui ont de beaux jours devant elles.

Adama TOURE, correspondance particulière depuis Paris19

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2 COMMENTAIRES

  1. la malhonnété et le détournement des deniers public ne risquent pas de pendre fin par les responsables maliens.
    le jour du regret s’approche craignez Allah fils et fille du Mali.

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